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05/11/2019

« Aujourd’hui j’ai invoqué tout dieu disponible dans la forêt embrumée... »

jim harrisson,harrisson,brice matthieussent,une heure de jour en moins,dieux

J’ai oublié où j’ai entendu que les poèmes

sont censés réveiller les dieux endormis ;

de nos jours et à leur manière habituelle,

ils prennent des formes presque méconnaissables ;

l’un est un chien, l’autre un épouvantail

hors d’usage – les corneilles se perchent

sur ses manches fouettées par le vent,

l’un est un charpentier qui ne devient pas Jésus,

un autre une fille montée au ciel

soixante ans trop tôt. Les dieux meurent,

pas toujours de leur plein gré,

tels des chats myopes bondissant

entre deux immeubles de sept étages.

Un dieu a fait sortir des plumes hors de ma peau

pour que je vole, une faveur frisant la terreur.

Mais je ne dresse pas ici une carte des dieux.

S’ils habitent les rivières,

c’est qu’elles sont sans équilibre figé ;

les dieux détestent l’équilibre, car tout

ce qui vit bouge ; les rocs

sont une guerre d’atomes, le pissenlit

perfore le goudron de la route.

Le scarabée tropical de Seltzer grandit à partir

d’une boule larvée dans le bras d’un homme,

pour en sortir adulte, en agitant ses pinces.

Sur le mont Cuchama il y avait tant de dieux

qui passaient là que je me suis terré au creux

d’un rocher, réveillant l’un d’eux par accident.

J’ai fui en serrant les fesses, mort de trouille.

Je pourrais tracer une carte du lieu,

mais on ne les surprend jamais deux fois

au même endroit. 

 

Jim Harrisson, « Une heure de jour en moins » (trad. Brice Matthieussent)

 

01/11/2019

Toussaint

Qu'est-ce qu'un Saint ?

Un saint c'est quelqu'un qui a atteint une lointaine possibilité humaine.

Il est impossible de dire ce qu'est cette possibilité. Je pense que ça a quelque chose à voir avec l'énergie de l'amour.

Le contact avec cette énergie aboutit à une sorte d'équilibre dans le chaos de l'existence.

Un saint ne dissout pas le chaos ; s'il le faisait, le monde aurait changé depuis longtemps. Je ne pense pas qu'un saint dissolve le chaos même pour lui, parce qu'il y a quelque chose d'arrogant et de guerrier dans l'idée d'un homme mettant de l'ordre dans l'univers.

C'est une sorte d'équilibre qui fait sa gloire. Il glisse sur les congères comme un ski échappé. Sa course est une caresse de la colline. Sa trace est un dessin de la neige à un instant particulier de son rapport avec le vent et le rocher.

Quelque chose en lui aime tant le monde qu'il s'abandonne aux lois de la gravitation et du hasard.

Loin de voler avec les anges, il trace avec la fidélité d'une aiguille de sismographe l'état du paysage solide et sanglant.

Sa maison est dangereuse et limitée, mais il est chez lui dans le monde.

Il peut aimer la forme des êtres humains, les formes belles et sinueuses du coeur.

C'est bien d'avoir de tels hommes parmi nous, de tels monstres d'amour qui rétablissent l'équilibre.

 

Leonard Cohen, Les perdants magnifiques, 1966

 

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30/12/2018

Chère lectrice & lecteur de ce blog...

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 ... pour l'année 2019, je vous souhaite une année Hallelujah !

 

23:51 Publié dans Spi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2019, leonard cohen, cohen

23/10/2017

- Non mais...

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... C'est quoi ton truc, au fond, bonhomme ?

 

12/06/2017

"La joie qui avance chancelante..."

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La vie, man, la vie. Du jamais vu, je te le dis, de l’inédit jusqu’à aujourd’hui. Contemple et apprends, contemple et apprends. Tiens-toi tranquille et sache que la vie n’est que le bavardage de Dieu. Souvent, ce bavardage n’est que ça : du bavardage. Dieu divague, ou plutôt il semble divaguer. Il fait comme s’il divaguait, la canaille, ça fait partie de son éternel jeu de cache-cache. Un débit ininterrompu de situations, de collisions en apparence sans queue ni tête, de drames et de merveilles, parfois, entre surexcitation et abattement. Et puis il arrive que tout d’un coup, si tu regardes, si tu te tiens tranquille et que tu regardes calmement, la cohérence se fait jour. Le sens de ce discours selon toute apparence insensé se révèle et te foudroie. Le monde cesse d’être ce conte plein de bruit et de fureur raconté par un idiot et qui ne signifie rien. Ou, plus précisément, il demeure un conte plein de bruit et de fureur, mais plein de silence et d’amour, aussi, dit par une incommensurable intelligence et dont le sens fulgurant échappe à toute appréhension rationnelle, mais qui est pourtant bien là, de toute éternité.

 

18/03/2016

Au revoir, Denise

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... et merci.

 

07/05/2013

"Je n'ai jamais dit que j'étais un grand poète..."

 

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« Je ne savais pas qui j’étais, où j’allais, ce que signifiait le monde, de quoi les femmes étaient faites. La seule chose que je savais, c’est qu’il me fallait garder des traces de cette petite vie qui était la mienne (…) Je n’ai jamais dit que j’étais un grand poète ; je n’ai jamais essayé de faire croire que j’étais autre chose qu’un poète mineur et un faiseur de chansons. Je ne sais même pas quel nom coller à cette activité. Laissons aux spécialistes le soin de donner les appellations. J’ai seulement dit que j’avais tout consigné. Tout est là. J’ai accompli exactement ce que je m’étais proposé au départ, témoigner de mon voyage sans jamais porter de jugement. Mais le voyage est là. On ne peut pas en douter. »

Leonard Cohen

 

 

 

13/08/2011

ARNAUD DESJARDINS (1925-2011)

Arnaud Desjardins,Desjardins

Sa vie.

Le lieu qu'il a créé.

 

12/06/2007

bureau

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Il choisit une couleur qui s’appelait Tibetan Desire, ce qui l’amusa beaucoup, car il y voyait une complète contradiction dans les termes. 

« Les perdants magnifiques » de Leonard Cohen

20:25 Publié dans Spi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cohen, leonard cohen, bureau