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25/10/2017

La Folie d’Alekseyev

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“… Tu connais, Alekseyev, toute la beauté de tes prototypes rugueux. Tu sais tout ce que ton idée a de magique. Énivré, baigné depuis l’enfance par la grandeur des mots d’avenir de la Révolution et par cette certitude d’un autrement possible, tu as travaillé, déformé et agrandi l’espace physique que l’homme connaissait de toute éternité. Tu as créé de toutes pièces une autre dimension, une nouvelle strate d’univers entre ciel et eau et ce monde-là existe réellement aujourd’hui. Tu imposeras tes machines au monde, citoyen ingénieur Alekseyev. Par tous les moyens ; ce choix-là ne t’appartient même pas. Tu combattras toute contrariété, toute loi physique, toute bureaucratie politique ou militaire. Tu rejetteras au néant les siècles passés de navigation et les années d’aviation de l’humanité mais tu feras s’élever les bateaux hors de l’eau et voler les avions sur les flots. Tu offriras aux hommes tes ekranoplanes qui ne sont ni du sol ni de l’air. Il existe un mot dans notre langue russe qui signifie Volonté mais aussi Liberté. Et celui-là te fait encore vibrer. воля. Cette foi absolue est ta beauté, mon ami ; ta terrible beauté de lumière et d’abîme.”

Jean-Baptiste Cabaud

 

  

17/10/2017

Le livre des dieux et des démons

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« Je restais au cinéma toute la journée.
Sur l’écran, une femme marchait dans une ville bombardée,
Marchait et marchait. Elle portait des rangers.
Elle avait de longues jambes nues. Partout où elle allait, il faisait froid.
Elle me tournait le dos, mais j’étais amoureux d’elle.
A la sortie je m’attendais à trouver l’Europe de la guerre. »

Charles Simic, « Le livre des dieux et des démons »
Ed. Circé (trad. Claire Malroux)

 

29/09/2017

MAUDIT MANèGE

- Toi, au moins, tu es observateur... ça ne m'étonne pas que t'écrives des romans... (...) Mais tu as l'air d'oublier une chose. Ma femme s'est BARREE avec un marchand de voitures. Ma fille se BARRE avec un marchand de voitures. Tu ne trouves pas qu'ils en font un peu trop, ces gars-là ?...

Je reconnaissais que c'était dur à avaler. Je ne savais pas s'il méritait un tel coup du sort, mais je pensais pour ma part qu'il valait toute la profession à lui tout seul et même beaucoup plus que ça. Henri était un fabuleux écrivain, sûrement un des meilleurs de tous, mais il faut se lever de bonne heure aujourd'hui pour se vendre un bouquin de poèmes, la plupart des gens ne savent pas que ça existe encore. (...) Je n'étais rien à côté de lui. Heureusement, il y avait une justice et mes bouquins rapportaient assez de fric pour nous deux.

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23/09/2017

Guttierez (bis)

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 «  J’étais en train d’abandonner tout ça, d’envoyer au diable la prose élégante et mesurée, celle qui évite tout ce qui pourrait ressembler à une atteinte à la morale et aux bonnes manières. Le respect, je n’en pouvais plus. (…)

Et je me sentais bien dans cet immeuble puant, avec ces gens qui n’étaient aucunement cultivés, aucunement intelligents, qui ne connaissaient rien de rien et qui résolvaient tout – ou compliquaient tout – avec des cris, des gros mots, de la brutalité, des coups. C’était comme ça, point final. »

Pedro Juan Gutierrez

ICI également

 

26/08/2017

Réjean Ducharme

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Grégoire Damon en pleure ICI.

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25/08/2017

Nietzsche à Nice

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23/08/2017

HANTISE HIVERNALE ou "pour ne pas oublier Cécile (Philippe)"

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"LE MAGANÉ » de Cécile Philippe

“ Pendant la nuit le fleuve a gelé d’une rive à l’autre... ” Le fleuve dont il est question est le Saint-Laurent. Nous sommes à Montréal. Cécile Philippe, en résidence d’auteur, habite Montréal. Est habitée par un écrivain qui, plus qu’aucun autre, incarne l’esprit et les paradoxes de la littérature québécoise. De la littérature tout court.

La rencontre d’un pays peut être plus importante que celle d’un homme. ” Pour le reste, peut-on parler de rencontre de Cécile Philippe avec Réjean Ducharme (jamais nommé dans ce “ Magané ”), le Salinger francophone, l’homme invisible des lettres québécoises, l’elfe qui permettra un jour au joual d’entrer dans la Pléïade, l’écrivain le plus scandaleusement désengagé de notre temps ? Cécile Philippe déniche-t-elle une seule photo du grand (petit) homme datant de ces dernières années ?

Comme pour compenser la rareté de pareilles images, la voilà qui tapisse ses murs de 414 reproductions du même cliché, la voilà qui corrige le portrait de jeunesse de l’écrivain pour deviner son visage d’aujourd’hui, à l’abord de la soixantaine… des fois qu’elle le croiserait sur un trottoir Montréalais. Encore que six mois par an, les québécois avancent masqués sous leur panoplie d’hiver…

 “ Je vis sous ses yeux qui ne me voient pas (…). Je n’ai plus de miroir. J’essaye de ne pas changer, comme lui. 

Elle rêve, elle l’imagine, elle le dessine, avec ou sans lunettes, malade ou pas malade, elle l’invoque en ponctuant son texte des titres de ses livres… Elle est une idolâtre dont la mauvaise foi brille dans le noir. Elle est une écrivaine (comme on dit au Québec) noircissant des pages sur un autre auteur, se laissant hanter par lui. Elle est un écrivain (comme on dit en France) qui s’inscrit dans l’une des plus belles traditions littéraires qui soit.

 F.Houdaer (article paru dans "Livre & Lire", la revue de l' Arald)

 

Le Magané

De Cécile Philippe

Editions Le rocher

76 p., 11 E.

ISBN : 2-26804541-2