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28/04/2018

"A Broken Hallelujah"

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" Nous sommes pendant l'été 1965, il est assis sur un lit et lit de nouveaux poèmes à voix haute à une amie. La porte de la chambre contiguë est entrouverte et, par l'entrebâillement, Cohen et son amie peuvent apercevoir un couple faire l'amour. Ils peuvent également les entendre. Amusé par le spectacle, Cohen commence à synchroniser sa lecture avec les soupirs et les gémissements du couple, et le résultat le comble d'aise.
- Je pense que je vais m'enregistrer en train de chanter mes poèmes, annonce-t-il à son amie.
Et elle de lui répondre :
- S'il te plaît, non. "

 

19/04/2018

"Fast-food" de Grégoire Damon

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- Ça ne te dérange pas de travailler pour le Grand Capital ?

- Pardon ?

- Tu as chanté « L’Internationale » trois fois en cuisine ce mois-ci. Voyons… Le 6, le 12 et le 21.

- Et alors ?

- Et alors, tu admettras que les paroles de cette petite chanson portent des valeurs légèrement différentes de celles de Meecoy Mickey Ltd.

- Bien sûr que non.

- Ah bon ?

- C’est international, quoi.

- …

- Meecoy aussi, c’est international.

- Tu joues sur les mots.

- Et toi, tu joues sur quoi ?

- Sur rien. Je cherche à te connaître.

- Greg. Equipier polyvalent à Meecoy Mickey France. Depuis trois ans. Je peux y retourner ?

Suma s’est renversé sur sa chaise.

- Je crois que tu n’as pas compris la finalité de ses entretiens. (…) Je ne suis pas là pour juger ton boulot, il y a les fiches compétences pour ça. Moi, je suis là pour m’assurer que chacun ici puisse s’épanouir dans un esprit d’efficacité pour instaurer une vraie collaboration entre les équipiers et la direction.

- On t’a fait apprendre tout ça par cœur ?

Suma a ouvert le questionnaire et l’a parcouru du doigt.

- A la question « Quelles sont à ton avis les principales qualités d’un équipier de restauration ? », tu as répondu « 1) Crever la dalle. 2) Savoir fermer sa gueule. 3) Aimer les brûlures. » C’est ça que tu appelles des réponses sérieuses ?

- Ce sont des réponses sérieuses.

(…)

- Pour ce qui est du boulot, je vois dans ton dossier que tu as démissionné deux fois. Tu ne te plais pas ici ?

- Je suis venu bosser ici parce que j’avais un loyer à payer, et je suis revenu parce que j’ai toujours un loyer à payer. Je joue le jeu. Quand les huiles de la direction régionale font leur audit annuel, je suis le règlement à la lettre. Toutes les procédures. Même les inutiles. Mais dès qu’elles ont le dos tourné, je me remets à bosser à ma façon, et jusqu’à preuve du contraire, c’est cette façon qui vous rapporte du pognon. Tous les anciens font comme moi. Jipé le sait. Les managers le savent. Ils ferment les yeux parce que c’est dans l’intérêt de tout le monde. Et oui, j’aime bien les brûlures. Ça réveille.

(…)

- Tu en as dans le crâne. Tu as des diplômes. Je t’ai vu travailler. Effectivement, tu n’es pas un branleur. Tu fais partie des anciens. Pourquoi tu n’as jamais gravi le moindre échelon. Tu n’es même pas formateur, alors que ça fait un bail que tu formes des nouveaux. Pourquoi ?

- Ça ne m’intéresse pas.

- Ça, je m’en doute. Mais alors, qu’est-ce que tu comptes faire ? C’est quoi, ton projet ?

- Rien. Vivre.

- Je ne suis pas sûr que ça corresponde à la politique de l’entreprise.

 

« FAST-FOOD » de Grégoire Damon,

éd. Buchet-Chastel (collection « Qui Vive)

Retour d'Italie...

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On pourra parler d'un "atterrissage un peu rude"... Enfin, l'essentiel n'est-il pas d'être correctement outillé ?

 

06/02/2018

Cartouches

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29/01/2018

Ubik

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 - Je vais épouser Joe Chip, fit Wendy d’une voix grave et songeuse, avec un sérieux enfantin.

- Ah ! fit Pat Conley. (Ses yeux noirs étincelaient comme s’ils étaient en fusion.) Vraiment ?

- Vous pouvez aussi changer ça ? Avec votre pouvoir ?

