07/06/2021
Henry Miller (parti un 7 juin)
En ce temps-là, je n’osais penser à rien d’autre qu’aux « faits ». Pour aller chercher sous les faits, il m’eût fallu être artiste, et on ne devient pas artiste du jour au lendemain. Il faut d’abord qu’on soit écrabouillé un bon coup, que soient annihilés les éléments de contradiction que l’on porte en soi, que l’on soit entièrement balayé en tant qu’être humain, pour renaître en tant qu’individu ; carbonisé et minéralisé afin de s’élever progressivement en partant du dernier dénominateur commun de soi. Il faut dépasser la pitié si l’on veut que la sensibilité parte des racines mêmes de l’être. On ne fabrique pas un nouveau ciel, une nouvelle terre avec des « faits ». Il n’y a pas de « faits » : il n’y a qu’un fait, qui est que l’homme, n’importe quel homme n’importe où dans le monde, est en voie d’ordination. Certains prennent la route la plus longue, d’autres la plus courte. Tout homme travaille à sa destinée à sa façon et personne ne peut lui venir en aide, si ce n’est par générosité, bonté et patience. Dans mon enthousiasme d’alors, bien des choses m’apparaissaient inexplicables qui éclatent aujourd’hui.
Henry Miller "Tropique du Capricorne"
09:45 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : miller, tropique du capricorne
04/06/2021
Genet dans le texte
07:36 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les balcons, morale, genet
31/05/2021
Aller-retour
À l’école primaire, quand j’avais sept ans, il m’est arrivé un incident étrange. À la suite d’une insolation, j’ai perdu la mémoire. Je suis resté pendant six mois en état de choc, ne me souvenant plus que d’une grande lumière, puis je suis brusquement redevenu normal. Pendant toute cette période, on m’avait mis dans une section spéciale de mon école, réservée aux élèves déficients mentaux. Nous étions huit, et devions porter un uniforme noir, alors que les élèves normaux étaient habillés en blanc.
Quand je me suis comme réveillé, on m’a redonné l’uniforme blanc, et les élèves considérés comme débiles m’ont demandé : “ Mais qu’est-ce que tu fais là, habillé en blanc comme tous ces cons ? ”.
Hugo Pratt (extrait de son autobiographie “ Le désir d’être inutile ”)
06:56 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pratt, le désir d'être inutile, con
25/05/2021
Dirk Raspe # 4
04:45 Publié dans carottages littéraires, pigments & pixels | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : drieu, drieu la rochelle, mémoires de dirk raspe, peinture, peinture flamande, peinture hollandaise
17/05/2021
Sunshine
04:43 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jaccottet, soleil, sunshine, danny boyle
16/04/2021
Météo Blanchard
14:36 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : météo, saison, blanchard, andré blanchard, le dilettante, editions le dilettante
01/03/2021
Jaccottet (ter)
08:18 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jaccottet, desbiens
29/01/2021
Au final...
Au final, on utilise tout. Mais à moins d’écrire votre autobiographie, ça passe par des codes. (…) J’emprunte sans vergogne à la vie de mes amis, au point que ça peut paraître bizarre. Ce sont des amis et ils me racontent leur vie, et une partie de mon cerveau agit comme un vampire qui pompe certains détails pour les recracher plus tard. Je ne peux pas m’en empêcher, je suis auteur. Mais je vais finir par écrire sur moi, je m’en rapproche. (…) En vieillissant, j’ai moins peur de me dévoiler et de passer pour un crétin. Au bout d’un moment, on accepte d’être un crétin quand on fait ce genre de choses.
Alan Moore
06:29 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moore, autobiographie
25/12/2020
Anouilheries #4
- Elle était si folle ce soir-là, elle parlait de tout, se coupant, jouant à être avec moi, tout à tour, chaque amoureuse de la mythologie. Elle me cherchait des airs de taureau, des airs de cygne… Elle m’avait même obligé, moi qui déteste cela, à allumer un énorme cigare, ne voulant plus me voir qu’entouré de fumée, sous prétexte que je ne sais plus quelle déesse avait été aimée par Jupiter, déguisé en nuage ! Tout cela coupé de notes, de bribes d’opéras, de réminiscences de ses rôles. J’ai également été Siegfried et quelques autres héros wagnériens ce soir-là.
- Mais vous êtes bien sûr qu’elle ne vous a pas dit, une seule fois, tout simplement : « Je vous aime » ?
Anouilh, « Léocadia » (illustration : Eduard Thöny)
19:01 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anouilh, thöny, léocadia, théâtre, siegfried, jupiter, cigare
























