21/07/2007
Fantaisie urbaine (2)
SAINT-PAUL & JOSEPH
Vous souvenez-vous du feuilleton « Mickey à travers les siècles » ? A la fin de chaque épisode, notre brave souris prenait un coup derrière ses deux grandes oreilles, se faisait assommer pour se réveiller… à une autre époque.
La première impression lors d’une visite à la Prison Saint-Paul est du même ordre. D’abord, le coup d’assommoir. Ensuite, les vieilles pierres, l’espèce de donjon dans la cour d’entrée, le moyen-âge carcéral. On se surprend à constater que les surveillants ne portent pas d’armure.
Une nouvelle louche d’histoire : Saint-Paul et Saint-Joseph, deux prisons sises en lieu et place du Palais Impérial que Napoléon voulait faire construire (projet qu’il ne put concrétiser en raison d’une excursion moscovite à entreprendre).
On l’ignore également, mais le tunnel sous la Manche a été creusé à Lyon il y a plusieurs dizaines d’années. Il relie les deux prisons mentionnées plus haut. Le personnel pénitentiaire l’emprunte tous les jours, évitant les flaques d’eau et tout ce qui peut suinter du mur et des plafonds, de la ville et de la société. Marcher dedans ne porte pas bonheur.
Aujourd’hui, la prison Saint-Paul est en sursis. Comme les gars qui croupissent dans son ventre, qu’elle n’en finit pas de digérer comme s’il s’agissait de grattons.
Demain, Saint-Paul sera devenue une musée-prison à l’instar de celles qui existent au Canada. On y organisera des visites pour les scolaires, pour les seniors… On louera ses murs pour des tournages de films historiques, des navets coûteux du style « La revanche du Masque de fer contre le fils de Monte-Christo » avec l’aide de Rhône-Alpes Cinéma et les prestations du petit-fils de Gérard Depardieu ainsi que de la fille de Vanessa paradis. Le premier coup de manivelle sera donné par l’increvable Josée Dayan.
Monseigneur Barbarin aime à rappeler, de sa voix de Daffy Duck possédé, que « aller à Saint-Paul, c’est aller à la Vérité ». Il ne précise pas s’il évoque l’apôtre ou la voisine honteuse du centre de Perrache. Ne doutons pas qu’il s’adresse à quelques notables. Question : ses coups de crosse sont-ils assénés à fin de réveiller ou d’endormir son monde ?
21:40 Publié dans a.2) MES TEXTES, LyonnÈseries | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lyon, prison, saint-paul, saint-joseph, barbarin
15/07/2007
DÉMÉNAGEMENT À LA DUCHÈRE
Karl quitte Samia. Karl est mon ami. C’est lui qui est venu me chercher à ma sortie de taule, six mois plus tôt. Aujourd’hui, il me demande de l’aider à déménager quelques affaires.
- Samia est au courant ?
- C’est elle qui m’a dit de venir chercher mes bouquins. Elle m’a dit qu’elle en avait marre de vivre au milieu de mes machins. Paraît que les gamins en ont marre aussi.
J’ai connu Samia et les gamins. C’est avec eux, avec toute la petite famille de Karl que j’ai fait ma première balade à la campagne, le jour de ma remise en liberté.
- Ils seront là quand on viendra jouer aux déménageurs ?
- Samia et les gamins ? C’est prévu qu’ils partent en week-end. On les croisera pas.
- On a deux jours ?
- On a une demi-journée pour empaqueter des centaines de livres. Pour faire disparaître toute trace de moi. D’autres questions ?
- Ça ira comme ça. Merci, Karl.
- C’est moi qui te remercie.
Je débarque le samedi matin, à 8 heures, au pied de la Tour Panoramique. Je n’arrive pas les mains vides, ma voiture est chargée de cartons. Je tombe sur Samia et les gamins qui finissent de boucler leurs valises.
- Karl n’est pas encore arrivé ? je demande, très gêné.
- Il va arriver. Le temps qu’il s’arrache de chez sa pute. Nous, on va y aller. On va dans ma famille.
Je donne un coup de main en fermant une valise récalcitrante et en retrouvant le chat de la famille qui s’est planqué dans les toilettes, puis leur souhaite bêtement un bon week-end. Je les vois s’engouffrer dans l’ascenseur ultramoderne et spacieux qui m’a monté jusqu’à leur appartement. Samia me regarde droit dans les yeux, au moment où les portes se referment.