- Je vis avec Joe. Je suis sa maîtresse, déclara Pat. D’après notre accord, c’est moi qui paie ses factures. Ce matin j’ai payé sa porte pour le laisser sortir de chez lui.

 

Philip K.Dick, « Ubik » 

09/01/2018

TOUTE UNE VIE BIEN DISPARUE

 

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Quand Pierre Autin-Grenier se lance dans une enquête autour d’Élodie Cordou, une femme censément disparue, on n’attend pas de lui un strict procès-verbal comme celui établi par Breton autour de sa Nadja. Et de fait, son récit progresse par longues phrases qui toutes s’enroulent autour du même cœur. « Élodie Cordou », plus qu’un nom, presque un mantra poétique.

Petit florilège pour mieux situer cette Élodie Cordou : elle a « toujours eu pour premier soucis de ne rien laisser au hasard » (page 12), « le don d’être toujours là  où on ne l’attend pas » (page 22), « simplement faussé compagnie à tous les faiseurs » (page 45).

Sans compter tout ce qu’elle n’est pas. Elle « n’est pas un mouton résigné que l’on mène par le licou », « n’est pas folle, comme ces menteurs-nés dont on ne partage pas du tout les fantasmes »…

Le portrait en creux qu’Autin-Grenier nous offre est celui d’une personne en danger. Si Élodie Cordou se garde de  « tous ces gens à digestion lente mais impeccablement réglée dont il ne faut contrarier en rien l’étriquée cervelle », si elle maîtrise l’art de « leur envoyer quelques vérités utiles à la figure, sans méchanceté  aucune mais quand même », elle reste en fâcheuse posture… au point de disparaître ?

Élodie Cordou « a mal tourné », antienne reprise par sa famille « depuis des siècles ». Ses proches veulent plus que tout « assurer la suprématie des coffres-forts sur les versatiles rêveries de son tempérament romanesque et frondeur à la fois », fut-ce au prix de calomnies… voire pire. Folle, Élodie Cordou ? « Pas assez pour s’exposer stupidement à la gourmandise de petits truands trop bien intentionnés ». Folle peut-être, mais « à sa façon ».

Son regret ? « Que ne suis-je né de l’union d’un jardinier inculte  mais heureusement doué et d’une marchande des quatre-saisons ».

Les peintures de Ronan Barrot dialoguent avec les phrases d’Autin-Grenier pour donner naissance à ce qu’il faut bien appeler un « déjà classique ».

F.Houdaer

 

« Élodie Cordou, la disparition »

de Pierre Autin-Grenier

avec des peintures de Ronan Barrot

Les éditions du Chemin de Fer

70 p., 14 €

ISBN 978 2 916130 27 9 

05/01/2018

(Double) Hommage

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Paul Otchakovsky-Laurens

 

Pascal

 

19/12/2017

Crowley

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J’ai bien fait de me remettre à l’anglais ces derniers mois. Je puis à présent commander des livres indispensables et non traduits. À commencer par cette énorme biographie (considérée par beaucoup comme LA biographie) d’Alesteir Crowley, remarquable de précisions et sans complaisance.

" In the tradition of Byron, Swinburne and Tennyson, he left the university without a degree and pursued his own star. "

Cela fait quelques temps que je m’y aventure (mon dictionnaire Harrap’s reste à portée de main et n’est pas plus épais que la bio en question). J’apprends énormément de choses au fil des pages, bien que j’ai lu tous les bouquins écrits en français sur le dos sur le compte de Crowley. Pour le teasing, vous pouvez toujours survoler la fiche wikipedia de celui qui a canonisé Gauguin en faisant du peintre un saint de l’Eglise Gnostique, de celui dont la fortune atteignait la somme de 600 euros à l'heure de sa mort. Et ?

My poetic instincts, further, transformed the most sordid liaisons into romance... I found, moreover, that any sort of satisfaction acted as a powerful stimulus. Every adventure was the direct cause of my writing poetry.

And ? Quoi de neuf du côté de celui qui, aux yeux de Chesterton, « a toujours été un bon poète » ?

It’s much too hot, my prostitute,

to cradle, God knows

But I like to keep the edge of your foot

All night between my toes.” 

crowley,alesteir crowley,perdurabo,richard kaczynski

 

 

28/11/2017

Des munitions ?

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Sûrement (même si on ne trouve pas toutes les sortes de cartouches à la bibliothèque municipale).