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18/11/2023

PAS D'EQUERRE

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Comment, quand on est enseignante, écrire un livre sur l’école sans produire un « livre de prof » de plus, de ceux qui ne réservent aucune surprise sitôt lu leur quatrième de couverture, de ceux qui ne sont chroniqués que dans les pages « société » des journaux plutôt que dans leur supplément littéraire ?
Comment décrire un monde en voie d’effondrement (celui du lycée professionnel achevé par une réforme en cours) sans tomber dans le pédago-déclinisme, sans jeter le bébé avec l’eau du bain ?
Peut-être en étant tout simplement, et avant tout, une autrice.
Judith Wiart signe donc Pas d’équerre. Recueil plus choral que ses deux précédents livres (Le jour où la dernière Clodette est morte, Les gens ne se rendent pas compte*), à la structure plus complexe même si sa lecture en reste remarquablement fluide, l’autrice, sans user d’un « nous » démagogique, emploie un « je » de plus en plus élargi. Et propose son ouvrage le plus « politique » à ce jour.
Le point de visée de l’autrice ? Croquer un monde qui meurt (à coup de « choses vues », et d’extraits de textes de réforme) à la pointe sèche, mais sans sècheresse de cœur. Son recueil, elle le dédie aux « élèves du lycée professionnel ». Et on rira, et on se laissera toucher à certaines pages, alors que nous croiserons les noms de La Fontaine** ou de Schubert.
Avec ce Pas d’équerre, Judith Wiart, capable de nous parler de stylo quatre-couleurs et de sprezzatura dans le même élan, réussit rien moins qu’un tour de force « sans en avoir l’air ». Certains appellent cela « l’élégance » ou « le style ».
 
 
Pas d’équerre de Judith Wiart, Editions Louise Bottu
** : Les lecteurs fidèles de Judith Wiart ne seront pas surpris d’apprendre que l’une de ses influences les plus importantes reste celle des auteurs moralistes du XVIIe.

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17/11/2023

Remise à niveau (english) #178

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16/11/2023

2023

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C'est quoi, 2023 ? C'est la possibilité de revoir Fight Club sur Disney + (ce n'est pas une blague), c'est Le Figaro qui consacre un reportage vidéo "en temps réel" de plus de deux heures à Bob Sinclar et à "sa nuit" (et ce n'est pas une blague non plus).
Voilà. C'était ma tentative du moment de faire un pas de côté face à l'actualité.
 

15/11/2023

"... comme Cadet Rousselle...

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Monsieur Jadis, comme Cadet Rousselle, avait trois maisons : l’une où ses enfants dormaient avec leur mère ; une autre où sa compagne dormait avec son mari ; la troisième où sa mère dormait avec son accordéon. Mais il en habitait, le plus souvent, une quatrième où tout le monde dormait avec tout le monde, car celle-ci, la seule où il disposât d’une clef, généralement pendue au tableau, était un hôtel sur le quai Voltaire où il lui arrivait de s’enfermer à double tour pour mieux poser sur les paysages de son enfance le regard d’un homme libre. 
 
Antoine Blondin, Monsieur Jadis 
 

13/11/2023

CHAÎNES d'infos continues...

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07/11/2023

"Si je n’avais été aussi retardé en calcul..."

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Ma mère n’avait jamais été hostile à un joli visage d’enfant dessiné par la bagarre. A la lecture des cicatrices, elle distinguait toutefois ceux qui donnent les coups de ceux qui les reçoivent et trouvais que j’appartenais trop souvent à la seconde catégorie. Si je n’avais été aussi retardé en calcul, elle m’aurait certainement fait prendre des leçons de boxe. 
 
Antoine Blondin, Monsieur Jadis 
 

06/11/2023

Malgré le nom de ma plateforme de blog

john ashbery,ashbery,éditions al dante

Il n'est pas nécessaire de s'expliquer, de clamer haut et fort où l'on va. Tous les faits sont là, il ne reste plus qu'à les utiliser en les combinant correctement. 

John Ashbery, Trois poèmes, éd. Al Dante

 

05/11/2023

"Vos goûts..."

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- Vos goûts en matière de décoration ne manquent pas d'intérêt.
- J'aime le bois qu'on utilisait dans les années vingt. (Je désignai la table, près d'elle, où était posé mon échiquier.) De l'ébène de Macassar.
J'omis de préciser que c'était à mon ex-fiancée que j'avais confié, sur son insistance, mais à mes frais, la décoration de mon bureau. Avant qu'elle ne s'en occupe, je n'avais que des meubles provenant des surplus de l'armée, et un nécessaire de bureau des services de la sûreté ; si vous aviez fredonné l'hymne national dans la pièce, tout le mobilier se serait mis au garde-à-vous. À présent, mon ex-fiancée m'a quitté, et on me prend pour un homme de goût. 


William Kotzwinkle, Le jeu des trente

 

 

02/11/2023

Confortablement, en première ligne...

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Au Havre, les poubelles pleines font le mur toutes seules. La boulangère pleure les ardoises de son toit, mais se réjouit d'avoir encore l'électricité. Dans mon Airbnb, Antoine Blondin m'attend.
Gratitude.

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