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30/03/2017

PELLETAGE

Un gars pellete
la neige de
sur son toit.

Il s'accote sur
sa pelle
et me voit
qui le voit
de ma fenêtre.

Je lui envoie
la main.

Il pellete
il neige
il pellete
il neige
il
jette sa pelle
du toit.
Il m'envoie
la main.
Il se jette
du toit.

Il fait froid
à Montréal.

 

Patrice Desbiens

(Hennissements
prise de parole
2002)

Pour rappel, Patrice Desbiens était l'un des super-héros que vous pouviez découvrir dans "Angiomes", mon tout premier recueil de poèmes.

patrice desbiens,montréal

 

 

30/01/2017

Laurent Bouisset

Auteur. Traducteur. Il était plus que temps que je le rajoute à ma colonne de liens (à gauche de cet écran).

Son C.V.

Sa façon de régler son compte au CIPM

Son parcours de traducteur

Son site.

Son passage au dernier Cabaret Poétique :

 

 

11/01/2017

Jacques Josse

Son site...

 

27/10/2016

La poésie, aux chiottes !

Comme promis, une vidéo chaque jeudi.

  

19/10/2016

Bob Dylan, Prix Nobel de Littérature 2016 ?

"... une camaraderie en plein essor..."

 

14/10/2016

Rolling Thunder

Quand un type arrive à faire rimer « kelp » (varech) avec « help » (aider) et à vous mettre au bord des larmes, c’est de la poésie.

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Dylan s’est fait tout seul. Il s’est fabriqué, de bout en bout. À partir de ce qu’il a trouvé autour de lui, et en lui. Dylan est une invention de son propre cerveau. La question n’est pas de le percevoir, mais de le recevoir. Puisqu’il vous atteint au plus profond, de toute manière, pourquoi ne pas l’accepter ? Il n’est pas le premier à s’être inventé, certes non, mais il est le premier à avoir inventé Dylan. Personne ne l’a fait avant lui ni ne le fera après.

12435.JPG

Un jour, Gregory Corso m’a dit que la poésie était une « sonde magique » : « Un poète se la prend jusqu’au bout. Le truc en entier ! » Si la poésie a le même pouvoir que la musique, celui de transformer les émotions, alors elle doit forcément être découverte à tâtons, dans la pénombre. Elle se découvre elle-même, elle se laisse découvrir par la révélation du poète. En aidant les autres, Dylan est aidé, lui aussi.C’est une camaraderie en plein essor. 

« Rolling Thunder » de Sam Shepard (trad. de Bernard Cohen), éd. Naïve

 

12/10/2016

Supplique à une jeune passante



fille en short, qui ronges tes ongles en tortillant du cul,
les garçons te regardent -
tu as plus d'importance, semble-t-il,
que Gauguin ou Brahma ou Balzac,
plus, en tous cas, que les crânes qui nagent à nos pieds,
ta démarche hautaine brise la Tour Eiffel,
fait tourner la tête des vieux vendeurs de journaux à la sexualité
éteinte depuis longtemps ;
tes bêtises réfrénées, ta danse de l'idiote,
tes grimaces délicieuses - ne lave jamais tes sous-vêtements
sales, ne chasse jamais tes actes d'amour
à travers les allées résidentielles -
ne nous gâche pas ça
en accumulant kilos et fatigue,
en acceptant la télévision et un mari gnangnan ;
n'abandonne jamais ce déhanchement maladroit et inepte
pour arroser la pelouse le samedi -
ne nous renvoie pas à Balzac ou à l'introspection
ou à Paris
ou au vin, ne nous renvoie pas
à l'incubation de nos doutes ou au souvenir
du frétillement de la mort, salope, affole-nous d'amour
et de faim, garde les requins, les requins sanglants
loin du cœur.

Charles Bukowski (in "Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines")

Trad. Thierry Beauchamp 

 

11/10/2016

Lions and monkeys

To Leah, Nursing Me

Big lions often act distressing

To monkeys when they’re convalescing;

But when the Big Lions get quite well

They eat those monkeys all to hell ! 

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Poème & peinture d'Aleister Crowley (né un 11 octobre)

 

06/10/2016

Les poèmes qui ne se nourrissent ni de roses ni d’oiseaux ont une santé à briser le monde

Il y a des poèmes qui ne se nourrissent ni de roses ni d'oiseaux, qui ne boivent pas la rosée des fleurs, qui ne se penchent pas sur la source, qui n’aiment pas les jeunes filles à l’instant du bourgeon.

Ils ont un visage dur et une odeur d’hiver qui dédaignerait la neige.

Ils parlent de chevaux, de labours, d’humbles herbes, d’enfants sans jouets.

...

L’amour y semble caché mais apparaît soudain aux trous de l’étoffe avec son insolent éclat de toujours.

Ils sont avides comme des rustres. Ils ont de grosses mains. Leur rire est triste. Ils grelottent. Ils ont faim. Ils donnent à manger. Le sang coule d’eux, frais, rouge et vite noir, luisant comme un long regard échappé.

Les poèmes qui ne se nourrissent ni de roses ni d’oiseaux ont une santé à briser le monde.

Il leur arrive de montrer vraiment l’intérieur du corps qui est rouge et l’intérieur de l’âme qui est noir et vide.

 

Alain Borne