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31/10/2022

POÈME ÉCRIT… DEVINEZ QUEL JOUR 

 

Halloween partout

des deux côtés de la vitrine

Halloween dégueulé par les magasins

jusque sur les trottoirs

Halloween au beau milieu de la chaussée

pour impressionner les automobilistes

on hésite toujours avant d’écraser

la Mort trimballant sa faux

parfois même

c’est Halloween qui tient le volant

c’est la Mort qui veut se faire la Mort

et là

on n’intervient plus

on laisse faire

on suit le mouvement

les masques ne gênent plus personne

pour conduire

pour prendre un bus

pour appeler sur son portable

pour servir les plats au restaurant

pour se saouler

un type ment à sa femme

et part rejoindre sa maîtresse

habillé en diable

une scène de ménage éclate

devant une montagne de citrouilles

entre un spectre et une sorcière

et moi là-dedans ?

ma panoplie n’est pas la moins effrayante

j’avance

déguisé en écrivain chauve à lunettes

et je sais impressionner la caissière du supermarché

d’un seul mouvement de mes sourcils broussailleux

 

extrait de ANGES PROFANES

 

21/09/2022

"Angiomes" (coup de rétro)

il est historien de formation

si l’on en croit la légende qui figure

sous sa photo

dans le journal

il se fait fort de nous expliquer

le pourquoi de certaines superstitions

son analyse est censée mettre à mal

des légendes populaires

qui se perdent

dans la nuit des temps

à mieux regarder son portrait

on lit dans son regard une tristesse

incommensurable

sa veste rouge n’y peut rien changer

historien

 

10/09/2022

"Anges profanes" (extrait)

nous ne sommes pas encore

dans le Vercors

je dois au préalable

boire trop de café

mettre de l’essence dans la voiture

laisser ma progéniture à mes ascendants

dans le sac

sur mes pulls

je jette un livre consacré à Gurdjieff

un autre à Léonard Cohen

dans le sac

sur mes pulls

je jette un roman qui a failli décrocher le Goncourt

un recueil de poésie qui n’a pas rapporté un centime à son auteur

dans le sac

sur mes pulls

je jette la biographie d’un homme disparu sans laisser de trace

un essai très intelligent sur un sujet indéfinissable

cela devrait suffire pour le week-end

j’interroge ma femme

quelle distance a-t-elle prévue que nous marcherions

déjà ?

gurdjieff,cohen,goncourt,vercors,poésie,leonard cohen

 

07/09/2022

C'est qui, alors ?

magie.jpg

- Parce que… tu comprends, y’a magie et magie.
- Oui, la blanche, la noire, la rouge…
- Je te parle pas de ça. Y’a la magie… on dira « imitative ». Et y’a la magie « contagieuse ». Les mécanismes sont pas les mêmes.
- O.K., mais le but, c’est tout de même de pécho la fille.
- T’as pas compris, Fred.
- Qu’est-ce que j’ai pas compris, encore ?
- Ta brune…
- Ma longue brune.
- Ta longue brune…
- Ma longue brune aux yeux verts.
- Ta longue brune aux yeux verts… C’est pas toi qui l’a pécho.
- Ah, ouais ? Et c’est qui, alors ?
- C’est elle qui t’a envouté. Tu ne te souviens pas d’un moment particulier, au tout début ? Ta sylvidre a fait quelque chose d’insolite ?
- Y’a bien eu la fois où elle a glissé le 45 tours de Sardou sur la platine. « La maladie d’amour ».
- Bingo.
- Et ça relève de quelle magie ? L’imitative ou la contagieuse ?
 

 

08/06/2022

UN MARCHÉ (DE LA POÉSIE) À PARIS

 

œil-qui-pleure

s’assoit dans le siège 108

de la voiture 15

du TGV qui le conduit Place Saint-Sulpice

quand œil-qui-pleure arrive à Paris

c’est pour s’enterrer tout de suite

prendre le métro à même la gare

grimper dans la première rame

et là bingo

il s’assoit

re

dans un bain de langues

à côté d’une fameuse auteure à scandale

qui lit religieusement le Libé du jour

œil-qui-pleure la dévisage

sans envie

et partage avec elle

les mêmes hoquets ennuyeux

jusqu’à ce que la rame

se remplisse brutalement

d’une classe entière de lycéens

complètement bourrés

une lolita demande à œil-qui-pleure

si elle peut caresser son crâne parfaitement chauve

œil-qui-pleure refuse

elle le fait quand même

tandis qu’un jeune sosie de Joe Dassin se met à hurler

aux Champs Élyséééées

œil-qui-pleure se dit que ce n’est pas à Lyon

que l’on verrait un puceau beugler du Joe Dassin

dans le métro

 

pieds-qui-brûlent

se déchausse

lors de sa visite au Musée des Arts Premiers

maison des hommes

bâton de danse

ancestor figure

pieds-qui-brûlent finit par revenir

Place Saint-Sulpice

pour apprendre de la bouche d’une femme

engraved stone

skull-mask

que l’un de ses amis

n’est qu’un satyre

pieds-qui-brûlent est sommé de répondre

à la question

est-ce que ce connard PEUT ÊTRE un bon poète ?