Je me retrouve seul dans l’appartement. Une famille y a explosé, et je ne vois pas de sang sur les murs. Sur ces entrefaites, Karl arrive. Je le trouve moins stressé que la veille. Nous ne sommes que deux pourtant. Pourquoi n’a-t-il pas sollicité d’autres amis ?
- Ce que nous allons faire… Moi, je trie mes bouquins. Il y en a certains que je souhaite laisser à Samia…
Pour jouer au grand seigneur ou pour l’emmerder ?
- Ce que tu peux d’ores et déjà faire, c’est mettre tous les livres en allemand directement dans les cartons.
Et les Zweig, Hesse et autres Goethe traduits en français que je trouve, que dois-je en faire ? Dans le doute, je les laisse sur leurs étagères. Je verrai plus tard, quand de nouvelles consignes me seront données.
Je monte quelques cartons supplémentaires et m’épile l’avant-bras gauche à l’aide du scotch de déménageur. Tout en grimaçant, je me souviens des épisodes qui ont jalonné ma sortie de taule, et de leur effroyable banalité. La pochette de plastique contenant quelques effets personnels que l’on m’a rendue. Karl m’attendant à l’extérieur, dans une voiture blanche.
- J’ai oublié de te dire… Ma littérature boche chérie, même traduite en bon français de chez nous, tu la mets directement dans les cartons.
- O.K, Karl.
Je maltraite sans le vouloir un tome de “ La montagne magique ” et repense à cette balade familiale. La femme et les enfants que j’ai croisés tout à l’heure, je les revois courir devant moi, tandis que Karl marchait à mes côtés pour me dire “ C’est bon, maintenant tu peux recommencer à respirer ”.
L’interphone fait des siennes.
- Laisse sonner, me dit Karl, occupé à manier le feutre sur une colonne de cartons.
- Tu es sûr que ce n’est pas de la main d’œuvre supplémentaire ?
- Je pense pas. Je pense que c’est Samia qui vient nous emmerder. Qui vient m’emmerder.
- Elle a les clés. Pourquoi elle sonnerait ?
- Laisse sonner, je t’ai dit.
L’interphone est devenu muet. Nous avons à peine entamé la bibliothèque, et je commence à craindre que nous manquions de cartons.
Après la littérature allemande, il y a la tchèque à sortir des étagères, puis la grecque, puis l’américaine. Avec celle-ci, je retrouve mes repères, tous ces auteurs que Karl m’a conseillés quand j’étais à l’ombre. Je menace Karl pour détendre l’atmosphère :
- Fais gaffe à ce que je ne t’en pique pas.
- Je suis bien placé pour connaître tes goûts. Je sais quels bouquins surveiller.
Perché sur un escabeau, je peux voir la calvitie naissante de Karl ainsi qu’une partie du balcon jouxtant son appartement. Je me rappelle ce taulard qui a planqué le cadavre de sa femme une semaine durant sur son balcon. Mais Samia est bien vivante, nous nous sommes croisés tout à l’heure…
L’interphone sonne à nouveau. Je chute exprès au sol pour me diriger vers lui.
- Laisse !
- … C’est toi qui décroches, Karl ?
- Non, je décroche pas. C’est chez moi, c’est encore chez moi pour quelques heures, et je décroche pas, o.k ?
- Tu tiens à ce que l’on ne soit que deux à se taper toute la besogne ?
- Je compte sur toi, aujourd’hui. Et pas qu’aujourd’hui. J’aurai un autre service à te demander… mais pas maintenant.
Il semble avoir l’intention de me le demander quand les cartons m’auront un peu plus crevé, quand je ne serai plus en état de refuser quoi que ce soit. J’imagine le genre de service que l’on demande à un ami qui a tâté de la taule. Et je sais que je répondrai “ oui ” à Karl, parce qu’on ne refuse pas un coup de main à un mec qui vous a apporté Brautigan, Fante et Hemingway en prison.
21:00 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nouvelle, La Duchère
06/07/2007
Fantaisie urbaine (1)
ICÔNES X-ROUSSIENNES
Au cœur de la Vogue, je discute de l’Islam avec Gnafr’, un ami. Je me dispute avec lui. J’en lâche la peluche Pinkie qui m’encombrait les bras, le Churros qui me pendait des lèvres. J’essaye de me faire entendre, malgré le vacarme des manèges. Je hurle « Je ne veux pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! », puis c’est au tour d’un forain de me hurler qu’il n’est pas sourd.
