08/04/2026
Signé Audiard # 1
Tout romancier, tout cinéaste, tout journaliste a, au fond de lui, une autobiographie qui sommeille, un nombril du monde à exhiber. Il suffit d'avoir eu des mots avec papa ou maman, d'avoir été amoureux de la fille du crémier, ou d'avoir chapardé une poignée de bonbons à un étalage, pour avoir des traumatismes à étaler et des révoltes à faire connaître. Ah, la révolte, voilà du neuf ! de l'original ! du payant !
Communiqué de presse de Michel Audiard présentant son premier film mis en scène :
Ceux qui sont persuadés que la terre est ronde, ceux qui savent qu'un et un font deux, ceux qui pensent que lorsqu'on est mort, c'est pour longtemps, tous ceux-là ne comprendront rien à ce film. Le scénario offre une particularité dont je ne suis pas peu fier : il est exclusivement composé de choses qui, dans la vie, "n'arrivent jamais". Or elles arrivent. Elles arrivent même sans arrêt pendant une heure et demie. Seconde particularité : je ne pense pas qu'il soit possible d'accumuler plus d'actions incohérentes et de faire dire plus de bêtises à des gens dans un temps aussi restreint. Nota Bene (ceci entre nous) : si j'avais voulu faire marrer les copains, sans me soucier de statistiques, de rendement, de lois cinématographiques et de standing personnel, j'aurais fait ce film. Eh bien voilà, c'est chose faite. Salut les copains !
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07/02/2026
"Un bon poète..."
10:53 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : malherbe, état, poète, utilité
29/08/2025
Ursula Le Guin
Si c'est vers le futur que vous vous tournez, alors je vous dis qu'il faut aller vers lui les mains vides. Vous devez y aller seul, et nu, comme l'enfant qui vient au monde, qui entre dans son propre futur, sans aucun passé, sans rien posséder, dont la vie dépend entièrement des autres gens. Vous ne pouvez pas prendre ce que vous n'avez pas donné, et c'est vous-même que vous devez donner. Vous ne pouvez pas acheter la Révolution. Vous ne pouvez pas faire la Révolution. Vous pouvez simplement être la Révolution. Elle est dans votre esprit, ou bien elle n'est nulle part.
Ursula Le Guin, Les Dépossédés
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29/07/2024
"C’est pourquoi l’homme part en vacances..."
C’est pourquoi l’homme part en vacances. Il est heureux et a beaucoup d’enfants. Il les assied sur la banquette de façon à coincer les paquets.
Le lendemain, les plages sont noires de monde. La mer se couvre de canards en plastique jaune que chevauchent des hommes intrépides. Parfois, ce sont des comptables modèles, parfois des penseurs importants. Les plus beaux ont l’air de monarques avec une grande barbe carrée. Ils donnent l’image qu’eût présenté l’histoire du monde si les rois s’étaient mis à cheval sur des canards. Leur corps se bronze, leur tête s’échauffe, les femmes les admirent dans les bars.
D’autres fois ils pendent au bout d’un fil, le long d’une falaise verticale, vertigineusement accrochés avec des clous et des ficelles. Puis ils s’élèvent lentement par tractions successives. Leurs abdominaux se fortifient.
D’autres fois, ils se jettent dans les entrailles du sol pour regarder des bisons dans des grottes. C’est ce qu’on appelle la spéléologie. Assis sur des rochers humides, à mille mètres de profondeur, ils contemplent longuement dans de sombres cavernes des profils de bison, de mouflon, d’instituteurs, et même des slogans politiques que les premiers hommes et les enfants de l’école voisine ont tracé sur les parois.
Alexandre Vialatte, Almanach des quatre saison
(Ill : Reginald Marsh)
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11/07/2024
"La télévision ?"
05:57 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, frédéric dard, dard, san-antonio
24/05/2024
"immédiate et grande leçon..."
03:40 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (1)
17/05/2024
"It takes a lot..."
07:07 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saroyan, keaton
03/04/2024
"Malgré les secours..."
05:43 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : baudelaire, progrès, bien, beauté, mal, beau, poésie
30/01/2024
Pédanterie # 1
Description de la mode sous le Directoire par L’Encyclopédie populaire (1899) :
Ce ne furent que tuniques grecques, cothurnes classiques, dolmans turcs, coiffures à la Caracalla…. Il y eut le bal partout. Mais le plus caractéristique fut celui sous le nom de « Bal des victimes » qui se tint à l’hôtel Richelieu. On n’y admit que les jeunes gens qui pouvaient citer le nom d’un père, d’un frère, d’une sœur ou d’un oncle immolés sur la place de la Révolution. En entrant à ce bal, les danseurs saluaient « à la victime » d’une inclinaison sèche, imitant le mouvement d’une tête que l’on coupe. De cyniques « merveilleux » imaginèrent même de se faire raser la nuque à la façon dont Samson accommodait ses victimes, et il y eut des « merveilleuses » qui osèrent serrer autour de leur cou un mince collier rouge imitant à ravir la section de la lame… Puis on chantait en chœur :
Quand Robespierre reviendra
Tous les jours deviendront des fêtes,
La terreur alors renaîtra
Et nous verrons tomber des têtes ! »
06:48 Publié dans carottages littéraires | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : encyclopédie populaire, robespierre

























