21.10.2009

Comme ça me vient...

Ma considération philosophique de la semaine ? Je ne trouve pas que passer du Monoprix de la Croix-Rousse (le plus cher de France après celui de Neuilly) au LIDL de la rue de Marseille soit le signe d'une ascension fulgurante. Cela ne m'empêche pas d'être conduit en Mercedes par un auteur que j'ai publié ! Qui plus est, une Mercedes remplie de machines à écrire (ce n'est pas une image pour faire joli, mais la réalité de samedi dernier).

Autrement... à signaler : un nouveau poème de votre serviteur (ainsi qu'un scoop le concernant) sur le blog de Thierry Marignac.

 

05.10.2009

De quelques petits bonheurs et de quelques grandes vulgarités

Aucune volonté d'édification. Juste le recensement de mes deux derniers petits bonheurs. Mes poèmes qui commencent à faire des ricochets chez Thierry Marignac. Et Thomas Vinau qui me fait découvrir "CARVER HEUREUX" grâce à son blog que je pille allègrement pour nourrir l'ogre Facebook.

Quant à la vulgarité promise, elle ne se trouve que dans l'une des deux vidéos suivantes. Je vous laisse la dénicher.


14.09.2009

QUELQUES EFFETS D’ANNONCE

Ma dernière notule est, sans conteste possible, celle qui m’a valu le plus de messages privés depuis la naissance de mon blog. Et après ? Combien de mes amis polardeux, si courageux qu’ils n’ont pas osé commenter publiquement ma critique de Marignac, ont lu, seulement lu le livre dont il était fait mention ?

Pour changer de sujet, quelques effets d’annonce :

a)      Vous voulez savoir à quoi va ressembler « ROCOCO TOKYOÏTE », le roman de Clément Bulle que je fais publier à la fin octobre aux éditions A plus d’un titre ? Cliquez ICI et sachez apprécier les indices. A signaler (ô mystérieuse résonnance avec le paragraphe précédent) que ce même Clément Bulle vient d’écrire un superbe papier sur "RENEGADE BOXING CLUB" de Thierry Marignac (nan, on s’est pas donné le mot) à paraître dans le prochain numéro de « L’INDIC ».

b)      Mon prochain recueil de poèmes devrait sortir pour la fin de l’année. Il est dédié « à Eric Dejaeger, à Renaud Marhic et à Fabienne Swiatly, pour leurs noms difficiles à orthographier ».

c) Quelques nouveaux liens dans ma colonne de "passerelles": Thomas Vinau (aussi jeune que bon, salaud!), et un lien réactualisé (et nécessaire) vers le blog de Jean-Marc Flahaut (auteur du cinquième titre à paraître dans ma collection "A charge", mais chuuut, secret défense).

d) Je viens de me faire Wikipédier (merci à l'ami David).

05.09.2009

"FASCISTE" de Thierry Marignac

“ La perfection d’une histoire consiste à déplaire à toutes les parties et toutes les nations, car c’est une preuve que l’auteur n’en flatte ni n’en épargne aucun et qu’il doit à tous ce qui est la vérité. ”

Bayle

fasciste2.jpg(photo de C. de Benedetti)

 

« FASCISTE » est le premier roman de Thierry Marignac. Il a été publié aux Editions Payot en… 1988 (je relis plusieurs fois la date avant de la noter, j’ai peine à en croire mes yeux tant ce livre fout un coup de vieux à bien des parutions récentes). Si les choses étaient bien faites, ce livre serait mentionné dans les divers panoramas du polar censés signaler les titres phares du polar des vingt dernières années. « Marignac Thierry » figurerait dans les « dicos du noir » en tout genre. Mais que-pouic. Tiens, tiens, et pourquoi donc ?

Si les choses étaient bien faites… Les choses sont très bien faites, d’une certaine façon. Et le talent d’un Marignac (confirmé par d’autres romans) est remarquablement passé sous silence.

« Fasciste » a été publié en 1988 aux Editions Payot (ça va mieux en le ré-écrivant). Combien de temps faut-il pour rendre justice à un livre ? À un auteur ? À un auteur qui n’est pas l’auteur d’un seul livre ?

Si ce premier roman n’a pas pris une ride, son action est datée. Commence en mars 78. On y parle du « Front », un mouvement politique tenu par « L’Ogre ». Il y est aussi question du GUD,  de boxe thaïe (Marignac écrit de belles pages sur ce sujet dix ans avant qu’il ne soit à la mode)...

