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08/04/2005

Vendredi 8 avril

Courriel de Jean-Jacques Reboux (réexpédié par un copain auteur) intéressant à plus d’un titre :


 « Bonjour à toutes et tous,

Certain(e)s d’entre vous me connaissent bien, d’autres un peu, d’autres pas du tout, qui doivent se demander comment diable leur @dresse électronique a-t-elle bien pu atterrir dans un ordinateur situé de l’autre côté de la lune! Non, non, il ne s’agit nullement d’une attaque des extraterrestres!!…Comme il est écrit ci-après, je suis en train de monter une maison d’édition dénommée APRES LA LUNE, qui démarrera en février 2006, et je lance une souscription en complément du capital social de ma SARL, en cours de formation. Le montant de la souscription (close le 30 octobre 2005) est de 60 euros. Si ce genre de projet vous intéresse, les lignes qui suivent (garanties sans virus) vous diront tout sur ma petite entreprise. Dans le cas contraire, pardon pour le dérangement. Plutôt que de mettre ce texte en PJ – les trois-quarts du temps impossible à ouvrir par le commun des internautes, Mac, PC, bidule… –, je l’ai mis à la suite. Un dossier “papier”, plus copieux, plus lisible et plus précis, avec des chiffres, des projets de couvertures, est également disponible : envoi par la Poste sur simple demande. Merci de votre attention.
Cordialement.
Jean-Jacques Reboux
Après la Lune
26 rue Pétrelle
75009 Paris
08.74.59.70.39 (prix d’un appel local)
apreslalune@free.fr


En 2006, toutes les maîtresses seront en maillot de bain. (la rumeur)


POUR COMMENCER, QUELQUES HISTOIRES “PERSONNELLES”…
1984. J’écris mes deux premiers romans (ce sont des choses qui arrivent). 1992. Après 8 années de tentatives infructueuses auprès des éditeurs, je monte les éditions Canaille. Malgré ma totale méconnaissance du métier d’éditeur, grâce à une bonne dose d’acharnement, la maison survit et finit par se faire une place en librairie et dans le cœur des lecteurs. 22 livres paraissent en 4 ans. 1996. Grâce au succès de la collection “Le Poulpe”, Canaille intègre les éditions Baleine, qui me salarient. 40 titres en trois ans. Parallèlement, je  publie dans une autre collection les 3 premiers romans de Yasmina KHADRA, écrivain algérien qui a, depuis, fait son chemin. 1998. Le Poulpe s’enrhume. Baleine boit la tasse. Licenciement économique, chômage, etc. 2000-2001. Tandis que Folio réédite 3 de mes romans, Flammarion édite (et équarrit) “C’est à cause des poules”, roman écrit sur commande ; les éditions de l’Aube publient (et exécutent) le feuilleton Moulard ; sur la lancée, Le Masque édite (et massacre, à la hachette) “Pourquoi j’ai tué Laetitia Remington”. Désarroi, désillusions, paranoïa, difficile d’être un paysan mayennais à St-Germain-des-Prés !
2004. Après une énième mésaventure éditoriale chez un éditeur dont je tairai le
nom par charité chrétienne, ayant constaté que nombre de mes petits camarades se plaignaient des drôles de zèbres que sont parfois les éditeurs, et riche de ces six années d’expérience (mais les poches vides), après avoir vécu quatre ans durant, jusqu’à la nausée, d’ateliers d’écriture et ayant par ailleurs renoncé à proposer mes services aux maisons d’édition, j’ai décidé, avec quelques complices, de créer ma propre entreprise, en tenant compte des expériences passées. Évidemment, ce type de projet nécessite audace, générosité, utopie. Mais comme le disait si bien Sénèque: “Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile.” CQFD. C’est pourquoi la maison d’édition a été baptisée Après la Lune. Elle démarrera ses activités en mars 2006 et publiera 15 à 20 livres par an environ. Trois collections sont prévues.
1°) LA MAÎTRESSE EN MAILLOT DE BAIN. La collection des PETITS ARRANGEMENTS AVEC L’ENFANCE. Des textes courts, plus propices à l’envolée lyrique qu’à la plongée introspective, s’appuyant sur l’instantané d’un souvenir, à partir duquel se racontera, qui un fantasme de môme, qui un rêve de gosse, un acte fondateur de l’enfance, une cassure secrète… La Maîtresse en maillot de bain s’adresse à tous les publics. Parce que les histoires qui s’ouvrent grâce au sésame “quand j’étais petit” intéressent toutes les générations. Elle se propose de décliner une anthologie thématique, à laquelle ont été conviés des écrivains, chanteurs, comédiens… mais aussi des personnages historiques. La MMB permettra à nos contemporains de tenter de comprendre pourquoi des individus aussi différents que Freud, Jeanne d’Arc, Louise Michel, Jésus, se sont lancés à l’assaut de l’inconscient, de l’envahisseur anglais, de l’oppresseur versaillais ou de la Galilée ! Sigmund FREUD ouvrira le ban dès mars 2006. Mais d’abord, place aux vivants ! Les premiers à avoir répondu présent : Marie DESPLECHIN, François MOREL, Yasmina KHADRA, René FRÉGNI, Patrick CHAMOISEAU, Hervé JAOUEN, Marc VILLARD, Lilas NORD, Jean-Pierre ANDREVON, Hervé PRUDON, Tito TOPIN, Christian RAUTH, Hervé CLAUDE… Sous réserve : Pierre PELOT, Martin WINCKLER, François REYNAERT.

