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19/01/2015

ÉLOGE DU TERRORISME ?

je me suis laissé pousser des cornes

la veille au soir

pour affronter mon rival

sauf qu’au moment de lui rentrer dedans

je m’aperçois que j’ai changé de sexe

et je mets les pouces

avant de grimper dans le premier train

pour m’éloigner du conflit

erreur

dans la rame où  j’ai embarqué

les gens se parlent mal

très mal

la cause de leur énervement

est-ce

ce contrôle des bagages

un peu poussé

auquel nous avons été soumis

dès la gare

à croire que nous nous apprêtions

à prendre l’avion ?

toujours est-il qu’à  présent

devant moi

le ton monte

entre une mamie et son voisin

un peu plus loin

deux jeunes femmes font hurler

une famille entière

en dressant une barricade de bagages

le contrôleur est là

mais il ne peut intervenir

occupé qu’il est avec un type écarlate

tout ce petit monde ne se calme

qu’à la vue de mes cornes

 

F.Houdaer, extrait d'un recueil à paraître aux Carnets du Dessert de Lune

21/12/2014

21 DÉCEMBRE

je ne sais même pas où j’ai joui en elle

quel orifice j’ai fini par trouver

après l’avoir retournée à plusieurs reprises

pour finir par la plaquer allongée sur le ventre

il faisait tellement noir

elle était étroite autour de moi

avais-je explosé dans son cul

j’ai rallumé la lampe

pour attraper ce bouquin que je voulais finir de lire

oui

c’est ce que j’ai trouvé de mieux à faire

à cet instant

ce livre d’entretiens avec Guillevic

c’était tout de même quelque chose

on ne risquait pas d’y trouver

les âneries d’un Freud sur les poètes et la poésie

qu’elle s’était flattée de

me faire découvrir au début de notre relation

elle m’a demandé ce qui se passait

elle m’a montré l’heure au radio-réveil

et s’est inquiétée qu’il fasse encore nuit

j’ai souri

encore une personne toute d’intelligence

qui ignorait superbement

le solstice d’hiver

et doutait que de cette nuit-là

le soleil ressorte

invaincu

 

extrait de mon recueil à paraître aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune

Quelques solstices vus par d'autres poètes ?

 

03/12/2014

TRI SÉLECTIF

 

le supplément littéraire d’un fameux journal

déborde de la poubelle de mon immeuble

je l’y laisse

remonte sur mon palier où

ma voisine enseignante

m’invite à récupérer

ce qu’elle vient de jeter

avec un clin d’œil

vous voyez

je pense à vous

 

"Engeances", éd. La Passe du Vent

 

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05:19 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : engeances

09/11/2014

C’EST CELUI QUI DIT QUI

 

je demande peu de choses à mes frères

je leur demande beaucoup

je leur demande tout

mais pas ce qu’ils s’imaginent

de l’imagination de toute façon

ils en ont peu

et le peu qu’ils ont

ils ne savent s’en servir

que pour réduire leur monde

je demande peu de choses à mes frères

mais je connais le rôle infiniment précieux

infiniment terrible

qui est le leur

dans ma vie

une fois qu’ils l’ont rempli

sans  même s’en être rendus compte

je n’ai plus qu’à aller courir dans mon quartier

de façon à dessiner de drôles de figures au milieu des immeubles

à tenter des trajectoires capables de changer la ville

le monde

et le fond de mon cœur

et ce qui le ronge trop facilement


 

1353283373.jpg

Extrait de "FIRE NOTICE".

Le commander ? ICI (commande papier) ou (commande par internet)

En savoir plus ? Cette notule...

21/10/2014

POUR L’ANECDOTE

à quinze ans

grâce à mon premier job

formidablement pénible

je me suis offert les services

du seul prof digne de ce nom

que j’ai connu dans mon adolescence

une machine

un magnétoscope

je me suis passé

« Massacre à la tronçonneuse »

et

« Le journal d’un curé de campagne »

dans la même journée

 

aujourd’hui

j’écris de la poésie

 

09/10/2014

ÉLOGE DU CAPITALISME

ÉLOGE DU CAPITALISME

                                    (à Jérôme Leroy)

 

quand nos filles seront toutes des putes

quand elles vendront toutes leurs petites culottes sales

sur Internet

au plus offrant

cela fera toujours moins de lessive à faire

pour leurs parents

 

 

extrait d'un recueil à paraître aux Editions Les Carnets du Dessert de Lune

10/09/2014

POURQUOI ELLE ?

je comptais beaucoup

sur le film que nous allions voir ensemble

pour la fragiliser

j’espérais ne faire qu’une bouchée d’elle

à la sortie du cinéma

la toile ?

on la disait commise par un disciple de Jodorowsky

et de Zulawski

on en parlait comme du film le plus dérangé

et le plus dérangeant

de toute l’histoire du septième art

las

quand nous avons retrouvé la lumière du jour

sur le trottoir

nous avons lu

chacun dans le regard de l’autre

l’ennui qui nous avait travaillé deux heures durant

et maintenant ?

elle attendait visiblement à ce que je fasse

quelque chose

pour sauver la situation

et l’après-midi

et nos vies

j’ai regardé son visage

bronzé comme il ne l’avait jamais été

cela ne me plaisait pas

je savais qu’elle n’avait pas gagné son hâle sur une plage

mais dans son jardin

elle se vantait de mener une vie parallèle de paysanne

mais s’il y avait bien une pensée que

pour rien au monde

je n’aurais avouée

c’était que j’étais prêt à m’encalminer à la campagne

pour la voir chaque jour

s’agenouiller dans la terre

même si l’aventure devait avoir un coût exorbitant

même si cela devait finir dans le sang

du sang nous venions d’en voir plein l’écran

aucun de nous n’en avait été effarouché

 

F.Houdaer, extrait d'un recueil à paraître aux Carnets du Dessert de Lune