UA-136760349-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/11/2020

Un peintre, deux écrivains

Passage terrible dans “ Rencontres avec Bram Van Velde ” de Charles Juliet : 

Je lui parle d’un garçon que je connais, qui admire des écrivains et des peintres qui se situent aux antipodes, dont la démarche n’a rien de commun.

La réponse jaillit sur-le-champ :

- Ça montre combien sa tête est loin de son œil. ”

Juliet,Djian,Van Velde,peinture

Bram Van Velde = LE lien (le seul ?) entre Juliet et Djian. Tout deux lui ont consacré un livre. À ma connaissance, cela n’a jamais été souligné par les critiques.

 

18/11/2020

"Pas billy the kid"

415RE0R54YL._SX336_BO1,204,203,200_.jpg

Vous avancerez encore. Avancerez pas à pas & pourtant, malgré vos efforts, votre prudence, un sentiment d'insécurité, un sentiment seulement, pas même un climat, se tendra peu à peu par les pièges dans lesquels vous tomberez, tête baissée, en avant toute.

Il est, dans les foires, des labyrinthes faits de miroirs et de glaces, où seul notre reflet nous guide, vers la glace contre laquelle on s'écrase souvent, pour mieux se perdre et s'enfoncer dans une fausse direction qui nous amène dans un piège vers lequel on avance, volontaire, sans comprendre que l'on ne voit que nous, que ce que l'on désirerait voir & trouver en face de nous.

 

26/10/2020

Vacances

122542649_10158930587563872_3437426109190984448_o.jpg

Hallier me parle de Jean-René Huguenin (J.R.H. comme "Je Rends Heureux").

Le ciel se charge.

Sous mon balcon, tant de personnes pour apprendre à surfer. Et des vagues qui, d'heure en heure, vont grossir.

 

10/08/2020

Le nouveau "Damon"

117565340_10158727576433872_6555279902300736486_o.jpg

« je pue le bouquiniste et la colle qui vieillit mal
mais j’ai encore une jolie couverture
et un jour tu auras tout lu
mes pages sont toutes collées
faudra bien que tu te mouilles les doigts »

 

Editions Vanloo

 

 

28/07/2020

Où Woody parle de Diane

fc6447f098a0feeb4c92bf89c684b967.jpg

J’étais sur le point d’achever le casting d’"Une aspirine sur deux", il fallait simplement trouver la bonne actrice pour jouer Linda, le principal personnage féminin...
Entre sur scène une jeune fille dégingandée... tout juste sortie de sa cambrousse californienne, adepte des vide-greniers et des sandwiches au thon... Elle gagne sa vie comme employée de vestiaire, après avoir tenu l’espace confiserie d’un cinéma sur la côte Ouest, d’où elle s’est fait virer pour avoir mangé toute la marchandise...
Ce jour là, elle tenta de nous servir le boniment d’usage en guise de présentation.
Nous avions sous les yeux une rustaude...
Mais que voulez-vous que je vous dise, elle était géniale, Géniale à tout point de vue.
On dit d’une personnalité qu’elle illumine la pièce en entrant : elle, c’est un boulevard entier qu’elle illuminait. 

 

"Soit dit en passant", Autobiographie, Woody Allen.

 

14/06/2020

Kem Nunn

Surf_City.jpg

Il repensa au magasin de son oncle Gordon, à la vieille porte grillagée, à la musique qui s’écoulait de la radio et se répandait sur l’allée de gravier, une chanson country après l’autre jusqu’à ce qu’elles n’en fassent plus qu’une, plus longue et plus assommante que le vent du désert sur King City et les hauteurs désolées au-delà, et soudain il eut l’impression de comprendre un peu mieux cette femme que Gordon avait un jour vue partir bras dessus, bras dessous avec un gommeux, accrochée à une promesse. 

 

15/05/2020

Il aurait eu un siècle aujourd'hui

736229.gif

« Un type qui porte un brassard est toujours une ordure, sauf s’il est en deuil. Un type qui porte un béret basque est toujours une ordure, sauf s’il est basque. Et voilà que les ordures à brassard succédaient aux ordures à béret ! Ça recommençait, bordel de merde ! Le premier patriote prenait la relève du dernier collabo ! Belote et rebelote ! Le maquisard ramassait sur le tapis encore poisseux le jeu du milicien et abattait les mêmes cartes douteuses. Déjà les anonymographes saturaient les services postaux : les concierges dénonçaient les faux juifs ; c’était reparti et bien !

