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16/09/2005

2005

c’est l’année du coq

 

je n’y peux rien

 

c’est mon année

 

qu’on se le dise

 

qu’on le colporte

 

jusqu’à ce que l’information me revienne

 

aux oreilles

28/05/2005

Samedi 28 mai

magie pas perdue pour tout le monde

vengeance encore tiède

train qui arrive à l’heure

pour l’homme sans montre

mais qui l’emmène

dans la mauvaise direction

j’écris cela

est-ce que je prétends

connaître

la bonne direction

pour qui que ce soit ?

22:30 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

27/05/2005

Vendredi 27 mai

mon éditeur mange du chorizo

mon éditeur est aussi un poète

comme moi

il fait avec son corps

avec sa voix

comme moi

il lui arrive de bien se débrouiller

comme moi

il s’en sort parfois d’extrême justesse

je nous souhaite de faire

de vieux os

lui

continue de frayer avec

les fantômes des « morts trop jeunes »

qu’il les chasse 

ou qu’il relise plus attentivement

les manuels

Lautréamont n’est pas mort à 27 ans

mais à 77

Rimbaud n’est pas mort à 37 ans

mais à 70

et tous deux étaient chinois

pour ne prendre que leur exemple

je crois avoir convaincu mon éditeur

quand je le vois brûler ses papiers

d’identité

jeter sa montre

son portable

tout ce qui l’obligeait à porter

le fardeau de l’heure

le mensonge des dates

mon éditeur va faire de vieux os

moi aussi

14/05/2005

FRANCK EINSTEIN

on raconte quantité de choses

sur le compte du fils Einstein

on dit qu’il est devenu fou

qu’il n’a pas supporté d’être le rejeton

d’un génie qui savait tirer

une langue de berger allemand

on exagère

Franck

je l’ai rencontré

son épaule droite était un Lego rouge

d’une belle dimension

sa tête ressemblait à

celle d’un Big Jim décapité

après qu’on lui ait fait jouer

le rôle de Louis XVI

un magnifique contre-emploi

sur sa tête

trônait le scalp renversé d’un Playmobil

comme une petite couronne

le fils Einstein était d’un commerce

agréable

mais sans plus

il était aussi

partiellement articulé

sans vouloir me montrer méchant

je dois bien reconnaître

qu’il n’avait pas inventé

le fil à couper le beurre

 

on raconte quantité de choses

sur le compte des fils de Gandhi

et caetera

12/05/2005

SOIRÉE TÉLÉ (« Le loup-garou de Paris »)

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j’écris ces phrases

pendant que mes amis rigolent grassement

devant la télé où

Julie Delpy se transforme en loup-garou

c’est bien dommage

ce joli corps qui se couvre de poils

les ongles qui s’allongent à vue d’œil

ne me dérangent pas

mais les poils qui émergent

de cette poitrine si gracieuse

comme si elle était transpercée

de fils de fer

non vraiment

cela me donne plus envie

de pleurer que de rire

je me contiens

je suis un homme qui passe la soirée

au milieu d’autres hommes

l’un d’eux cherche à me rassurer

Julie Delpy a trouvé là

un vrai rôle de composition

me dit-il

personnellement

j’aurais préféré la voir

dans la peau de Mata-Hari

plutôt que dans celle d’un loup-garou

 

le film de ce soir est censé se dérouler

à Paris

à voir la façon dont l’on nous cache

la nudité de l’actrice

il est américain

 

Julie exceptée

c’est mon poème

j’ai le droit de l’appeler Julie

Julie exceptée disais-je

il n’y a pas un acteur pour sauver l’autre

dans ce film

et ceux qui les doublent en français

ne sont guère meilleurs

aussi

je donne raison à Julie de se transformer

en monstre pour

bouffer tout ce petit monde parisien

j’ai fait plusieurs salons du livre

porte de Versailles

et des loups-garous

j’en ai croisé quelques uns

mais mon témoignage

n’est pas pour intéresser mes amis

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06/05/2005

POÈME POLITIQUE

le peuple

j’y reviens

du verbe “ reviendre ”

le peuple

j’en viens

le peuple

j’en suis revenu

les élites maintenant

pourquoi sont-elles au pluriel celles-là ?

 

le peuple

les élites

je fous tout ça dans le même sac

s’il vous plaît Madame

où puis-je trouver

le fleuve le plus près ?

oui

c’est pour ce sac

il me faut un fleuve très profond

avec un courant très violent

pensez à mon dos Madame

aidez-moi à le soulager de son fardeau

tenez

si vous pouviez me donner

la direction du Saint-Laurent

voilà un fleuve de belle taille

qui ferait mon affaire

mais si vous n’avez que le Rhône

à m’indiquer

va pour le Rhône

il en a charrié bien d'autres

 

18/04/2005

LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ANIMAUX

le chat va-t-il mourir ?

dans la famille

on le craint

on l’espère

on a besoin de se sentir soulagé

on ignore ce qu’il a attrapé

ou ce qui lui manque

il fait peine à voir

avec son arrière-train bloqué

on parle de guérir l’animal

de le soulager

d’une façon ou d’une autre

quelqu’un

-moi-

commence même à chercher un terrain

où l’on pourrait l’enterrer

 

un lundi

c’est le miracle

l’animal se porte comme un charme

s’il ne bouge plus

c’est parce qu’il fixe une proie

derrière la vitre

 

sur une branche

en contre-jour

un oiseau se recroqueville

et se transforme en un énorme bourgeon

quand il explose

il disparaît purement et simplement

et ne laisse derrière lui que le fruit invisible

de son envol

06:45 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chat, poésie