Par paresse, je copie-colle la quatrième de couv’ du livre : «  Comment peut-on aimer à la fois l’ordre et les concerts de hard-rock, Primo de Rivera et Lénine, l’alcool et les arts martiaux ? Rémi Fontevrault ne se pose pas de questions : il agit. Par  désœuvrement, il adhère au Front, un parti autoritaire et raciste dont il assure le service d’ordre. Il se bat dans la rue, pose des bombes avec ses frères d’armes de l’IRA, tombe amoureux d’une jeune fille BCBG et quelque peu perverse. Et finit par être liquidé par les politiciens du Front, soucieux de respectabilité à l’approche des élections. »

Voilà pour « l’histoire ». Voilà pour une quatrième de couv’ exemplaire (de la pure « prose d’éditeur »). Vingt ans plus tard, il est intéressant d’apprendre la genèse du roman par l’auteur himself en personne :

L’idée de départ correspondait effectivement à l’époque. La montée de l’extrême-droite en France au cours des années 80 était un fait d’actualité brûlante. Comme j’ai commencé à écrire en faisant du journalisme, je m’intéresse à l’actualité, et j’ai toujours voulu écrire des romans en prise avec l’histoire immédiate. Je considère le roman historique, par exemple, comme un hobby de rats de bibliothèque, pas comme un genre. Selon moi, un romancier digne de ce nom se confronte à son époque, prend le risque de se tromper dans sa vision. Sachant qu’il se publie en France des centaines de premiers romans, il s’agissait de se distinguer par une provo. Les années 80 étaient le triomphe des soixante-huitards, le zénith de leur pouvoir, et ils laissaient bien peu de place à quoi que ce soit d’autre. Il s’agissait donc, à la façon punk, d’enfoncer un coin dans la machine ronronnante, de préférence dans le bruit et la fureur. Enfin, personne ne s’attendait à ce que je fasse ça, puisque je venais de « l’underground ». J’ai toujours eu l’esprit de contradiction. Non, très peu de choses ont changé au cours de son écriture par rapport au rêve que j’en avais. La beauté de cette idée, c’était qu’elle donnait tout dès le départ : style, action, esthétique, l’emballant dans un bloc compact, à prendre ou à laisser. Le raffinement de cette idée, c’est qu’elle offrait des possibilités infinies d’ironie vis-à-vis de son propre lyrisme.

 

Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il n’a été écrit que pour quelques uns. Autrement dit, déconseillons-le à de nombreuses personnes : aussi bien aux émules de Maxime Brunerie (j’imagine mal un « z’identitaire » apprécier un ouvrage aussi fin et cruel… il n’est que de parcourir les blogs de cette mouvance… à chaque fois qu’un Drieu ou un Nietzsche y est cité, c’est au prix d’une lecture singulièrement pauvre, tout est vu-déformé par le plus petit bout de la lorgnette possible)… qu’aux émules de Didier Daeninkx (dois-je copier-coller l’essentiel de la parenthèse précédente, en me contentant de changer quelques termes ?).

Bref, l’écriture de « Fasciste » a coûté cher à Thierry Marignac… qui a quand même trouvé le moyen d’écrire d’autres livres (il en sera question plus tard sur mon blog).

Je ne sais plus qui a écrit qu’on mesurait la valeur d’un livre  au nombre d’ouvrages que celui-ci annulait, rendait caduque, etc. Nous y sommes. « Fasciste » annule nombre de romans écrits sur le sujet (jusqu’aux récentes « Bienveillantes », oserais-je rajouter). Les confrères de Thierry Marignac ne lui en seront pas reconnaissants. 

 

P.S: Une autre critique sur "Fasciste".

28.08.2009

Crève le roman noir

Il y a dix ans, sortait mon premier roman dans la collection noire du Serpent à plumes. Quelques bouquins-éditeurs-désillusions-heureuses rencontres plus tard, j'ai cru bon d'évoquer le microcosme du polar français dans un roman autobiographique bouclé il y a deux ans et resté inédit. Ce qu'il contenait en filigrane ? Le genre de constat qu'un auteur comme Thierry Marignac sait pointer au bout de sa plume acérée. Morceau choisi. Reconnaissance à cet auteur pour son regard, son blog (très riche) et ses romans. En v'là un qui ne risque pas d'être invité au festival lyonno-bobo "Quais du polar".

17.08.2009

se démaz'aoûter...

Après ce bel été...


... il ne me reste plus qu'à vous/nous souhaiter une bonne rentrée :

23.07.2009

à deux jours de mon quarantième anniversaire

Parce que l'année 2009 a tout pour moi d'une "année zéro"... et rien d'une année nulle.

28.06.2009

Vollard and co...

Deux extraits du livre d'Ambroise Vollard : « En écoutant Cézanne, Degas, Renoir »

 

Vollard, dans une conversation avec Cézanne :

 

« Il me semble que cela devait être d’un intérêt passionnant, les rencontres que l’on faisait chez Zola : Edmond de Goncourt, les Daudet, Flaubert, Guy de Maupassant, et tant d’autres.

