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13/08/2015

Jean-Pierre Georges # 2

Un été qui ne se confie pas, une inquiétude

qui avoue enfin son nom...

Fenêtre fourbe il échappe

(de justesse) à une tête de loup !

Tous les bouchers sont fermés.

Dès qu'il le peut il compare ses genoux

Très rares incursions dans le tragique, peu de drames

On le reconnaît il avance masqué

et toujours tenant en laisse le désir

imprévisible.

 

Jean-Pierre Georges ("Où être bien", éd. Le Dé Bleu)

 

10/08/2015

Jean-Pierre Georges # 1


Petite féérie matinale, neige partout


je décline toute responsabilité, je ne suis


 


qu’un front sur un carreau.


La mobylette zézayante du facteur


 


porte en elle-même un message destiné


aux seules vieilles dames


 


et aux poètes !


(mais ce serait un hasard si grand…)


 


Le cerisier, la table de jardin restent stoïques


sous tant de blanc


 


quand on songe au peu de poids d’une pensée


on en est consterné.


 


« OÛ ÊTRE BIEN » de Jean-Pierre Georges, éd. « Le dé bleu »

 

08/08/2015

RIEN D’IMPORTANT

Je ne désire pas être profond

je voudrais simplement écrire des idioties

 

pour les dire en public

 

 

 

J’écris pour les têtes en l’air

 

dont la cervelle

 

est restée accrochée à un portemanteau

 

avec ou sans la casquette

 

 

 

Rien n’est plus agréable

 

que de dire ses poèmes à de simples gens

 

 

 

tels que vous mes amis

 

sans exigence d’aucune sorte

 

 

 

Vous êtes gentils

 

 

 

Je ne voudrais ennuyer personne

 

 

 

Vous trouverez ci-joint

 

un trou

 

un simple trou

 

 

 

Avec une petite lumière

 

 

 

Il n’y a rien d’autre. 

 

 

 

Alfonso Jimenez, « On ignore l’heure du train », éd. Gros Textes

 

02/08/2015

"Lus par personne"

" Les plus grands poètes ne sont lus par personne. Ils ne servent qu’à « fournir » des titres merveilleux à des romans. En vitrine de la Maison de la Presse de Chinon aujourd’hui : L’espoir d’aimer en chemin de… peu importe. "

Jean-Pierre Georges, "L’éphémère dure toujours", éd. Tarabuste

 

17/07/2015

Le roi Desbiens

Patrice Desbiens... Sans doute l'une de mes rencontres les plus marquantes à Montréal, lors de la résidence d'auteur que j'y ai effectuée il y a dix ans.

Ses livres sont difficilement trouvables en France. Cela vaut la peine de se battre pour vous les procurer.

Cet enregistrement date de l'année dernière :

 

13/07/2015

" L'Amour est un chien de l'enfer "

charles bukowski,bukowski,l'amour est un chien de l'enfer

 

Trop grand
trop petit

trop gros
trop maigre
ou rien du tout.

Rire ou
larmes

haineux
amoureux

des inconnus avec des gueules
passées
à la limaille de plomb

des soudards qui parcourent
des rues en ruines

qui agitent des bouteilles
et qui, baïonnette au canon, violent
des vierges

ou un vieux type dans une pièce misérable
avec une photographie de M. Monroe.

Il y a dans ce monde une solitude si grande
que vous pouvez la prendre
à bras le corps.

Des gens claqués
mutilés
aussi bien par l’amour que par son manque.

des gens qui justement ne s’aiment
pas les uns les autres
les uns sur les autres.

Les riches n’aiment pas les riches
les pauvres n’aiment pas les pauvres.

nous crevons tous de peur.

Notre système éducatif nous enseigne
que nous pouvons tous être
de gros cons de gagneurs.

mais il ne nous apprend rien
sur les caniveaux
ou les suicides.

Ou la panique d’un individu
souffrant chez lui
seul

insensible
coupé de tout
avec plus personne pour lui parler

et qui prend soin d’une plante.

Les gens ne s’aiment pas les uns les autres.
Les gens ne s’aiment pas les uns les autres.
Les gens ne s’aiment pas les uns les autres.

Et je suppose que ça ne changera jamais
mais à la vérité je ne leur ai pas demandé

des fois j’y
songe.

Le blé lèvera
un nuage chassera l’autre
et le tueur égorgera l’enfant
comme s’il mordait dans un ice-cream.

Trop grand
trop petit

trop gros
trop maigre
ou rien du tout.

Davantage de haine que d’amour.

les gens ne s’aiment pas les uns les autres.
peut-être que, s’ils s’aimaient,
notre fin ne serait pas si triste ?

Entre-temps je préfère regarder les jeunes
filles en fleurs
fleurs de chance.

Il doit y avoir une solution.

sûrement il doit y avoir une solution à
laquelle nous n’avons pas encore songé.

Pourquoi ai-je un cerveau ?

il pleure
il exige
il demande s’il y a une chance.

Il ne veut pas s’entendre dire :
“non.”

 

Charles Bukowski (in "L'Amour est un chien de l'enfer", trad. de Gérard Guégan)

02/07/2015

Ciao, Miss...

 

Hélène Monette

 

01/06/2015

Les Ch'tis ont de la chance

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31/05/2015

Le film du dimanche soir # 3

Un certain rapport à la poésie...

 

 

... et au reste.

(Jack Hirschman au Cabaret Poétique)