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03/01/2012

"... décidé à écrire net, à boire frais et à se tenir gaillard."

 

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« Je relis Paul-Jean Toulet. « Les Contrerimes », au hasard et souvent, autrement et encore. (…) A l’âge des aéroplanes et des premiers carnages industriels, l’auteur de « Mon amie Nane » a aimé « L’Art Poétique » de Boileau, le tracé voluptueux des jardins à la française, les taxautos pris sur les Champs-Elysées avec des filles vénéneuses et les paquebots des Messageries maritimes. Par là, il a relevé l’antique tradition de subversion de la laideur établie, décidé à écrire net, à boire frais et à se tenir gaillard. Refusant la poésie prétentieuse et les vers tarabiscotés, il a cultivé un lyrisme simple et mélancolique. « Que tu es loin, mon beau septembre, / Loin comme le Pays, / Quand ses hanches, et le maïs, / Etaient couleur de l’ambre » Classique et fantaisiste, il a réinventé les enjambements, les phrases nominales, les ellipses et les accélérations : « On rit, on se baise, on déjeune… / Le soir tombe : on n’est plus très jeune. »

Las des effusions romantiques, Toulet a congédié les ruines, les gondoles et les parcs ravagés au profit de motifs proches de la vie : la tonnelle fleurie, l’aubergette, la table de bois blanc et les jambons pendus. D’une santé fragile, usé par la vie d’artiste et les abus divers commis avec Curnonsky, Toulet est mort à Guéthary, sur le rivage basque, le 6 septembre 1920. Amateur de règles anciennes, virtuose du vers français, il fut un grand novateur. (…) Merveilles formelles, les contrerimes sont formées de quatrains alternés de huit et six pieds dont les vers s’embrassent, faisant rimer entre eux des mètres différents. « Trottoir de l’Elysé’-Palace / Dans la nuit en velours / Où nos cœurs nous semblaient si lourds / Et notre chair si lasse. » On note l’élision du e muet, qui marque la rigueur de l’auteur des Contrerimes. Mais il y a aussi de la liberté dans ses vers, ainsi que le rappelle Jean-Luc Steinmetz. « Contemporain d’un Apollinaire dont le livre Alcools comporte une pareille observance de l’ancienne prosodie (à égalité avec les audaces du vers libre), Toulet occupe cette marge étroite où la tradition s’autorise maintes transgressions, guère visibles toutefois pour les yeux peu exercés. »

C’est ainsi que Paul-Jean est grand »

Sébastien Lapaque, « Au hasard et souvent », éd. Actes Sud

17/09/2011

Élégie

Il a plu des saumons

le jour où sa mère a été enterrée.

 

Les saumons sont tombés dans l’herbe

au milieu des pierres tombales

 

et se sont efforcés de respirer.

Ils voulaient survivre.

 

Elle en a pris autant qu’elle pouvait

dans ses bras, dans ses poches

 

et a couru vers la rivière

qui coulait à travers le cimetière.

 

Les saumons agonisaient.

La rivière était morte.

 

Elle a plongé dans l’eau.

Elle avait besoin des saumons pour nager.

 

Sherman Alexie, in "RED BLUES" (trad. Michel Lederer)

 

versailles2[1].jpg

Au début de l’été, j’ai emprunté à la bibliothèque un (gros) recueil de poèmes de cet auteur amérindien (je gardais un bon souvenir de la lecture de son premier roman voilà quelques années).

Il ne m’a pas fallu beaucoup de pages pour me convaincre que j’avais affaire à un véritable poète.

Amateurs de Yakarisme facile s’abstenir (l’auteur reconnaît très vite ne même pas savoir monter à cheval !).

L'image ? Je ne sais plus où je l'ai chipée. Sûrement ici.

29/09/2010

Réponses au questionnaire...

... de Béatrice Brérot qu'elle a envoyé sans doute à une flopée de poètes.

Ca m'a pris au moins dix minutes pour remplir les blancs.

 

-          Quand vous-étiez enfant, rêviez-vous d’être poète, pilote d’avion, facteur, aventurière… ?

 

Jules Verne + Walt Disney. Jules Verne capable d’écrire cinquante pages sur l’affrontement entre deux dirigeables surarmés. Disney dans ce qu’il avait de plus douteux. L’entrepreneur. Le patron. Celui qui a fait briser quelques grèves dans ses studios J

 

 

-          Quel est votre état d’esprit, votre trait de caractère dominant ?

 

Un, deux, trois… soleil ! (rien à voir avec la météo)

 

 

-          Quelle musique écoutez-vous ?

 

Peu de chanson française. A quelques (remarquables) exceptions près. Et puis des gens qui font des choses avec des guitares, des pianos et des micros… des choses dont je serais parfaitement incapable. Dans des langues que je ne maîtrise pas.