J’ai surpris Hortense sortant du Comité d’Épuration avec cette aura de visitandine qu’elle avait en sortant, la veille encore, de la Kommandantur. 

(...) »

 

01/05/2020

Parce que c'était lui...

stendhal,lyon,drieu la rochelle,napoléon,beyle,a rebours

Qui est Romain Colomb ? Un lyonnais fonctionnaire des Impôts qui, sans jamais se prétendre historien, nous a laissé de précieux écrits consacrés à son cousin : Henri Beyle dit « Stendhal ».

« Un jour, quelque écrivain de talent s’occupera de Beyle ; j’aurais mis les matériaux sous ses yeux (…). Mon ambition se bornera à avoir été pour lui un chroniqueur sincère. »

L’homme nous narre l’enfance de celui dont il a été « le premier ami », à commencer par leurs attentats de jeunesse (tirer au pistolet sur un « arbre de la Fraternité »). Devenu l’exécuteur testamentaire de Stendhal, Colomb fera graver sur son monument funéraire la mention « Milanais », l’écrivain ayant « abdiqué sa qualité de français » dès 1840 pour quelques obscures raisons politiques.

Toute une vie… Que Beyle batte la campagne (d’Italie, de Russie) ou le pavé parisien, son cousin est toujours là pour nous le montrer en train d’accumuler le matériau indispensable à sa future œuvre… mais pas seulement. Le Stendhal qu’il nous dépeint aime aussi à « défigurer son nom, en y ajoutant quelque lettre », à « s’attribuer  un titre ou une profession supposés », à passer pour une « fashion victim » à juste titre ou pour un « hypocrite méchant » sans jamais l’être réellement. Oui, Stendhal voit s’évanouir sa fortune en même temps que celle de Napoléon, et il prend « gaiement la chose », oui, il survit en signant des articles littéraires pour des magazines anglais, oui, il rédige une statistique du Sacré Collège afin d’aider Charles X à faire élire un pape français, oui, il ne voit absolument pas venir certains bouleversements politiques majeurs, oui, il lui arrive de « hurler avec les loups » aux dires même de son cousin, et cela ne l’empêche pas de se juger sévèrement dans le même temps (on songe à Drieu), « au fond, cher lecteur, je ne sais pas ce que je suis ; bon, méchant, spirituel, sot. Ce que je sais parfaitement, ce sont les choses qui me font peine ou plaisir, que je désire ou que je hais. », oui, Stendhal reçoit plus de ses amis qu’il ne leur donne, bien qu’il rende « le bâillement impossible dans le salon où il se trouve », oui, il enchaîne les séjours italiens et s’aperçoit… qu’il va avoir cinquante ans, oui, il rêve de recevoir la croix de la légion d’honneur en qualité « d’administrateur » et s’avoue blessé de la décrocher comme écrivain…

Oui, Romain Colomb aime son cousin, et il est conscient de sa valeur, mais jamais il ne sombre dans l’hagiographie. Oui, d’une certaine façon, Colomb n’a pas démérité de Stendhal.

F.Houdaer

 

« Notice sur la vie et les ouvrages de Henri Beyle dit Stendhal rédigée en 1854 par son cousin Romain Colomb »

(introd. de Gérard Guégan)

Éditions À Rebours

170p., 17 euros

ISBN : 2 915114 03 X

 

15/04/2020

"Voyages" ?

A18jUDHUjrL.jpg

« J’en vois. Prendre des notes est une espèce de maladie. Certains sont de vrais frénétiques. Mais ça n’a jamais rien donné de très remarquable – cette impression de refroidi, de vieux chewing-gums entre des mains hésitantes. Les choses doivent remonter d’elles-même, mériter leur place au grand jour. J’ai arrêté mes carnets pour cette raison. On ne peut valablement écrire que dans un sentiment de fragilité absolue. Et sans doute sauter dans un avion permet-il encore de récolter quelques détails subsidiaires, mais le plus gros doit être fait avant, quand on ne sait pas encore très bien où l’on va, que tout reste dans l’ombre, que tout est encore gratuit.

(…) Plus tard, la fiction s’impose naturellement. »