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23/07/2015

Sylvia Plath

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" Je me sentais comme un cheval de course dans un monde dépourvu d'hippodromes. "

 

03/07/2015

" Une certaine école... "

" Une certaine école, dite « sérieuse », a arboré de nos jours ce programme de poésie : sobriété. Il semble que toute la question soit de préserver la littérature des indigestions. Autrefois on disait : fécondité et puissance ; aujourd’hui l’on dit : tisane. Vous voici dans le resplendissant jardin des Muses où s’épanouissent en tumulte et en foule à toutes les branches ces divines éclosions de l’esprit que les grecs appelaient Tropes, partout l’image idée, partout la pensée fleur, partout les fruits, les figures, les pommes d’or, les parfums, les couleurs, les rayons, les strophes, les merveilles, ne touchez à rien, soyez discret. C’est à ne rien cueillir là que se reconnaît le poëte. Soyez de la société de tempérance. Un bon livre de critique est un traité sur les dangers de la boisson. Voulez-vous faire l’Iliade, mettez-vous à la diète. Ah ! tu as beau écarquiller les yeux, vieux Rabelais !

Le lyrisme est capiteux, le beau grise, le grand porte à la tête, l’idéal donne des éblouissements, qui en sort ne sait plus ce qu’il fait ; quand vous avez marché sur les astres, vous êtes capable de refuser une sous-préfecture ; vous n’êtes plus dans votre bon sens, on vous offrirait une place au sénat de Domitien que vous n’en voudriez pas, vous ne rendez plus à César ce qu’on doit à César, vous êtes à ce point d’égarement de ne pas même saluer le seigneur Incitatus, consul et cheval. Voilà où vous en arrivez pour avoir bu dans ce mauvais lieu, l’Empyrée. Vous devenez fier, ambitieux, désintéressé. Sur ce, soyez sobre. Défense de hanter le cabaret du sublime.

La liberté est un libertinage. Se borner est bien, se châtrer est mieux.

Passez votre vie à vous retenir.

Sobriété, décence, respect de l’autorité, toilette irréprochable. Pas de poésie que tirée à quatre épingles. Une savane qui ne se peigne point, un lion qui ne fait pas ses ongles, un torrent pas tamisé, le nombril de la mer qui se laisse voir, la nuée qui se retrousse jusqu’à montrer Aldébaran, c’est choquant. En anglais shocking. […]

Nous aimons mieux pas assez que trop. Point d’exagération. Désormais le rosier sera tenu de compter ses roses. La prairie sera invitée à moins de pâquerettes. Ordre au printemps de se modérer. Les nids tombent dans l’excès. Dites donc, bocages, pas tant de fauvettes, s’il vous plaît. La voie lactée voudra bien numéroter ses étoiles ; il y en a beaucoup.

Modelez-vous sur le grand Cierge Serpentaire du Jardin des Plantes qui ne fleurit que tous les cinquante ans. Voilà une fleur recommandable.

Un vrai critique de l’école sobre, c’est ce concierge d’un jardin qui, à cette question : Avez-vous des rossignols dans vos arbres ? répondait : Ah ! ne m’en parlez pas, pendant tout le mois de mai ces vilaines bêtes ne font que gueuler ".

Victor Hugo, "William Shakespeare".

 

23/04/2014

"Je m'adresse...

... où je vois le chemin le plus battu."

Du Bellay

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12/01/2014

Bien fait !

" La guerre, nous les gosses, on ne s'en souciait pas beaucoup. Je me demandais seulement ce qu'on mettrait dans les journaux quand elle serait terminée.

Mon instituteur a été tué dans les premiers jours du mois d'août. Il se conduisait avec moi comme une brute parce que j'écrivais mal. Il me faisait joindre les doigts et me tapait dessus très fort avec sa règle.

Quand j'ai appris sa mort, je me suis dit : c'est ainsi, tous ceux qui s'en prendront à moi seront maudits."

Guillevic ("Vivre en poésie")

 

 

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02/09/2013

En attendant "FIRE NOTICE" # 5

 

raoul vaneigem,le chevalier la dame le diable et la mort,alchimie

 

" Ne sommes-nous pas les alchimistes malhabiles d'un destin que nous revendiquons pour le mieux avilir ? A chaque heure du jour et de la nuit, j'ai le sentiment que nous sommes là à fabriquer, sans le savoir, le plaqué or de nos infortunes et le plomb de nos amères félicités. Sorciers de nos propres sottises et erreurs, nous agissons avec une telle incurie , une telle ignorance, qu'une incertaine magie opérationnelle se déroule à notre insu, brassant un embrouillamini d'éléments qui se contrecarrent, vent de bricole, et s'ouvrent à contresens.