 

 

-          Quels livres avez-vous dans votre bibliothèque ?

 

Beaucoup. Moins qu’avant. Plus l’intention de me laisser envahir. J’ai une carte de bibliothèque, sais m’en servir (je connais même des bibliothécaires, je les connais PERSONNELLEMENT, ce qui me permet parfois d’exploser mon quota de bouquins empruntés).

 

 

- Avez-vous un autre métier ?

 

Même pas. La poésie nourrit son homme.

 

 

- Parmi vos 5 sens, lequel est le plus développé ?

 

La télépathie.

 

 

- Avez-vous un sixième sens ?

 

Je n’en ai que trois.

 

 

- Aimez-vous voyager ?

 

Où ai-je rangé ma citation assassine de Beckett sur le voyage ?

 

 

- Pensez-vous, en tant qu’écrivain avoir une responsabilité politique ?

 

On essaye, pour voir ?

 

 

- Quel événement dans l’histoire de l’humanité vous a le plus marqué ?

 

Mon redoublement, en seconde.

 

 

- Quelle rencontre(s) marquante(s) avez-vous faites ?

 

A.D & D.M.

Les auteurs que je relis.

 

 

- Avez-vous, un lieu, une heure, un rituel pour écrire ?

 

En ce qui concerne le rituel, je ne sacrifie que des poulets fumés.

 

 

- Ecrivez-vous au stylo ou au clavier ?

Je laisse le premier fuir sur le second.

 

 

- Quels sont les auteurs, poètes, philosophes, cinéastes… dont vous vous sentez proche ?

 

Disons qu’on se (re)connaît tout de suite.

 

 

- Pensez-vous appartenir à une mouvance poétique ? Si oui, laquelle, si non pourquoi ?

 

Je suis l’enfant naturel qu’a eu Michaux avec Brautigan, mais je ne peux pas le prouver, me manquent des preuves, les tests A.D.N, etc.

Plus sérieusement, j’attends la fin de la Belgique pour me dire définitivement « poète belge » (de vagues origines de ce côté-là).

En tout cas, aussi peu français qu’un Corbière.

 

 -  Comment décririez-vous votre rapport aux mots, à la langue ?

Aïkido.

 

 

- Pour qui écrivez-vous ?

 

Pour quelques-un(e)s. Certain(e)s qui ont beaucoup lu de la poésie. D’autres qui n’en ont jamais lu.

 

 

-          Prenez-vous du plaisir à écrire ?

 

Qu’est-ce que vous croyez ? J’ai des nègres, à l’instar des plus grandes vedettes du foot et du show-biz.

 

 

- Si la poésie devait avoir une forme (ou des formes), laquelle serait-elle pour vous ?

 

Quelque chose en rapport avec la main.

 

 

- Qu'aimeriez-vous que le lecteur retienne de votre poésie ?

 

C’est ça. Un « C’est ça » qui serait une ouverture, un point de départ. Une redécouverte dynamique. Rien d’un constat fermé.

 

 

-          Quand vous-êtes vous vraiment senti écrivain, poète ?

 

A l’instant « T ».

godzilla.jpg

 

22/06/2010

Mardi, c'est après dimanche...

Après le franc succès du premier Cabaret poétique il y a deux jours, j'ai la joie de vous confirmer sa reprise à compter de septembre, et ce sur une fréquence mensuelle !

Un grand merci aux filles et aux gars (Françoise, Dimitri, Pauline, Prune, Philippe, Leïla, Lionel, Martin) qui m'ont fait confiance pour cette première édition.

A ces sept personnes, j'offre cette perle Bukowskienne : 

27/05/2010

Une lettre inédite de Charles Bukowski

Voici une lettre que Charles Bukowski envoyait par retour de courrier à ses jeunes correspondants. Elle fut publiée sous forme de tiré-à-part par Black Sparrow Press (Santa Barbara) pour annoncer la parution de War all the time/poems 81-84. Sa traduction française est inédite et est l’œuvre de Daniel Labedan.

 

Talking to my mailbox


Petit, ne viens pas me dire que tu n'y arrives pas, qu'ils t'envoient te faire voir complètement, qu'ils conspirent contre toi, que tout ce que tu veux c'est une chance mais qu'ils ne veulent pas te la donner.
Petit, le problème c'est que tu ne fais pas ce que tu veux faire, ou si tu fais ce que tu veux faire, simplement tu ne le fais pas bien.
Petit, je suis d'accord : il n'y a pas beaucoup d'ouvertures, et il y en a quelques-uns au sommet qui ne font pas beaucoup mieux que toi mais tu perds ton temps et ton énergie à réclamer et à racoler.
Petit, je n'ai pas de conseil à te donner, je suggère simplement que plutôt que m'envoyer tes poèmes avec tes lettres de réclamation tu devrais entrer dans l'arène -envoyer ton travail aux directeurs littéraires et aux éditeurs, ça te redresserait un peu la colonne vertébrale et te rendrait plus mobile.
Petit, je veux te remercier pour l'éloge de certaines de mes oeuvres publiées mais ça n'a rien à voir avec quoi que ce soit et ne sera foutrement d'aucune aide, il faut simplement que tu apprennes à renverser ce putain d'état de fait.
Ceci est une lettre-type que j'envoie presque à tout le monde, mais je voudrais que tu prennes ça pour toi, mec.

