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24/03/2026

And the winner is...

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Pas le meilleur film vu ces douze derniers mois mais celui qui m'a donné le plus de plaisir à découvrir en salle.
Malgré un record de nominations, les Oscars ne l'ont récompensé que pour... ce qui m'apparait être les deux points faibles du film : son scénario (généreux, mais mal fichu par endroit, ex : la première apparition des vampires qui tombe comme un cheveu sur la soupe, on s'emmêle les fils narratifs... j'écris ça en croyant complètement en l'hybridation des genres littéraires et cinématographiques) et son acteur principal (O.K., il joue le rôle de deux jumeaux, mais il est bien en-deçà de la plupart des rôles secondaires).
Autrement, l'oscar du meilleur film étranger pour Valeur sentimentale... Je veux bien que le film soit "un modèle de finesse" (un ami dixit)... Le problème, c'est que j'en avais deviné la fin (et quasi tout le déroulement narratif) au bout de vingt minutes. J'ai tenu grâce aux acteurs exceptionnels.

 

23/03/2026

Lendemain d'élections

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La Matrice, la véritable Matrice ? Loin de K.Dick et des Wachowski... Nous vivons dans un film de Jean-Pierre Mocky (et de Frédéric Dard). Et ce, depuis des décennies. Et la plupart des partis politiques font tout pour nous le faire oublier.
Ne vous trompez pas de pilule rouge.

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18/03/2026

Remise à niveau (english) #200

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16/03/2026

"Je voulais..."

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Je voulais intituler ce recueil de nouvelles “Liebestod”, mais on me rappela avec gentillesse que peu d’Américains aiment l’opéra, que tout le monde ne peut pas comprendre instantanément ce mot allemand, que peu de gens savent qu’il est tiré de l’acte II de “Tristan et Isolde” de Richard Wagner, et que même si toutes ces conditions étaient réunies… ce ne serait pas une bonne idée d’associer mon livre à l’image d’une grosse dame portant un soutien-gorge en laiton et qui chante à pleins poumons un hymne funèbre indéchiffrable sur le cadavre de son amant. C’est ce que m’ont dit mes conseillers littéraires. Bien sûr, je pense que ce sont des philistins. Mais, à vrai dire, je ne suis pas, moi-même, un si fervent admirateur de Wagner.
Il paraît que Mark Twain a dit : “La musique de Wagner n’est pas si mauvaise qu’on pourrait le croire à l’entendre”, mais je n’ai jamais trouvé d’où venait cette expression. Par contre, je suis tombé récemment sur une lettre que Mark Twain a écrite pendant un voyage en Europe où il assista pour la première fois de sa vie à un opéra wagnérien, et cet extrait montre l’enthousiasme qu’une telle expérience a éveillé en lui :
“Chaque chanteur, accompagné par un orchestre de soixante instruments, y allait de son récit accusateur, et, après un bon bout de temps, juste au moment où on espérait qu’ils finiraient peut-être par s’entendre et feraient moins de bruit, un grand choeur composé uniquement de fous se déchaînait soudain, et pendant deux minutes, parfois trois, je revivais tout ce que j’avais souffert la fois où l’orphelinat avait été réduit en cendres.”
J’ai alors envisagé d’intituler ce recueil “L’incendie de l’orphelinat”, mais en dépit de la ravissante sonorité de cette phrase, mes conseillers littéraires l’ont de nouveau emporté sur moi.
Alors, ce sera : “L’Amour, la Mort”.
 
Dan Simmons, extrait de l'avant-propos de L'Amour, la Mort
 

15/03/2026

"Sans..."

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Sans l'anarchie des lectures, il n'est pas d'écrivain.

Elias Canetti
(photo : Harry Gruyaert)
 

13/03/2026

"non conforme"

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Une nouvelle inédite (et gratuite et courte et atroce) signée par Judith Wiart et moi-même, à lire ICI dans le cinquième numéro de la revue en ligne non conforme.
Un grand merci à Christophe Siébert, le grand organi-conspirateur !

 

12/03/2026

"L'histoire..."

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L'histoire, dit Stephen, est un cauchemar dont j'essaie de me réveiller. 

James Joyce, Ulysse

 

06/03/2026

"La foire des ténèbres"

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Jim regardait toujours le monde et ne savait pas détourner les yeux. Et quand on ne détourne jamais les yeux, à treize ans on a accumulé vingt ans de visions du monde.
Will Halloway, depuis sa plus tendre enfance, il regardait au-delà, au-dessus, par-dessus ou de côté. A treize ans, il n'avait donc que six ans d'observations.

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Dans la prairie, les tentes et la fête foraine attendaient. Elles attendaient quelqu'un, n'importe qui, pourvu qu'il se risque dans le ressac herbeux pour aller vers elles. Les grandes tentes se gonflaient comme des soufflets de forge. Doucement, elles exhalaient un air chargé du remugle de fauves jaunes appartenant à des espèces disparues...

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On n'a jamais vu de garçons qui montent les marches du perron, pour sonner à la porte et venir chercher un ami. Ils préfèrent lancer une poignée de boue contre les murs en bois, ou des pommes de pin sur les toits, ou laisser des notes rédigées en termes mystérieux, accrochés à des cerfs-volants abandonnés sur le rebord d'une fenêtre de grenier.
Jim et Will ne faisaient pas exception à la règle.
Tard dans la nuit, quand il y avait à franchir des pierres tombales à saute-mouton, ou des chats crevés à faire glisser dans la cheminée de voisins grincheux, l'un ou l'autre sortait dans le clair de lune et dansait comme sur un xylophone sur le vieux caillebotis aux planches sonores.
Au long des années, ils avaient fini par accorder les planches, abaissant et clouant une planche jusqu'à ce qu'elle donne le la, en relevant une autre jusqu'au fa , pour obtenir un résultat aussi harmonieux que le permettaient les conditions atmosphériques et l'habileté des deux artisans.
L'air esquissé par les pieds indiquait ce que serait l'expédition envisagée pour la nuit.