La LUCIDITE puise si ordinairement ses lumières à la source noire, dont notre enfance a été si indûment abreuvée, que la plupart des mauvais alchimistes d'eux-mêmes, inconscients des enjeux, sacrifiant au processus d'involution, au lieu d'évolution, et opèrent moins dans le sens d'une renaissance possible que d'un déclin inéluctable.

Je ne veux pas briller de ce que je ne suis pas, je veux seulement la lumière de ce que je désire vraiment et de ce que je veux être.

Devenir soi, s'humaniser, c'est mettre l'exubérance de la vie au service de l'harmonisation des désirs. N'est-ce pas le sens d'expressions telles que "chevaucher le tigre" ou "affronter le dragon" ? Ces forces si aisément dévastatrices, sous l'effet de la rage impuissante et de l'autodestruction à laquelle les induit leur prolifération sauvage, condensent une énergie qui déplace les montagnes, creusent un défilé ou simplement révèlent un passage qui me permet d'accéder à ce que j'ai de plus vrai en moi, car j'ai conscience de ma richesse et la volonté d'y atteindre.

L'alchimie est le processus d'évolution qui nous conduit de "la vie sauvage" et désordonnée à la vérité qui est en nous. Elle est la semence qui aspire à fructifier. Le dragon, qui est le souffle vital, est condamné à cracher le feu de la destruction. La poésie n'a pas d'autre but que de le rendre à ses trésors et de l'amadouer afin que, en nous les révèlant, il nous accorde la grâce d'y puiser en les accroissant sans relâche.

Il faut tout recommencer, apprendre que poétiser, c'est transformer la réalité confuse - celle où notre existence est cantonnée - en une réalité où le désir se diffuse.

La vie se propage par correspondances, non par argumentation. Elle est un réseau de communication, une "religio", au sens où rien ne la sépare d'elle-même et où elle relie les êtres.

La conscience d'une vie sans limite émane du corps, elle en est la quintessence, elle préside au processus de transmutation qui entend recréer le monde au gré des désirs qu'affine patiemment l'athanor somatique.

Ainsi, la conscience est, analogiquement, la femme par excellence. Celui qui la pénètre vraiment en est pénétré.

Telle est, en l'exercice quotidien qui la devrait manifester, la grande puissance de Vie. "

 

Raoul Vaneigem   

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

 

" FIRE NOTICE " ???

25/08/2013

En attendant "FIRE NOTICE" # 4

« Il voulait toucher les gens comme un magicien,  pour les transformer ou pour leur faire mal, pour laisser sa marque sur eux, pour les embellir. Il voulait être l’Hypnotiseur qui se garde bien de tomber endormi lui-même. Il voulait embrasser les yeux ouverts. »

Leonard Cohen, « Beauty at Close Quarters ”

 

"FIRE NOTICE" ???

 

21/08/2013

Vrac de vrac # 9

Le week-end du 24-25 août, nous pourrons nous rencontrer à Méaudre, dans le Vercors

Ce ne sera pas le cas le week-end du 31 à Aleph-écritures (où j'étais censé animer un atelier d'écriture) puisqu'après une dizaine d'années de bons et loyaux services...  je rends mon tablier (comme je l'avais déjà précisé à la mi-juillet).

Pour ne pas finir sur une note trop tristoune, cadeau, cet extrait du "Dictionnaire du Diable" d'Ambrose Bierce (qu'aurait-il écrit s'il avait connu Facebook ?):

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15/08/2013

En attendant "FIRE NOTICE" # 3

"Reconnais-tu le Temple au péristyle immense

Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents

Et la grotte fatale aux hôtes imprudents

Où du dragon vaincu dort l'antique semence ?..."


Gégé de N.

 

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 " FIRE NOTICE " ???

14/08/2013

Pour préparer certain(e)s à la rentrée...

 

camus,albert camus

 

« 30 septembre 37.

Je finis toujours par avoir fait le tour d’un être. Il suffit d’y mettre le temps. Il vient toujours un moment où je sens la cassure. Ce qui est intéressant c’est que c’est toujours au moment où, devant une chose, je le sens non-curieux. »

Albert Camus , « Carnets, mai 1935 – février 1942 »