La pluie commence à tomber. Des housses jaunes apparaissent sur les manèges, semblables à des cirés bretons que les mômes auraient abandonnés sur les chevaux de bois, les motos vrombissantes et les éléphants roses. Une fillette pleure en voyant les gouttes trouer sa barbapapa.
L’histoire ne s’arrête pas là. Mon amitié avec Gnafr’ non plus. Je lui offre une jolie phrase de Cioran (« Connaître, au milieu d’une foire, des sensations dont auraient été jaloux les Pères du désert » ), et nous traversons tout le plateau jusqu’à chez moi. Nous passons rue Bonnet, devant l’immeuble du 26, là où la Vierge est apparue au XIXe siècle.
Aujourd’hui, on y trouve les cabinets d’un orthophoniste et d’une psychomotricienne ainsi qu’un appartement aux fenêtres ouvertes d’où s’échappe du jazz jour et nuit, été comme hiver.
- Tu te rends compte que notre quartier, notre ville a failli devenir un Lourdes bis ! Il s’en est fallu de peu…
Gnafr’ n’a pas la moindre idée du phénomène que j’évoque, même s’il a lu mon polar censé se dérouler à Lourdes.
- Lourdes, en fréquentation annuelle, c’est plus important que Bénarès ou la Mecque. Est-ce que tu te représentes l’ampleur du truc ?
- Et pourquoi le plateau de la Croix-Rousse n’a pas viré Lourdes # 2 ?
- Une décision de l’Église, qui aurait trouvé ça trop lourd à gérer.
- Et pourtant, la Vierge Marie est apparue ici ?
- Bien sûr que oui. Tout ça est historique.
- Je sais ce que tu regrettes… Le plateau transformé en gros méchant Lourdes, ça aurait empêché l’arrivée des bobos, c’est ça ?
- Pas les effets collatéraux qui m’intéressent. J’essaye juste de lui trouver un visage à cette Vierge lyonnaise.
- Et ?
- J’ai trouvé. Christine Pascal. L’actrice. La réalisatrice. Avec son visage de madone croix-roussienne. Elle a passé son adolescence dans le quartier, Gnafr’. Entre le lycée Saint-Ex et Saint-Bruno des Chartreux.
- O.K, elle était canon, c’est pas pour ça que Benoît XVI va la canoniser.
- Qui sait ? On peut toujours se fendre d’une lettre à Barbarin. En s’y mettant à deux…
F.Houdaer (publié dans « Lyon-Capitale # 547 )
08:15 Publié dans a.2) MES TEXTES, LyonnÈseries | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fantaisies urbaines, Croix-Rousse, Lyon, Pascal, Saint-Bruno des Chartreux, Lourdes, Vogue
25/01/2007
VISITE À L’APPARTEMENT
je lui fais faire
le tour du propriétaire
elle me suit
en toute confiance
la mosaïque du solmille et un morceaux
de peaux
je me penchepour lui montrer
ces peaux que j’ai aimé
caresser
lécher
mordre
elle saitqu’ici
on donne ce que l’on veut
elle sait
qu’avec moi
il y a un prix à payer
mais qu’il est libre
cette seule condition
suffirait à donner le vertige
à n’importe qui
elle tombeévanouie
je passe
à l’étape suivante
20:50 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, peau
23/01/2007
ROUSSE
la femme se confie au docteur
elle le fait en anglais
je comprends que tout
ne tourne pas rond
dans sa vie sexuelle
le docteur la trousse aussi sec
l’examine
s’exclame
AMAZING
AMAZING
elle s’étonne
il s’étonne
nous nous étonnons
mes amis et moi
face à l’écran de télé
le doc est formel
déclare à la femme
qu’elle n’a pas de clitoris
elle a beau écarter les jambes
tant et plus
le doc ne revient pas
sur son verdict
il poursuit l’auscultation
de sa patiente
examine sa gorge
bingo
le clitoris est là
caché au fond
de sa gorge
moi
c’est au fond
de mon magnétoscope
que j’ai découvert les années 70
20:45 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, pornographie, gorge profonde, rousse
22/01/2007
Lundi 22 janvier
je la vois
grimper
dans un bus qui ressemble
à un vaisseau spatial
je la vois
faire poinçonner
son A.D.N
je la vois
disparaître
au milieu des passagers qui sont autant
d’extraterrestres
je suis le seul
être
humain
qu’elle connaît
je le lui crie
en vain
j’essaye de l’écrire
sur une vitre du bus
j’ai le bout des doigts gelé
quand l’engin quitte la station
il ne me reste plus qu’à créer une secte
certains ne se sont pas gênés de le faire
avec moitié moins de visions
moitié moins de blessures
21:00 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie
18/01/2007
NE MÊME PAS ÊTRE CERTAIN DE LA CHUTE