La MMB, ce sont des bouquins pas chers (6 €, poche, couvertures couleur), qu’on pourra offrir à ses enfants, parents, amis. Des livres qui intéresseront aussi bien les lecteurs assidus que les gens qui  lisent jamais. Première salve de 4 titres en mars 2006 (Desplechin, Khadra, Jaouen, Freud), avec un présentoir, afin que les livres ne soient pas noyés dans les rayons de la littérature générale.
2°) LA VIE SUR MARS. C’est le pari de la “littérature généreuse”. Une ligne éditoriale sinueuse et escarpée, où les textes atypiques, OVNI littéraires, seront les bienvenus. Grand format. 4 à 5 livres par an. Premiers titres : Sylvie COHEN, Dernier combat; Chawki AMARI, Duel en solitaire; Pierre FILOCHE, Méchant tango; Jean-Jacques REBOUX, De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi.
3°) LUNES BLAFARDES. Format semi-poche. 8 à 10 €. 6 livres par an. Polars et romans noirs. Premiers titres : Olivier THIÉBAUT, Enquête d’un père;  Sylvie ROUCH, Corps morts; Catherine FRADIER, Légitime colère; Jean-Jacques REBOUX, Le syndrome de Groucho. Comme je vous l’ai dit, je travaille à la création d’une SARL, dans laquelle j’aurai le statut de gérant. Mes besoins de départ s’élèvent à 60.000 €, seuil nécessaire pour ne pas être tributaire d’une trésorerie assujettie aux ventes en librairie et assurer sans trop d’angoisse les 6 premiers mois d’activité. Cette somme prend en considération les charges de fonctionnement, le fonds de roulement et le paiement de mes six premiers mois de salaire (au SMIC) à partir de janvier 2006. Une vingtaine de personnes se sont déjà associées à ce projet en souscrivant des parts de la SARL. Une bonne partie de la somme nécessaire est donc réunie. Mais ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi, j’ai décidé de lancer, en complément du capital social de la SARL, une souscription.
Si vous souhaitez y participer, il vous suffit d’envoyer un chèque de 60€ (à l’ordre de J.-J. Reboux) à l’adresse suivante : APRES LA LUNE 26 rue Pétrelle 75009 PARIS en précisant vos nom, prénom, adresse (ainsi que votre courriel si vous souhaitez recevoir la future lettre d’information des éditions).
Si vous
souhaitez que votre chèque soit encaissé à une date ultérieure – au plus tard le 31 octobre 2005 –, merci de le préciser. En contrepartie, vous recevrez nos 9 premiers livres : 4 “MMB” à 6 € (Desplechin, Khadra, Jaouen, Freud), 3 “Lunes blafardes” à 8 €, 1 “Vie sur mars” à 14 € (soit un total de 62 €). En outre, vous recevrez un cadeau de saison, au choix: la MMB du Petit Jésus (parution Noël 2006), ou celle de François Mitterrand (le 28 octobre 2006, on commémorera ses 90 ans, Après la Lune publiera à cette occasion le carnet intime secret de Tonton en culottes courtes.).
Je vous remercie d’avance de l’accueil que vous ferez à ce courriel et vous adresse mon salut le plus cordial.
Jean-Jacques Reboux 
»

21:45 Publié dans polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Reboux, Après la lune

04/04/2005

Quais du polar (2)

Suite du feuilleton « Quais du polar » :

Mon texte « Quais du polar ou Si vous raté le début » (voir plus bas) a circulé. Il a été bien reçu. D’abord, par la première concernée, la responsable politique dont il est question (très « politique », et très peu « responsable »).