30/03/2010

Quelques découvertes...

a) je ne savais pas que j'étais marathonien, mais je dois me rendre à l'évidence après que mon toubib m'ait diagnostiqué une "fracture de fatigue" (sic et re-sic !) au pied gauche.

b) je découvre avec retard que l'une de mes nouvelles noires a été publiée dans le dernier numéro de Mag2lyon (celui de mars, avec plein de cocaïne en couverture:)

c) autrement ? Pour le plaisir :


poeme d'amour etc n°12 par armand le poete
envoyé par Armandlepoete. - Films courts et animations.

25/03/2008

Bande d'idiots

« On ne sait rien jusqu’à présent de ce qu’est au vrai la poésie, une expression, une connaissance ou simplement un jeu de mots. Mais le peu que l’on sache, et ceci empiriquement, du poète, même du plus inspiré, du plus inspiré surtout, c’est qu’il semble devoir être un peu bête, assez bête pour faire en sorte que sa raison brille par son absence devant la création, et que cette bêtise est une condition sine qua non, de son rendement.

Pouchkine fut un des premiers à faire cette observation paradoxale : « que Dieu me pardonne, écrivait-il, mais la poésie doit être toujours un peu bête. » Au sujet de William Blake, Chesterton écrivit de même : « Ce fut un idiot inspiré ; idiot parce qu’inspiré ! » Byron lui-même ; grand poète tout comme Pouchkine, affirmait que Wordsworth n’était qu’un « idiot dans sa gloire » ; Hugo trouvait que Barbey d’Aurevilly était un « formidable imbécile » et Leconte de Lisle que Hugo était bête comme l’Himalaya ! Ajoutons, si vous voulez, ce que Sophocle disait d’Eschyle : « Ce que celui-ci faisait était très bien, bien qu’il le fit inconsciemment ».

Benjamin Fondane, « Rimbaud le voyou » (1936)

13/09/2007

Jean Marc Flahaut

Accompagnant le dernier numéro de la revue "MICROBE", un MI(ni)CROBE, une sorte de hors-série, consacré au jeune poète Jean Marc Flahaut. Un petit recueil intitulé "Nouvelles du front de la fièvre", consacré à Brautigan. Une merveille. Moi qui suis en train de travailler de nouveaux textes autour de Baudelaire, je suis resté admiratif devant ces poèmes habités par Brautigan sans que cela ne ressemble trop à un exercice de style "à la manière de".

Jean Marc Flahaut a un site.

extraits :

Lonely California

le studio
se situe de l'autre côté
aux environs du 2095
exactement à trois blocs de l'Université
et à moins de six
de l'entrée du parc
juste deux blocs plus loin que l'hôpital
et ses stores sont baissés

à l'intérieur
une fille et un garçon
nerveux et sur le point d'enlever tous leurs
vêtements pour faire l'amour

c'est lundi pour la plupart
des gens
partout et dans le monde entier
mais rien n'est fait
tout peut encore changer

  

Radio Shambala

elle pénètre
dans le Royaume d’Agharta
par la porte de derrière
vêtue d’un simple
tee-shirt d’un jogging en soie et
d’une paire de sandales
elle parle du brouillard
ce matin sur le pont
du bruit que font les bagnoles
dans la rue
et du concert d’hier soir
elle est jeune
et encore très belle
elle ignore jusqu’à quel point
avec ou sans moustache quel âge
ça me fait
obligé d’en passer par là
avec une princesse pareille

 

S'abonner à 10 # de "Microbe" + 5 mi(ni)crobes ne vous coûtera que... 22 €.

Pour plus d'informations: rvmicrobe@yahoo.fr

 

13/02/2005

Beautiful losers

Leonard Cohen et ses « Perdants Magnifiques ». Quand il écrit le portrait de Catherine Tekakwitha, au milieu des années 60, a-t-il déjà versé dans le bouddhisme zen ? Sans doute pas. Il est amoureux de Nico, il la trouve la plus mystérieuse des reines avec ses réponses énigmatiques, son art de détourner une conversation de la façon la plus imprévisible… avant de s’apercevoir qu’elle est sourde comme un pot.

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