01.11.2009

"Un peu de dignité, Monsieur..."

Un véritable Yalta...

... avant de découvrir mon nouveau poème chez le très fréquentable Thierry Marignac.

Et pour finir en musique...

 



21.10.2009

Comme ça me vient...

Ma considération philosophique de la semaine ? Je ne trouve pas que passer du Monoprix de la Croix-Rousse (le plus cher de France après celui de Neuilly) au LIDL de la rue de Marseille soit le signe d'une ascension fulgurante. Cela ne m'empêche pas d'être conduit en Mercedes par un auteur que j'ai publié ! Qui plus est, une Mercedes remplie de machines à écrire (ce n'est pas une image pour faire joli, mais la réalité de samedi dernier).

Autrement... à signaler : un nouveau poème de votre serviteur (ainsi qu'un scoop le concernant) sur le blog de Thierry Marignac.

 

26.06.2009

Dimanche...

Quatre jours d'écriture pour les "Chantiers de la marionnette" au Théâtre de Guignol.

Résultat sur scène le dimanche 28 juin, à 17 h (2 rue Louis Carrand, Lyon 5ème, entrée libre). Et il ne sera pas question de Guignol.

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11.05.2009

Lyon, c'est...

Lyon, c'est deux prisons au bord d'un fleuve. 

Lyon, c’est un roi sur un canasson au milieu d’un immense terrain de tennis au centre d’une presqu’île.

Lyon, c'est une énorme fève dorée en forme de Vierge... perchée sur une tourelle de Disneyland biodégradable.

Lyon, c’est une ville internationale où personne ne parle de seconde langue.

Lyon, c'est un maire, Edouard Herriot, qui en est à son 53ème mandat.

Lyon, c'est Guignol, une "marionnette à gaine".... en fait, une marionnette châtrée. 

Lyon, c’est la ville où sont nés mes enfants, où mourront mes parents.

Lyon, c’est une ville où je ne suis pas né, où je ne mourrai pas.

Lyon, c’est l’Histoire qui garde en permanence sa main sur votre épaule.

Lyon, c’est de moins en moins de cabines téléphoniques.

Lyon, c’est une assemblée de toques blanches qui prend la pose devant des jets d’eau.

Lyon, c’est…

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28.03.2009

QUAIS DU POLAR

ils ont mis le pognon

ils ont mis les auteurs

la signalétique

les stands

les piles de flyers

les piles de bouquins

les caisses des libraires

les agents de sécurité

ils ont mis

tous les moyens

pour faire un gros festival du genre

 

 

ils ont installé l’ensemble

au Palais de la Bourse

autrement appelé Palais du Commerce

un symbole tellement gros

que personne n’a tiqué

 

 

en ce temps de crise

une armée de bénévoles

s’échine sur le pont

comme quoi

le polar peut faire des miracles

les organisateurs de ce Barnum

sont de sacrés professionnels

26.02.2009

QUE FAISIEZ-VOUS LE 11 SEPTEMBRE 2001…

QU’ETIEZ-VOUS EN TRAIN DE FAIRE LE 11 SEPTEMBRE 2001… QUAND VOUS AVEZ APPRIS L’INCROYABLE NOUVELLE ?

 

j’enfouissais dans le sol

très précisément sous le gazon du square

qui jouxte mon immeuble

la photo de mon éditeur

toute piquetée de trous d’aiguilles

elle était accompagnée

d’une statuette de terre

sur laquelle j’avais pissé une semaine durant

en récitant une litanie injurieuse

je commençais à couvrir de terre

la face de mon éditeur

quand mon portable a sonné

pour m’apprendre le sort des Twin Towers

 

si

dans les mois qui ont suivi

le responsable des attentats du 11/09

n’a pas été arrêté

mon éditeur lui

a connu les pires tracas

des huissiers ont débarqué dans ses locaux

posé des scellés sur ses ordinateurs

tandis que je rêvais à deux piles de livres

deux piles de livres assez grandes

pour briser ses pieds

en lui tombant dessus

 

moralité ?

ben laden court toujours

et vu l’importance de sa progéniture

le jour de la fête des pères

doit être un sacré bon moment à passer

pour lui

16.06.2008

"LA CHAIR"

Une publication très importante, la dernière bombe littéraire du sieur Rivron.