balcon lumière
sur le point de se décrocher
il tient à un clin d’œil
qu’elle me lancera
qu’elle ne me lancera pas
peut-être me l’a-t-elle déjà lancé
peut-être l’ai-je raté
je n’ai rien appris
concernant la loi de la pesanteur
ou j’ai tout oublié
je ne vois pas venir
le choc
il me faudrait des yeux
plus que des yeux
pour cela
21:25 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie
06/01/2007
NOUS Y SOMMES
rituel informatique
double-cliquer
sur l’ICÔNE AVEC RACCOURCI
comme une double prosternation
incliner sa flèche
la poser sur la BARRE DES TÂCHES
mon ordinateur fait de plus en plus
de bruit
pas mes livres
21:20 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, informatique
01/01/2007
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (1)
charles baudelaire
est un poète
il a touché une bourse en tant que tel
il est édité
chacun de ses différents recueils possède son code ISBN
on lit ses textes
sur différentes scènes
on en parle
dans de jolies revues
pourtant
il se souvient avoir offert à sa jeanne duval
il n’y a pas si longtemps de cela
à l’occasion de son anniversaire
un aspirateur
d’autres cadeaux entouraient l’engin à enrouleur de prise automatique
des présents plus beaux et moins utiles
mais il a bien offert
un aspirateur
emballé dans du papier-cadeau
à sa muse
qui accabler ?
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (2)
charles baudelaire
veut tourner un documentaire
sur des bestioles nocturnes
qui n’ont jamais connu l’honneur
d’un film animalier
les poissons d’argent qui virgulent chaque soir
sur le sol de ses toilettes
las
charles baudelaire n’a pas le sou
pour acheter une caméra
alors il demande une subvention
comme on la lui refuse
charles baudelaire casse la tête
d’un fonctionnaire de la culture
après
il va en prison
mais c’est déjà un autre épisode
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (3)
charles baudelaire
sent bien que son procès
s’annonce mal
alors
il saute dans un train
se rend sur une grosse montagne
pleine de neige
où il apprend à chausser les skis
sa jeanne duval est là
pour l’applaudir
quand il décroche sa première étoile
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (4)
à une jolie prostituée
charles baudelaire
montre ses initiales
allumées au dessus du distributeur automatique
de billets
façon de lui dire
fais-moi confiance
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (5)
roulant à vive allure
charles baudelaire aperçoit au dessus de l’A.6
un panneau lumineux
« DES HOMMES TRAVAILLENT
SOYEZ VIGILANTS »
il en attrape des frissons
les mains rivées sur son volant
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (6)
charles baudelaire se fait du soucis
sa jeanne duval est entrée dans une secte
celle des généalogistes
elle harcèle les archives municipales
au poète
elle a des photos à montrer
celles de ses ancêtres
tous y sont
tout y est
constate charles baudelaire
les airs de vieille fille revêche
les superbes bacchantes
les beaux uniformes
les longues jupes
tout y est
à l’exception
des chevilles et des poignets
des gorges et des voix
reste sa jeanne duval
avec toutes ses preuves
de quoi ?
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (7)
charles baudelaire
anime des ateliers d’écriture
il demande à des gens qui ont payé pour cela
de décrire leur trousse
en quarante lignes minimum
cela lui laisse le temps
de réviser
le texte de son dernier poème
sobrement intitulé
« Dieu n’est pour rien dans la recrudescence des vols de sacs plastique »
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (8)
devant le distributeur de pailles du Mac’Do
charles baudelaire rencontre zarathoustra
qui lui souffle
les poètes mentent trop
charles baudelaire ne cherche pas à le contredire
il est pressé de ramener son plateau
à sa jeanne duval qui a un appétit de louve
LES PALPITANTES BIEN QUE FORT PEU SEXUELLES AVENTURES DE CHARLES BAUDELAIRE AU XXIème SIECLE (9)
charles baudelaire
relit
ce que l’on a écrit
sur son compte
il y a de quoi
en être accablé
la preuve
sitôt reposées toutes ces inepties
charles baudelaire
reprend du fromage
22:15 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Baudelaire

















