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16/09/2020

Dans le prochain "Teste" (+ "Matricule des Anges")

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En bonne compagnie (Florentine Rey, Juliette Cortese, Marie de Quatrebarbes, Anne-Sophie Tritschler, Marija Dejanovic, Juliette Mézenc, Kenny Ozier-Lafontaine, Serge Pey, Christophe Manon, Vincent Tholomé, Lionel Lathuile...) !

Un grand merci à toute l'équipe de "Teste".

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Dans le dernier "Matricule", un gros dossier consacré à François Beaune, connu il y a quelques années sur Lyon... et qui a des mots très gentils à mon endroit, dans son entretien fleuve. Et, oui, ça fait plaisir.

 

 

08/09/2020

ACQUA IN BOCCA

Avec Judith Wiart, j'ai écrit une vingtaine de nouvelles horribles depuis le début du confinement.

En voici une (longue)...

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(Vous pouvez laisser des commentaires sous cette notule)

 

 

15/08/2020

Des nouvelles

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Depuis le début du confinement, Judith Wiart et moi-même avons écrit ensemble une floppée de nouvelles.

Voici la première, à découvrir sur le site de la revue "N.A.W.A.".

Âme bêcheuse s'abstenir...

 

16/07/2020

Même à distance

ce soir

de coupures publicitaires

de voisine pleurant à sa fenêtre

de martinets rendus saouls par l’orage qui arrive

je n’ai une nouvelle fois

pas gagné au loto

sans me plaindre de mon sort

mon téléphone vibre

un confrère m’appelle

il tient à me faire entendre le bruit de la bouteille de champagne

sabrée par ses soins

il tient à partager cela avec moi

même à distance

il vient de finir de rédiger

un gros essai sur le temps et le hasard

quelque chose dont il ne voyait pas la fin

dont il se croyait incapable

au moment de raccrocher

il a le réflexe

poli

de me demander comment ça va

pile poil

je lui réponds

 

(extrait d'un recueil à paraître)

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06/07/2020

PASOLINI SUR FOND D’ENNIO MORRICONE

 

d’un coffre rudimentaire

on sort d’extraordinaires pelisses

le générique est long

 

voiture des années 70

une Fiat blanche

dans le fossé

un homme blessé

supplie une femme plus jeune que lui

prête à décamper

 

percussions dans l’air et

rongeurs écorchés

pendus tête en bas

aux branches des arbres rachitiques

percussions deviennent

bruits de cloches

un prêtre séduisant est contraint de gravir des marches

les yeux bandés

une vieille aristo

reste cachée derrière son fauteuil

intérieur extérieur

un enfant enterre

une escalope d’homme

sous le regard impassible de Maria Callas

qui finit par prononcer quelques mots d’italien

mal doublés

tandis que des villageois masqués

courent dans la garrigue

 

ça n’a aucune chance de bien finir

 

une femme démêle

une épaisse pelote de laine écarlate

c’est comme si elle jouait avec de la barbaque

des chiens et des chasseurs traquent une mariée

jusqu’à une église de western spaghetti

et cette scène semble moins violente que la précédente

la mariée en fuite

décapite un homme au passage

la tête retrouvée dans le désert

arrêtera la meute

la freinera à tout le moins

puis ce sera un bras

une jambe

à chaque fois

le morceau sera récupéré avec soin

par les poursuivants

qui l’envelopperont dans une étoffe

tandis que la fugitive

gagnera le temps nécessaire

pour sauver sa vie

enfin c’est ce qu’elle croit

 

Pasolini a beau préférer les hommes

il sait que ce ne sont pas eux qui comptent le plus

message reçu cinq sur cinq

mon gars

 

une brune devient blonde

une blonde devient brune

une rousse se rase le crâne

une femme reste femme

pour pencher sa tête hors du lit

et zoom sur la main qui ramasse la rose tombée au sol

une sarabande d’étudiants joués par des acteurs trop âgés

passe devant la caméra

ce n’est plus du Pasolini me dit-on

qu’importe

Pasolini je le place où il me sied

et si je le veux polonais

il le sera

 

Frédérick Houdaer

(texte publié dans l'anthologie "Un printemps sans vie brûle" aux Editions La Passe du Vent)

 

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28/06/2020

Extrait du festival "Faim !"...

... Session du 7 juin.

 

23/06/2020

La peur loin derrière

(à Léonard D.)

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l’enfant va bien

très bien même

il parle

à sa manière d’enfant qui apprend à parler

d’enfant qui a traversé des périls récemment

il parle à sa manière

d’enfant qui est passé à autre chose

mais veut absolument

résolument

me décrire le ballon perché sur la bibliothèque

hier l’important c’était de

survivre

aujourd’hui l’essentiel est de me pointer ce ballon

et que celui-ci ne vienne pas à chuter

sur le chat qui dort juste en-dessous

que je comprenne bien l’importance de cette triade

ballon-bibliothèque-chat

le reste

tout le reste

c’est moi qui dramatisais

et qui loupais le cœur des choses

que l’enfant s’échine à me faire redécouvrir

il ne s’impatiente pas avec moi

alors qu’il y a de quoi

il se découvre des trésors de patience

en même temps que ses premiers mots

aucun de nous deux

ne contrôle son propre cerveau

chacun se laisse

surprendre

 

18/06/2020

Douzième mois de confinement

après manger

elle a secoué les serviettes sur le rebord de sa fenêtre

les miettes de pain ont chuté

avant de rester suspendues dans les airs

retenues dans une toile d’araignée

c’était spectaculaire

elle s’est demandée si cela attirerait encore plus les oiseaux

ou les effraierait

puis elle a refermé la fenêtre

et tiré le rideau

à la radio

une voix androgyne s’occupait à

théoriser les différents sous-genres

de la comédie musicale

afin d’y voir plus clair

 

(extrait d’un recueil à paraître)

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08/06/2020

Efforts facebookiens

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- Et là, pour ma nouvelle photo de profil, j'ai essayé le filtre "yeux de biche" avec l'effet "mèche de Bruno Doucey"...
- Oui...
- Et puis torse nu, aussi… C'est important, le torse nu, quand c'est encore jouable à quarante ans...
- Très bien, oui...
- Et bien, tu sais quoi… Ca a rien changé. RIEN. Mon dernier texte a tourné à cinq lïkes, comme d'hab'. Mais qu'est-ce qu'il leur faut, QU'EST-CE QU'IL LEUR FAUT ?!
- Tu devrais pas...
- Je sais, tout ça c'est dans ma tête.
- Et à part ça, ta femme, tes gosses ? Ils te l'ont rendu, ton bureau ? C'est important, un bureau. Même pour pleurer...