Cézanne : Il venait beaucoup de monde, en effet, mais c’était bien emmerdant, ce qu’on y entendait dire. J’ai voulu un jour parler de Baudelaire : ce nom n’a intéressé personne.

Vollard : Mais de quoi s’entretenait-on ?

Cézanne : Chacun parlait du nombre d’exemplaires, auquel on avait tiré son dernier livre, en mentant un peu bien entendu. Il fallait surtout entendre les dames. Mme X disait avec fierté et en défiant du regard Mme Z « Nous avons calculé, mon mari et moi, qu’avec les éditions illustrées, le dernier roman avait été tiré à 35000 exemplaires » - « Et nous, disait Mme Z en relevant le gant, nous sommes assurés pour notre prochain livre d’un tirage à 50000 exemplaires, sans compter l’édition de grand luxe… » Voyez-vous, Mr Vollard, Zola n’était pas un méchant homme, mais il vivait sous l’influence des évènements ! »

 

 

Vollard à Zola :

« - Vous avez des tableaux de M.Cézanne ?

Zola : Je les avait cachés à la campagne. Sur les instances de Mirbeau, qui voulait les voir, je les ai fait rapporter ici. Mais je ne les mettrai jamais au mur. Ma maison, vous ne l’ignorez pas, est la maison des artistes. Vous savez combien ils sont justes, mais sévères entre eux. Je ne veux pas abandonner au jugement de ses pairs le plus cher compagnon de ma jeunesse. Les tableaux de Cézanne sont enfermés là, dans cette armoire, à l’abri des regards malveillants. Ne me demandez pas de les sortir, cela me fait trop de peine, quand je pense à ce que mon ami aurait pu être, s’il avait voulu diriger son imagination et aussi travailler sa forme, car, si on naît poète, on devient ouvrier… c’est à son intention que j’ai produit « L’œuvre ». Le public s’est passionné pour ce livre, mais Cézanne lui est resté fermé. Rien ne pourra plus le sortir de ses rêveries : de plus en plus, il s’éloignera du monde réel…

Vollard : Mais s’il n’a pu réaliser son œuvre, M.Cézanne, du moins dans ses lettres, disait-il des choses intéressantes sur la peinture ?

Zola (baisant tendrement son petit chien) : Tout ce qu’écrivait Cézanne était imprévu et original : mais je n’ai pas conservé ses lettres… Je n’aurais voulu pour rien au monde qu’elles soient lues par d’autres, à cause de leur forme un peu lâchée. »

08.05.2009

LISTE NOIRE # 1

L’inquisition aujourd’hui ? Vous plaisantez ? Mais non, mais non, écoutez bien, vous entendrez vite son violent désir de purification rétroactive. Chaque écrivain ou penseur du passé peut être radié de la mémoire collective pour cause de péché majeur.

Voici le programme :

Gide, le pédophile Nobel ; Marx, le massacreur de l’humanité que l’on sait ; Nietzsche, la brute aux moustaches blondes ; Freud, l’anti-Moïse libidinal ; Heidegger, le génocideur parlant grec ; Céline, le vociférateur abject ; Genet, le pédé ami des terroristes ; Henry Miller, le misogyne sénile ; Georges Bataille, l’extatique pornographique à tendance fasciste ; Antonin Artaud l’antisocial frénétique ; Claudel, l’ignoble tank catholique ; Sartre, le bénisseur des goulags ; Aragon, le faux hétérosexuel, chantre du KGB ; Ezra Pound, le traître à sa patrie, mussolinien chinois ; Hemingway, le machiste tueur d’animaux ; Faulkner, le négrier alcoolique ; Nabokov, l’aristocrate pédophile papillonnaire ; Voltaire, le hideux sourire de la raison, dénigreur de la Bible et du Coran, totalitaire en puissance ; Sade, le nazi primordial ; Dostoïevski, l’épileptique nationaliste ; Flaubert, le vieux garçon haïssant le peuple ; Baudelaire, le syphilitique lesbien ; Proust, l’inverti juif intégré ; Drieu la Rochelle, le dandy hitlérien ; Morand, l’ambassadeur collabo, antisémite homophobe ; Shakespeare, l’antisémite de Venise ; Balzac, enfin, le réactionnaire fanatique du trône et de l’autel, etc.

Je n’oublie personne ? Complétez la liste. "

Sollers, " Un vrai roman "

03.05.2009

Saint-Paul & Joseph (the end)

C'est officiel, les 400 détenus des deux plus fameuses prisons lyonnaises ont été transférés "ailleurs".

Pas de nostalgie. Mais quelques souvenirs: ici, ici et ici... et d'autres qui restent à écrire.

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