J'en ai signé l'une des deux préfaces. Rien à y rajouter :

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  LE TEXTE DE LA CHAIR

« La chair » est un livre que l’on aime et que l’on craint. Que j’ai aimé et craint. À sa lecture. Avant sa lecture, même. Serge Rivron, je connaissais. Déjà lu. Donc, l’envie quand il m’a envoyé son texte par Internet. L’envie, mais le retard (tiens, tiens…). J’ai tardé à lire « La chair ». Rivron me l’a envoyé en novembre 2007. On venait de me confier la charge d’une collection pour les éditions « À plus d’un titre » (Serge l’ignorait). J’ai tardé à lire son manuscrit, sachant qu’il n’était pas question d’y jeter un coup d’œil discret, que je ne sortirais pas indemne de sa découverte. Jean-Pierre Huguet, lui, a réagi au quart de tour. « Les sœurs océanes » UN, « À plus d’un titre » ZERO. Ou comment j’ai raté mon premier texte important.

 

Je l’ai déjà dit, je connaissais Rivron. Il est un kyosakuman de l’écriture. À l’instar d’un maître zen, il sait manier le bâton et viser juste. À chacune de ses frappes, une coulée de force traverse son lecteur, balayant toutes traces de mièvreries chez celui-ci.

 

Retour à « La chair ». On pourra convoquer les figures de Calaferte et de Bloy. On pourra parler d’un roman « pornographique » et « catholique ». On pourra. Ce ne sera jamais qu’une tentative pour désamorcer la charge du roman. Une façon de prolonger cette préface. Un moyen de retarder l’instant décisif pour toi, lecteur. Pour toi qui te tiens sur le seuil. N’attends rien de la lecture de ce roman. Attends-en tout. MAINTENANT.

Frédérick Houdaer

 

Pour commander cet ouvrage: http://www.editionhuguet.com serge rivron

Un entretien avec Serge Rivron, dans la zone de Juan Asensio.

 

19.03.2008

écrivains + scientifiques = ?

Vendredi 21 mars, à 20h, Soirée Art et sciences: rencontre d'écrivains et de scientifiques autour des "dix mots", au Théâtre des Asphodèles.

Je lirai pour l'occasion un texte écrit autour du mot "apprivoiser".

27.02.2008

SIC !

(pour Nicolas L.)

aujourd’hui

ma banquière

ma jolie petite banquière

m’a fait de la peine

elle m’a plaqué

elle n’a pourtant pas encore fini

ses études de banquière

elle est encore toute jeune

encore stagiaire dans une agence du Crédit Lyonnais

elle n’a pas attendu d’être

au faite de sa carrière

pour me quitter

elle n’a pas attendu

son précieux diplôme

pour me laisser sur le frigo

un post-it où je peux lire

« TU FINIRA PAUVRE »

26.01.2008

Qu'est-ce qu'on attend ?

Voici des extraits du texte écrit à quatre mains par Fanny Britt (Elle) et moi-même (Lui) pour le colloque "Hommes, femmes, la révolution inachevée" qui s'est tenu à Lyon début décembre, et qui a fait l'objet d'une lecture-performance:

 

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

LUI

J’attends que ce refrain stupide quitte mon cerveau. Le responsable : mon auto-radio. Il ne m’a pas épargné tandis que… j’attendais en bas de chez elle. J’attendais qu’une place se libère pour me garer.

La porte de son immeuble. J’attends de me rappeler le numéro de son digicode. Quand cela me revient, j’entre, j’accède, je pénètre. La retrouve. Trop tôt, selon elle.

