07/10/2007
"PARENTHESES" de Pascal Garnier
Au commencement, il y a la fin de la guerre. « Été 44. (…) On pourrait croire qu’il ne s’est rien passé ». Les drapeaux « ne sont plus bleu, blanc, rouge mais plutôt mauve, beige et rose fané ». Tout l’art de Pascal Garnier est déjà là, qui dépasse de loin le sens du détail. Des hommes « avec leur fusil de chasse encore plein de paille et leur brassard FFI de la dernière heure » tondent un trio d’amies. Des femmes que Garnier fait se perdre de vue puis se retrouver quarante ans plus tard grâce ou à cause de quelques contretemps. Pas n’importe où : sur l’épicentre de leur humiliation, une bourgade du bord de Cher.
Pour Garnier, aujourd’hui se conjugue au passé simple, et les souvenirs de guerre qui ponctuent le récit au présent. Ce choix n’a rien de gratuit. Une fois ouverte sa « Parenthèse », il sait qu’il lui faudra bien la refermer, et il n’ignore pas que le réalisme de son récit se renforce à chaque coïncidence troublante (par exemple, tous les allemands croisés dans le roman, même à 40 ans de distance, s’appellent Manfred). Héritier de Maupassant et de Simenon, Garnier sait aussi bien croquer certains ruraux dans toute leur cruauté, que camper des personnages féminins riches d’une force proportionnelle à leurs meurtrissures.
« Trois vieilles chouettes sur une branche pourrie. (…) Au fond, toutes ces années passées n’avaient fait qu’une grande boucle pour les ramener à ces trois gamines qui formaient une espèce de bande dans la cour de la récréation. Sûr qu’on devient ce qu’on a été. »
Et quand les animaux se mettent à parler à un personnage qui s’enlise (au sens propre du terme), comment ne pas songer à l’univers sombre et bucolique de « La nuit du chasseur », où la faune la plus glauque offre une sorte de réconfort après que l’humanité ait démontré toute sa saloperie.
Une dernière précision, et d’importance. Le roman se conclut sur la phrase : « Je suis heureux ». Est-ce bon signe ? se demanderont les afficionados de Garnier.
F.H.
Parenthèse
De Pascal Garnier
Editions Plon
184p., 16 euros
ISBN 2 259 19978 X
21:05 Publié dans où je lis, polar | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Garnier, Simenon, Maupassant
28/09/2007
Coupe du monde de Rugby à Lyon
Thierry Braillard, délégué au Sport à la ville de Lyon et visionnaire :
"Les matchs, ce n'est que deux heures du temps des supporters. Les animations doivent permettre de les faire consommer la ville le mieux possible."
Images prises dans une pharmacie parfumerie lyonnaise :
06:40 Publié dans LyonnÈseries, où je youtube, tu dailymentionnes..., où mon taux d'adrénaline augmente | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rugby, Braillard, haka, all blacks
26/09/2007
Journal de bord stéphanois #1
Dans le cadre de son vingtième anniversaire, le Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne accueille la compagnie In-Time en résidence (j'ai déjà travaillé avec cette compagnie pour "Empty").
Je prépare un texte pour un spectacle d'une heure. La mise en scène sera assurée par Carine Pauchon.
Exhibitions (journal de bord #1)
Fin d’un cycle, le premier : celui des « petits-déjeuners » au cours desquels Carine Pauchon et moi-même avons rencontré la plupart des membres du personnel. Service par service. Autour d’une « installation de viennoiseries » (premier effet collatéral : + deux kilos à la balance).
La parole a fusé. Les anecdotes ont plu. Autour de la même table pouvaient se retrouver un agent travaillant pour le musée depuis un mois, et un autre ayant vécu l’inauguration du musée.
En six matinées, aucune redite (ou presque), des récits de vie comportant des épisodes (en lien avec le musée) parfois inouïs.
Richesse du matériau, donc. Et mon chantier, concrètement ? Il ressemble à tout chantier qui débute : d’un côté, un trou. De l’autre, un amas de… notes.
De toutes ces paroles, que faire ?
