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22/03/2017

"Le simple fait de tracer de nouveaux itinéraires..."

jérôme leroy,un peu tard dans la saison,éditions la table ronde

Il faudrait s’effacer, disparaître une bonne fois pour toutes. Pas question de suicide, ici, évidemment. Non, s’en aller. Je ne sais pas si « s’en aller » est le mot juste. La distance géographique n’est pas nécessaire, pas forcément. Pour commencer, habiter dans un autre quartier, si la ville est assez grande ; cela suffirait, au moins dans un premier temps. Il y aurait un nouvel appartement, une nouvelle maison, un autre jardin, une autre vue sur les toits, les arbres, le clocher des églises…

Le simple fait de tracer de nouveaux itinéraires me rendrait presque invisible, ce qui serait un bon début. La forme de la ville changerait, les visages croisés également. Il faudrait jouer avec les horaires aussi, ne plus sortir aux mêmes heures. Cela pourrait satisfaire un moment cet impérieux besoin d’être ailleurs et autrement.

Ne prévenir personne, ne pas faire de grandes annonces, éviter le pathos. 

 

Jérôme Leroy, « Un peu tard dans la saison »

jérôme leroy,un peu tard dans la saison,éditions la table ronde

 

 

18/03/2017

"Un peu tard dans la saison"

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Quand un livre vous parle presque trop... que ça en devient inquiétant... que ça tourne au roman plus que "culte"...
Qu'est-ce qu'il y a, au-delà du roman ? Ben, la poésie. Et par-delà la poésie ? Ben, le roman. Et au dessus de, en-deçà des...

09/03/2017

Un poème de la veille signé Roger Lahu que même il m'est dédié à moi

SUR LE TERRAIN

 

à Fred

 

grand reporter du guère

« sur le terrain » du moins que rien

du si peu du presque pas :

mes immédiats alentours

dans toute leur fadeur

triomphale

 

ce jour d’hui ça bouillasse

à qui mieux mieux

à cause de la tempête « zeus »

patures marécageuses

« on dirait des rizières »

me pensè-je

et la petite route en bas du hameau

sera sans doute « submergée »

par le ruisseau ce soir

 

et la rivière la mienne « ma » rivière

court court court

comme une dératée

25 m3/sec

le temps que ça lui prendra

pour dégonfler

l’ouverture de la pêche

dans quelques jours

c’est rapé

 

grand reporter du guère

du presque pas

mais qui quand même …

 

Roger Lahu

 

00:00 Publié dans où je lis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roger lahu, lahu

08/03/2017

Chez mon prochain éditeur

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Il y avait plusieurs tables dressées pour deux congrès, dans la salle à manger immense, toute neuve, pompeuse, néo-Empire. Il s'est produit de la bousculade parmi nous, et je suis à peu près certain que mon ami et moi nous sommes fourvoyés dans le congrès où nous n'étions pas conviés. Par bonheur, cela n'a eu aucune conséquence fâcheuse. Tout le monde a été fort aimable à notre égard. J'avais pour voisin un ophtalmologiste viennois ; ce devait être un congrès médical. Derechef, j'ai constaté l'absence des femmes, à l'exception de serveuses en costume régional. Où s'enclôtissent les dames italiennes ?

Henri Calet, "L'Italie à la paresseuse", éditions Le Dilettante

 

14/02/2017

Relire quelqu'un qui manque...

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Un mini-portrait.

 

 

02/02/2017

Papiers etc.

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20/01/2017

"FOND DE CANTINE" de Drieu La Rochelle (#3)

VENGEANCE

 

J’ai bu quatre bouteilles avec mes compagnons.

Qui d’entre nous fut plus bouffon

Que moi qui feignais la douceur ?

Trinquant d’un geste bénisseur

Je les encourageais à souiller de dédains

Les héros et les saints

Et l’orgueil de mourir

Grave frivolité

Pour une idée.

Eux donc me méprisaient non sans cordialité

D’être homme intelligent, de payer ce délice

Et de feindre des amours vaines

Pour quelques sacrées rengaines.

 

Je riais narquoisement

Et tout bénignement

Faisant ma prière

Au dieu de la guerre

Et des révolutions

Vouais à la juste gueule de ses puissants canons

Ces bons compères

Mes compagnons.

 

Pierre Drieu La Rochelle, « Fond de cantine » (1920)