Un colis dans ma boîte aux lettres. J’attends d’être remonté chez moi pour l’ouvrir. Tandis que je déchire son emballage et découvre le dernier livre que l’ami Pascal Garnier m’envoie, j’entends une femme s’étrangler sur mon répondeur (la fameuse responsable politique) « Je ne suis pas du genre à tendre l’autre joue, vous verrez quand… ». Elle n’a pas de chance, la bande de mon répondeur lui coupe la parole au beau milieu de sa menace. Au moment où cela devenait le plus intéressant.

Je pose l’ouvrage de Pascal (« Flux », chez Zulma) sur mon ordinateur. Je ne suis pas sans ami(e). Ni sans ennemi(e). Ni sans solitude. De quoi me plaindrais-je ? Est-ce qu’un type qui écrit a besoin d’autre chose ?

J’ouvre mon autre boîte aux lettres (sur Internet) : 62 messages depuis hier (dont 20 spams).

Sur ma table, le manuscrit d’un gros roman qui attend d’être réécrit de la première à la dernière page. Heureusement, il ne s’agit pas d’un polar. De ce côté là, quelque chose me dit que quelques portes (vermoulues) se sont fermées.

Il y a ces phrases de Jean-Louis Murat (extraites d’une interview) que j’ai recopiées il y a quelques mois :

« Quand je dis ce que je pense, je mets un pied dans la beauté, le territoire que je veux habiter. »

08/03/2005

Mardi 8 mars

Quelques photos de la Cambuse du noir où j’ai passé le week-end.

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09/02/2005

Mercredi 9 février

 

       A la télé, un comédien sexagénaire joue le rôle d’un flic quinqua. Il claque avec violence la portière de sa bagnole de fonction. La Force est en marche…

 

14:00 Publié dans polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télé

01/02/2005

Mardi 1ier février

J’emprunte un bouquin vieux de quinze ans “ Panorama du polar français contemporain ”, histoire de peindre quelques trognes supplémentaires de noireux dans mon nouveau roman. La couverture du bouquin est exemplaire : un dessin très B.D représentant Delon, Signoret, Gabin et quelques autres (dont Miou-Miou en “ femme flic ”, c'était avant toutes les Navarettes à la Touzet ou Genest !) regroupés autour d’un brancard. Pourquoi foutre des acteurs en couverture d’un bouquin ne causant que des auteurs pour une fois sortis de l’ombre ?

Et qui est dans le brancard ?

28/01/2005

Vendredi 28 janvier

Déjeuner avec l’ami François Barcelo (le premier québécois publié dans la Série Noire) au resto croix-roussien « Mon père était limonadier ». François est en résidence d’auteur à Lyon pour trois mois. Il est arrivé à Lyon-ST-Exupéry la semaine dernière, en même temps que la neige. Je n’ai jamais vu le boulevard de la Croix-Rousse ressembler à ce point à une avenue de Montréal. Le marché baignait dans la slotche. Nous avons dû nous cramponner à une rampe pour contourner le Gros Caillou et gagner la place Bellevue. Mais pas de glissade aujourd’hui.

Tout à la joie des retrouvailles, j’ai oublié de le questionner sur l’avenir de la Série Noire.

Hier, François a fait du vélo. Il est fou (et c’est un ancien kamikaze à deux roues qui l’écrit).



En parlant de fou… Rien à voir avec François sur son vélo un peu plus haut. Dantec (je sens que je vais faire souffrir certains de mes amis). Ça ne choque personne qu’il se trouve actuellement sans éditeur, que Gallimard puis Flammarion n’aient pas osé sortir le tome 3 de son Théâtre des Opérations. Ce n’est pas que je me fasse du soucis pour l’avenir éditorial de Maurice G., mais ses tribulations actuelles en disent long sur l’état de l’édition française et son auto-censure permanente.

Là encore (voir plus bas, à la date du 24 janvier), ça devrait être une porte ouverte que j’enfonce. Et bien non, ce n’est pas le cas.

Antoine Gallimard s’est dégonflé en premier. Son pirate de grand-père, lui au moins, était capable de dire à Nimier « Il n’y a qu’avec Drieu et avec ? que je ne me sois pas emmerdé. »

En tant que lecteur, un débat (un peu, beaucoup) contradictoire entre Dantec et… mettons Daeninckx (ou Marhic, qui est sûrement moins cher, connaît aussi bien les sujets à aborder, est peu suspect de, etc.), voilà quelque chose que j’aimerais voir, qui nourrirait ma réflexion. Malgré les innombrables salons du polar qui fleurissent en France, c’est tout simplement IMPOSSIBLE. Quelle radio organiserait une pareille rencontre ?