J'attends qu'elle soit prête pour que nous décollions.

J'attends qu'elle ait fini de se préparer pour que nous levions le camp.

J'attends qu'elle ait apporté "la dernière touche" à sa beauté qui n'a pas besoin d'être refaite pour...

 

J’attends en relisant deux-trois pages. « Belle du seigneur ». Quand Ariane s’apprête, elle aussi, tandis que Solal… Pour Albert Cohen, cela nécessite une vingtaine de pages. Cela lui demande une vingtaine de pages. Cela mérite une vingtaine de pages.

Je ne m'y attends pas, je ne m'y attends plus quand elle m'annonce que, c'est bon, nous pouvons partir !

 

 

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

 

ELLE

J’attends que la douleur cesse.

J’ai le cœur qui me brise à chaque heure, au réveil, sous la douche, dans la nuit, au déjeuner devant la boîte de céréales

Parce qu’il y a quelque chose dans mon ventre que je n'ai ni la solidité ni l'inconscience courageuse et folle de garder là.

Et que je n'ai pas pris de rendez-vous encore, mais que sûrement, sûrement, la semaine prochaine je prendrai le chemin de la clinique et qu'au bout d'une heure tout sera fini et j'irai m'acheter des machins super-absorbants (est-ce qu'il y en a pour le cœur, de ça?)

Et je rentrerai à la maison et j'aurai envie d'une soupe et de pleurer et ensuite ça ira mieux, ensuite ça ira mieux, ensuite ça ira mieux.

Tu vois je n'arrive même pas à dire le mot.

Hier dans un restaurant bruyant et plein de la lumière chaude de nos intérieurs d’hiver j'étais courageuse et souriante et claire.

Le matin c'est plus difficile.

Faire semblant que tout va bien quand je parle à ma mère est difficile.

Tout ça restera discret et chuchoté, il le faut, tu vois, puisque je n'arrive même pas à dire le mot.

Mon amoureux est courageux et patient - plein de respect et d'espace pour moi, plein d'indulgence pour l’humeur et les symptômes pénibles, il est grand et plein d’espoir plein de baume -

Mais je sais ce qu'il voudrait

Et je vois que je ne peux pas le lui donner

Pas tout de suite

Peut-être jamais?

Comment le savoir?

Quand le saurai-je?

Quand la douleur cessera?

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

 

LUI

J’attends qu’on cesse de nous prendre pour des cons. Nous-prendre-pour-des-cons.

J’attends que l’on ne nous donne plus du « on ». Surtout quand ce « on » désigne elle et moi.

J’attends que l’on me parle moins systématiquement de « fête ».

Je n’attends pas qu’ils me donnent le goût de la fête. Je ne les juge pas compétents en la matière.

J’attends de voir tomber tous ces pue-la-mort donneurs de leçons de vie

Qu’est-ce qu’on attend pour être…

37. Cette chanson date de 1937. Les gens la reprenaient en cœur, la dansaient. Et la guerre arrivait. Et aujourd’hui, on… elle me reproche de rapporter ce genre de fait, de gâcher l’ambiance…

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Je l’ignore, mais au moins, que cela soit de pied ferme. Cette fois.

 ELLE

J’attends que la douleur cesse.

J’attends que le temps se replie sur lui-même et me ramène au point d’éclatement

Qu’il me ramène à l’épicentre

Au moment où il a dit :

Je suis tombé amoureux.

De quelqu’un d’autre.

 

LUI

Qu’attend-t-elle ? Des excuses ?

Moi, j’attends d’avoir posé un pansement sur sa joue pour m’exécuter. Je n’aurais pas dû la frapper. Avec ce livre. C’est lui le responsable, plus… qu’elle. C’est ce livre qui m’a énervé. « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ». John Gray ne craint pas les titres trop longs.