Réponse de L-F Céline, parlant du « style » et du travail de l’écriture… De mémoire : Céline montre un bâton parfaitement droit, et rappelle que s’il le plonge dans l’eau, le bâton paraît tordu. Conclusion (provisoire) : « si je veux que mon bâton paraisse parfaitement rectiligne, une fois plongé dans l’eau… je dois le tordre avant de le tremper ».
C’est ce que je suis en train de faire actuellement. Je tords et déforme les propos, les souvenirs de certains membres du personnel… dans l’espoir qu’ils les reconnaissent.
A suivre…
20:55 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Saint-Etienne, Musée d'art moderne de Saint-Etienne, Pauchon, In-Time, Céline
17/09/2007
I.R.M
La toubib, venant me retrouver devant la cabine après « le tour de manège » :
- J’ai regardé les photos de votre cerveau (sic), je n’y ai rien trouvé d’extraordinaire (re-sic).
Moi, soulagé et froissé dans mon ego :
- Comment ça, vous n’y avez « rien trouvé d’extraordinaire » ? Vous parlez de mon cerveau, tout de même !?
Réponse de la toubib :
- Vous faites quoi comme métier ?
21:00 Publié dans où je youtube, tu dailymentionnes..., où mon taux d'adrénaline augmente | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : IRM, Memento, Nolan
15/09/2007
pas entendu à Grenoble
Tandis que beaucoup de choses se disent actuellement à Grenoble, une voix ne s'y est pas faite entendre :
« La nouvelle gauche sera nietzschéenne ou ne sera pas. Elle devra se confronter à cette question : est-il possible d’obtenir une émancipation générale, d’obtenir une participation des masses aux biens de la liberté sans passer de pacte noir avec la politique du ressentiment ? C’est pour moi la question clé de toute politique future. (…) Nous vivons aujourd’hui dans une phase où la propagande de la mondialisation fonctionne comme une gigantesque Bourse aux illusions où l’on produit des illusions de victoires. Lorsque ces illusions entreront dans leur phase de déception, malheur à nous, si nous n’avons pu préparer une politique suffisamment mûre pour la réintégration de cette déception, de cette colère, de ce besoin de vengeance. »
Peter Sloterdijk (entretien accordé à Olivier Manonni pour "Le magazine littéraire")
10:05 Publié dans carottages littéraires, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Sloterdijk, Nietzsche, gauche, Grenoble
13/09/2007
Jean Marc Flahaut
Accompagnant le dernier numéro de la revue "MICROBE", un MI(ni)CROBE, une sorte de hors-série, consacré au jeune poète Jean Marc Flahaut. Un petit recueil intitulé "Nouvelles du front de la fièvre", consacré à Brautigan. Une merveille. Moi qui suis en train de travailler de nouveaux textes autour de Baudelaire, je suis resté admiratif devant ces poèmes habités par Brautigan sans que cela ne ressemble trop à un exercice de style "à la manière de".
Jean Marc Flahaut a un site.
extraits :
Lonely Californiale studio
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S'abonner à 10 # de "Microbe" + 5 mi(ni)crobes ne vous coûtera que... 22 €.
Pour plus d'informations: rvmicrobe@yahoo.fr
23:20 Publié dans C’est quoi, la poésie ? C’est ÇA, Ducon ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : flahaut, microbe, brautigan
07/09/2007
sans filet
Remerciements au D.J Duclock qui m'enrichit les oreilles.
16:41 Publié dans oreillettes, où je youtube, tu dailymentionnes... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Brassens, Le Forestier, Grand Echiquier
"L'encre est sans valeur, pour moi"
16:36 Publié dans où je youtube, tu dailymentionnes... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Phantom of the paradise
03/09/2007
MICROBE # 43
Sortie imminente !
Au sommaire de Microbe 43 : Éric Allard, Marie Ambrody, Pascale Arguedas, co errante, Tonton Fred, Thomas Grison, Isabelle Herbert, Jason Heroux, Joaquim Hock, Frédérick Houdaer, Rick Hunter, Roger Lahu, Adrian Manning, Renaud Marhic et Alex Thiltges. Illustrations : Olivier Vander Meiren.
Contact : ericdejaeger@yahoo.fr
06:30 Publié dans C.A.P de lettres | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Microbe, Dejaeger, Marhic

