Il y en a un qui connaît également bien les sujets, est peu suspect de, etc. C’est Pouy. Pouy connaît bien Dantec. Il l’a connu tout jeune. Dantec et Benacquista, et d’autres, étaient « ses élèves ». Pouy n’était pas prof mais conseiller d’orientation ou pion ou un truc comme ça.

J’ai questionné directement Pouy sur Dantec, l’automne dernier. Tous deux, nous participions à un salon du livre où il n’y avait pas un rat. Nous avions bouffé à trois (Pouy, Pierre-Jean Balzan éditeur -la Fosse aux Ours- et moi), et durant tout le déjeuner, Pouy et Balzan avaient parlé des problèmes de la petite et de la moyenne édition, et tout ce qu’ils avaient dit n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd (je gamberge sérieusement autour de l’idée d’une petite structure éditoriale, des problèmes de distribution, etc.).

Après le repas, je demande à Pouy « t’en es où avec Dantec ? C’est quoi ton histoire avec lui ? »

Je regrette de ne pas avoir noté immédiatement ce qu’il m’a dit. Disons qu’il m’en parlé avec une réelle chaleur humaine, qu’il mettait les courriels de Maurice G. avec les Identitaires sur le compte de sa naïveté, qu’il lui reconnaissait un gros talent, depuis le début, etc. Évidemment, chacun des deux avait les pieds posés sur un continent différent. Mais rien à voir avec le Pouy que j’ai découvert en 1999 lors d’une table ronde à la Bastille (mon premier salon en tant qu’auteur), date à laquelle il se vantait d’avoir aidé à virer tous les auteurs de droite de la Série Noire. Je me souviens de ma consternation à l’époque, de mes pensées du style « c’est fini le temps où un Manchette pouvait publiquement reconnaître le talent d’un A.D.G tout en l’appelant son ennemi ».

Dans un journal que j’ai tenu il y a deux ans (avant que je n’apprenne l’existence des blogs), j’ai recopié et commenté le portrait chinois de Pouy. Son principal défaut ? La méchanceté. C’est ce qu’il répondait. Je n’en suis pas si sûr.

Pouy ne tient pas un double langage. Mais je le crois aussi compliqué que son écriture (merde, c’est un écrivain !).

Son écriture, j’ai eu l’occasion de la goûter, de la mâcher (voir aussi ma rubrique « Frédérick lecteur »). Je fais partie d’un groupe de « lecteurs à voix haute », « Abus de langage ». L’année dernière, j’ai lu en public (et dans un jardin ouvrier) les premières pages de « La belle de Fontenay ». Je les ai portées sur le bout de ma langue. Il m’en a coûté un sacré travail en amont. L’écriture de Jibé, je l’ai redécouverte de l’intérieur, elle est encore plus complexe que je ne le pensais. Et pas faite pour être lue à voix haute, d’après le même Jibé. Sûr qu’il n’écrit pas à l’oreille.

Donc, QUI organisera un débat Dantec-Pouy (je sais qu’il y a des journalistes qui me lisent) ? Et d’où viendront les freins, qui érigera des barrages ?



One shot :

“Celui qui se consacre au roman noir doit rencontrer la métaphysique tôt ou tard, car toute sa concentration, que ce soit dans la vie ou dans l’écriture, est dirigée vers ce combat sans fin entre le bien et le mal; sa carrière est comme une vie entière de travail passée à franchir chaque jour à bicyclette dans les deux sens la frontière entre un pays civilisé et l’Allemagne nazie.”

Robin Cook (si la citation était de Dantec, j’imagine les réflexions qu’elle s’attirerait…)

24/01/2005

Lundi 24 janvier

-        Tu me stresses, quand je te vois manger ta pomme.

-        Quand je quoi ?

-        Quand tu croques ta pomme aussi vite, comme ça. Tu la manges comme un carnivore. Je vois mon homme croquer dans une pomme, et je vois un carnivore !

-      Même quand je croque dans une pomme bio ?  

 

Dispution (discution + dispute) au téléphone avec un ami, auteur d’un « Poulpe ». Cela fait deux ans que je sais la chose suivante : la date de décès officiel de Gabriel Lecouvreur dit « Le Poulpe » est le 21 avril 2002. Ça devrait être une évidence, une porte ouverte que j’enfonce, là.

Si mes collègues polardeux, mes confrères (j'adore ce mot) noiristes veulent bien faire suivre...

Pour finir, peu de temps avant la date fatidique du 21 avril, un journaliste (John Paul Lepers, je crois) a demandé à Jospin s'il s'imaginait absent au second tour des Présidentielles. Sa réaction en photo:

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