C’est elle qui n’a pas craint de m’offrir un livre au titre trop long.

J’attends que Mars explose, que Vénus se désintègre. J’attends que John Gray meurt. J’attends de voir la femme de John Gray passer à la télé, j’attends de l’entendre dire tout le mal possible de son mari. Pour pouvoir ricaner devant l’écran : « Je m’y attendais, ça ne m’étonne pas… ». 

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  Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

 

LUI

J’attends… pour décider si je vais l’attendre ou non.

Je décide de l’attendre, d’attendre qu’elle ait joui pour en faire de même.

J'attends de croire à cette histoire incroyable: je descendrais aussi d'une lignée de femmes. Et il est vrai que, tout bien vérifié, des prénoms féminins apparaissent dans mona rbre généalogique. De jolis prénoms même, parfois.

  

ELLE

J’attends que ça revienne.

Je veux que ça revienne.

J’attends que ça revienne.

(Avoir envie avoir le goût avoir besoin avoir fini d’avoir peur avoir fini de voir les cicatrices les plis les pâleurs j’attends de laver mon corps de toute intransigeance)

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

LUI

J’attends… le temps qu’il faut pour que le mot « heureux » disparaisse de sa question.

J’attends qu’elle cesse de se raccrocher à ce genre de branches mortes.

En attendant… je la regarde tomber.

Je suis surpris de découvrir mes bras tendus, devant moi.

J’attends d’avoir oublié sa question pour commencer à y répondre.

ELLE

J’attends qu’il sorte des toilettes.

Il prend un temps interminable

Ininterminable même

« Je lis le journal », il dit

« C’est un moment privilégié », il dit

« Qu’est-ce que ça peut te faire ? » il dit

« Pourquoi c’est jamais correct ? » il dit

Je lui en veux de préférer lire le journal seul là-dedans

Qu’avec moi au lit

Je lui en veux de dire ce que je sais être vrai

J’attends qu’il veuille être un autre

J’attends longtemps

 

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?
 

LUI

J’attends de trouver des choses méchantes à lui dire.

« J’attends de te voir vieillir plus vite que moi », je lui dis.

"J'attends que ça finisse de saigner en toi.

J'attends que ton sang ait fini son cycle, bouclé sa boucle.

Surtout, je n’attends pas que tu sois heureuse pour reprendre le stylo. La voiture. Les clés. »

 

ELLE

« J’attends que tu sois mou ».

« J’attends que tu te plantes et que tu aies besoin de moi »

« J’attends que tu perdes tous tes cheveux ».

« J’attends que tu arrives enfin là pour te dire : trop tard ».

LUI

J’attends que le feu prenne.

Crois-tu que j’ai apporté tous ces fagots en vain ?

Crois-tu que j’ai fait semblant de serrer tes liens ?

Tu peux bien moquer le bûcher que j’ai dressé, je me suis appliqué à… j’ai soigné son édification, et je l’ai fait sans cesser de penser à toi.

Je n’attends pas de remerciements de ta part, pas plus que de cris au milieu des flammes.

Reconnais seulement que tu n'avais pas la nécessité de m'humilier au Scrabble comme tu l'as fait.

 

ELLE

J’attends que tu viennes te coucher.

Les nouvelles vont finir

Tu vas fermer la télé

Tu vas éteindre les lumières

(« tu n’éteins jamais les lumières, dis-tu souvent)

Tu vas barrer la porte

Tu vas faire pipi

Tu vas vérifier que le petit dort bien

Je vais t’entendre poser les gestes de notre vie

Dans les sons de notre maison

Je vais entendre ton amour couler dans la champelure de la salle de bain

Je vais entendre ton amour craquer dans les lattes du plancher

Je vais entendre ton amour tourner dans la serrure de la porte d’entrée

Tu viens te coucher

Je ne t’attends plus

Je t’entends.

(...)

© Fanny Britt & Frédérick Houdaer

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