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25/05/2021

Dirk Raspe # 4

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(…) dans la ville, tous les musées m’étaient ouverts ; j’y passais mes heures de congé. Je découvrais avec stupeur la peinture hollandaise. Je n’avais vécu que jusqu’à six ans à La Haye avec ma grand-mère. Certes, cela était resté dans mes yeux. Maintenant, j’étais mis en face du rêve des hollandais, ce qui était plus que leur vie : la lumière, la naissance et la mort de la lumière, la lumière dans ses prisons et faisant de ses prisons des palais, la lumière entre le ciel et la terre, brillant dans l’entrebâillure des nuages et dans une tache soudaine sur une maison, combattue par l’immense conspiration des ciels couverts, des brouillards, des bruines, par les opacités et les louches interceptions ou filtrations, s’éprouvant, s’assouplissant, s’aiguisant dans ces difficultés et en faisant les éléments de son triomphe inattendu, étrange, tour à tour dissimulé et éclatant, unique, irremplaçable, la lumière du Nord.
C’était à peu près la même dont je suivais le destin misérable et émouvant dans la ville. La lumière d’ici n’était pas la lumière de là-bas ; il y a de subtiles mais rigoureuses différences, je n’avais pas les moyens de m’en rendre maître.
Je ne regardais pas beaucoup les italiens ni les français. (…) J’allais à ce qui était mon besoin. (…) Je ne vis pendant longtemps chez les français que ce qui était comme le complément infirme, nostalgique des hollandais. Dans leurs aises, dans leur originalité, dans leur exquise intégrité, ils me paraissaient infirmes, privés de quelque chose.
J’étais faible, un enfant tâtonnant, mais un enfant qui jouissait avec une profondeur sourde d’animal de ce qui pouvait être sa nourriture. 
 
"Mémoires de Dirk Raspe" de Pierre Drieu la Rochelle
 

22/12/2020

ESTAMINETC. #3

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Chabouté

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07/12/2020

ESTAMINETC.

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Jacques Truphémus

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truphémus,bar,café

 

21/11/2020

Un peintre, deux écrivains

Passage terrible dans “ Rencontres avec Bram Van Velde ” de Charles Juliet : 

Je lui parle d’un garçon que je connais, qui admire des écrivains et des peintres qui se situent aux antipodes, dont la démarche n’a rien de commun.

La réponse jaillit sur-le-champ :

- Ça montre combien sa tête est loin de son œil. ”

Juliet,Djian,Van Velde,peinture

Bram Van Velde = LE lien (le seul ?) entre Juliet et Djian. Tout deux lui ont consacré un livre. À ma connaissance, cela n’a jamais été souligné par les critiques.

 

12/11/2020

Un dessin...

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... dans le "Canard enchaîné" de cette semaine.

 

11/05/2020

116 ans

C’est l’âge qu’il aurait aujourd’hui.

dali

Rien que pour cette phrase :

 

« Je suis un homme qui fait attention à tout, et d’abord à l’attention. »

 

30/04/2020

"Primavera"

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Sandro Botticelli (1477)

botticelli

 

 

09/04/2020

Vollard and co...

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Deux extraits du livre d'Ambroise Vollard : 

 

Vollard, dans une conversation avec Cézanne :

 

« Il me semble que cela devait être d’un intérêt passionnant, les rencontres que l’on faisait chez Zola : Edmond de Goncourt, les Daudet, Flaubert, Guy de Maupassant, et tant d’autres.

Cézanne : Il venait beaucoup de monde, en effet, mais c’était bien emmerdant, ce qu’on y entendait dire. J’ai voulu un jour parler de Baudelaire : ce nom n’a intéressé personne.

Vollard : Mais de quoi s’entretenait-on ?

Cézanne : Chacun parlait du nombre d’exemplaires, auquel on avait tiré son dernier livre, en mentant un peu bien entendu. Il fallait surtout entendre les dames. Mme X disait avec fierté et en défiant du regard Mme Z « Nous avons calculé, mon mari et moi, qu’avec les éditions illustrées, le dernier roman avait été tiré à 35000 exemplaires » - « Et nous, disait Mme Z en relevant le gant, nous sommes assurés pour notre prochain livre d’un tirage à 50000 exemplaires, sans compter l’édition de grand luxe… » Voyez-vous, Mr Vollard, Zola n’était pas un méchant homme, mais il vivait sous l’influence des évènements ! »

 

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Vollard à Zola :

« - Vous avez des tableaux de M.Cézanne ?

Zola : Je les avait cachés à la campagne. Sur les instances de Mirbeau, qui voulait les voir, je les ai fait rapporter ici. Mais je ne les mettrai jamais au mur. Ma maison, vous ne l’ignorez pas, est la maison des artistes. Vous savez combien ils sont justes, mais sévères entre eux. Je ne veux pas abandonner au jugement de ses pairs le plus cher compagnon de ma jeunesse. Les tableaux de Cézanne sont enfermés là, dans cette armoire, à l’abri des regards malveillants. Ne me demandez pas de les sortir, cela me fait trop de peine, quand je pense à ce que mon ami aurait pu être, s’il avait voulu diriger son imagination et aussi travailler sa forme, car, si on naît poète, on devient ouvrier… c’est à son intention que j’ai produit « L’œuvre ». Le public s’est passionné pour ce livre, mais Cézanne lui est resté fermé. Rien ne pourra plus le sortir de ses rêveries : de plus en plus, il s’éloignera du monde réel…

Vollard : Mais s’il n’a pu réaliser son œuvre, M.Cézanne, du moins dans ses lettres, disait-il des choses intéressantes sur la peinture ?

Zola (baisant tendrement son petit chien) : Tout ce qu’écrivait Cézanne était imprévu et original : mais je n’ai pas conservé ses lettres… Je n’aurais voulu pour rien au monde qu’elles soient lues par d’autres, à cause de leur forme un peu lâchée. »

 

28/12/2019

"J'aimais..."

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J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs…
Arthur Rimbaud