pieds-qui-brûlent répond prudemment

ce ne serait pas le premier

et reprend un café à trois euros

il souhaite que la femme

achète l’un de ses recueils

male figure

poteaux funéraires

Sèvres-Babylone

 

dos-qui-fait-mal arpente les allées

serpente au milieu des stands

renvoie aux éditeurs leur absence de sourire

beaucoup de belles femmes ici

heureusement qu’il y a beaucoup de belles femmes ici

se dit dos-qui-fait-mal

la poésie n’attire pas que des enseignantes ménopausées

elle attire aussi des enseignantes non ménopausées

voilà ce que pense

dos-qui-fait-mal

en devenant vessie-qui-presse

 

en visitant l’algeco-pissotière

du Marché de la Poésie

vessie-qui-presse se soulage

au dessus de chiottes qui ont déjà vu passer

les queues de centaines de poètes

vessie-qui-presse en établit mentalement

une première liste

 

vessie-soulagée

tourne le dos aux stands pour quelques minutes

le temps de rentrer dans l’église Saint-Sulpice

d’y mater une scène de catch

entre Jacob et un ange

peinte par Delacroix

vessie-soulagée ne s’attarde pas

sous ses dents

une miette de biscuit

lui rappelle que le seul vrai dieu

qu’il ait l’habitude de prier

se nomme Speculoos

vessie-soulagée retourne aux stands

l'y attend 

une nouvelle catégorie de ses lecteurs

il y avait ceux qui aiment ce qu’il écrit

ceux qui n’aiment pas ses poèmes

depuis peu

vessie-soulagée sait qu’il existe une catégorie de gens

qui éprouvent un plaisir coupable

à dévorer ses livres

c’est l’expression qu’ils emploient le plus souvent

plaisir coupable

et vessie-soulagée ne sait comment la recevoir

il espère progresser

aujourd’hui

 

F.H.

marché de la poésie,paris,place saint-sulpice

 

09/03/2022

B. POUR B.

bukowski,gazzara,ferreri,mutti

le jeu de Ben Gazzara

dans le rôle de Charles Bukowski

a suscité beaucoup de critiques

quelque soit la sympathie que l’on peut avoir pour

l’acteur et sa filmographie

et Buk himself n’a pas été des plus tendres

à l’égard du film de Ferreri

au-delà des jeux d’égos

de la mauvaise foi des uns et des autres

de savoir qui-se-servait-le-plus-de-qui

et de tout ce qui a bien vieilli dans ces

Contes de la folie ordinaire   

de tout ce côté théâtral digne d’un Fassbinder

je me demande sincèrement

ce qu’un acteur

aussi talentueux soit-il

peut bien comprendre à la solitude

d’un auteur

quand bien même celui-ci a fait son cabot à ses heures

pas de malentendu entre nous

j’ai plus de considération pour les bons acteurs

que pour les mauvais écrivains

mais Bukowski avait certainement pigé deux-trois trucs

que Gazzara n’a fait qu’effleurer

dans sa vie

j’ai eu l’occasion d’échanger avec un ami parisien

de Ben Gazzara

je me base sur le portrait qu’il m’en a fait

portrait qui n’avait rien d’antipathique au demeurant

mais le mec n’avait renoncé à aucun hochet

et pourquoi l’aurait-il fait d’ailleurs ?

Bukowski n’était obligé à rien

Gazzara également

tout comme Ferreri

et toi cher lecteur

toi qui attends que je te parle d’Ornella Muti en train de

se percer les joues

tu peux

toi aussi

t’autoriser bien plus

que tu ne l’imagines

 

F.H.

(extrait de Pile Poil)

 

15/01/2022

Un mien poème...

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... dans cette (nouvelle) revue !

 

30/11/2021

Traduits en espagnol !

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Judith Wiart & moi-même sommes traduits ICI en espagnol (en attendant la parution de notre recueil de nouvelles -en français - en avril prochain) !

 

27/10/2021

Lustre

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- Et là, vous voyez, nous pourrions pendre tous ces coquins.
- Où ça ?
- Au lustre. Il m’a l’air assez solide.
- Oh, vous alors… Vous exagérez quelque peu, mon ami.
- Pas du tout. J’ai votre confiance, et c’est tout ce qui m’importe. Dressez-moi une liste de noms, puis laissez-moi faire.