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04/10/2016

Brûle-livre

- D’ici à ce que je n’aille pas travailler aujourd’hui, ni demain, que je ne remette plus jamais les pieds à la caserne, il n’y a qu’un pas.

- Mais tu vas quand même aller travailler ce soir, non ?

- Je n’ai rien décidé. Pour l’instant, j’ai une terrible envie de tout casser, de tout foutre en l’air.

- Prends la coccinelle.

- Non merci.

- Les clefs sont sur la table de nuit. J’apprécie toujours de rouler à toute allure quand je me sens comme ça. Tu pousses à cent cinquante et ça va beaucoup mieux. Des fois, je conduis toute la nuit et je reviens sans que tu t’en aperçoives. En pleine campagne, c’est l’éclate. On écrase des lapins, parfois des chiens. Prends la coccinelle.

- Non, je n’en ai pas envie, pas cette fois. Je veux me concentrer sur ce drôle de truc. Bon sang, ça me travaille. Je ne sais pas ce que c’est. Je suis horriblement malheureux, je suis dans une rogne folle et je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que je prends du poids. Je me sens lourd. Comme si j’avais mis un tas de choses en réserve sans savoir quoi. Pour un peu, je me mettrais à lire des bouquins.

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Qu’est-ce que le feu a de si beau ? Qu’est-ce qui nous attire en lui quel que soit notre âge ? C’est le mouvement perpétuel, ce que l’homme a toujours voulu inventer sans y parvenir. Ou quelque chose d’approchant. Si on le laisse brûler, c’est pour la vie. Qu’est-ce que le feu ? Un mystère. Les savants nous servent un charabia où il est question de friction et de molécules. Mais ils ne savent pas vraiment ce qu’il en est. Sa vraie beauté réside dans le fait qu’il détruit la responsabilité et les conséquences.

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19/09/2016

Cossery

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Il n'y a rien de plus immoral que de voler sans risques. Le risque, c'est ce qui nous différencie des banquiers et de leurs émules qui pratiquent le vol légalisé sous le patronage du gouvernement. Je ne t'ai pas inculqué mon art pour que tu deviennes un voleur de cinéma dont la seule préoccupation est de ne pas déplaire à son public.

Albert Cossery 

 

04/09/2016

"76 CLOCHARDS CELESTES ou presque"

Ma notule vidéo sur l'herbier littéraire de Thomas Vinau :

 

25/08/2016

Frédéric Berthet

frédéric berthet

Combien de fois ai-je vu passer son nom sur les réseaux sociaux, échangé par des amis de confiance ? Je savais qu'un jour je le lirais. Je savais que ce serait très, très bon.

Je viens de lire "Paris-Berry" de Frédéric Berthet. Maintenant, je sais que je vais TOUT lire de cet auteur.

frédéric berthet

  

07/08/2016

Bientôt, la route des vacances...

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04/07/2016

Le sapin pousse dans les caves

J'ai souvent entendu parler des détectives privés, mais je n'avais jamais eu l'occasion d'en voir un d'aussi près, fit-il. C'est peut-être impardonnable pour un écrivain, mais le fait est là. Et nous ne pouvons tout savoir et connaître. En quoi consiste exactement votre tâche?

— Nous filons surtout des maris pour le compte de leur femme et des femmes pour le compte du mari, expliquai-je. Parfois, ça va plus loin... Quand on commence une enquête, on ne sait jamais dans quelles ramifications elle va nous entrainer.
— Je vois...
Il prit brusquement un air aussi concentré que le lait qui fait les plus beaux nourrissons du monde :

... Des cas psychologiques intéressants ? Vous comprenez, je suis écrivain et...
— La vie est certainement plus compliquée et fertile en péripéties que tout ce que vous pouvez accumuler dans vos livres, dis-je. Mais elle est aussi plus secrète. Alors, n'est-ce pas ? Vous, avec votre imagination, vous concluez. La vie ne conclut pas.

Léo Malet
Le sapin pousse dans les caves

léo malet,malet,nestor burma

 

 

02/07/2016

"De si jolis chevaux"

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Son père fumait. Il l’observait.
- Tu vois toujours la petite Barnett?
Il hocha la tête.
- Elle t’a plaqué ou c’est toi qui l’a plaquée?
- J’en sais rien....
- Alors c’est elle qui t’a plaqué.
- C’est ça.
Son père acquiesça. Il fumait. 

Cormac Mac Carthy, "De si jolis chevaux"