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27/06/2013

Remise à niveau (anglais) # 4

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23/06/2013

Où Bukowski « fait son Chevènement »

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« Oui, on dirait que ce pays est bien parti pour une nouvelle  guerre. Les idées stupides de nos dirigeants sont inépuisables. Tout ça me donne envie de gerber.

Du passé on n’a absolument rien appris. Juste de nouveaux corps, un nouveau gâchis, un nouvel enfer.

Il y a toujours une nouvelle excuse pour faire une nouvelle guerre. Et la structure familiale, la religion et les journaux pour nous mener en bateau et nous y entraîner. »

 

« Cette soirée est vraiment étrange (19 heures). Je venais d’allumer mon poste de radio à la recherche d’un peu de musique classique et je suis  tombé sur un type qui racontait comment nous allions nous y prendre pour gagner cette guerre. Tout d’abord les largages de bombes et puis les etc. Quand je pense à toutes les guerres que j’ai vues dans ma vie je ne peux pas m’empêcher de penser à un énorme tas de merde.

Je crois qu’en ce qui nous concerne [nous, les poètes] nous n’avons tout simplement qu’à continuer à faire ce que nous avons  toujours fait. Mais en mieux. »

Extraits de deux lettres de Bukowski datées du 15 janvier 1991 (in « Correspondance 1958-1994 », éd. Grasset, trad. Marc Hortemel)

 

 

Rappel pour les (jeunes) lecteurs de ce blog (puisque  je sais qu’il y en a): la guerre dont il est question, en ce début des années 90, est la « première guerre du Golfe » (Bush senior vs Saddham-pas-encore-pendu-filmé-haut-et-court).

21/06/2013

HÉ, TOI…

… plutôt que d’écrire ou de publier de la poésie, plutôt que de lire un album consacré à Ghelderode ou à Guillevic de bon matin, écoute plutôt Patrick Cohen et sa liste d’invités autorisés, opine du chef quand Pascale Clark te dessine la frontière entre le camp du Bien et celui du Mal, aie les « bonnes indignations »… et réjouis-toi que le service public ne connaisse pas le même sort qu’en Grèce ! Si t’es gentil, après… et seulement après, tu pourras retourner faire mumuse avec ta poésie.

 

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19/06/2013

"Si j'ai vu si loin, c'est que j'étais monté sur des épaules de géant..."

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17/06/2013

Vrac de vrac # 8

 

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Grâce à Fabienne Swiatly, quelques uns de mes textes viennent de paraître dans « VA ! », une revue aussi neuve que réussie. Plus de renseignements, ici (d’ici à quelques mois, j’irai leur rendre visite, du côté de Reims, ce qui me ramènera sur le territoire de mon enfance).

Ma résidence d’auteur dans le quartier de Jeunet, à Lyon, se poursuit. La rédaction de mon recueil poétique sur le thème de « La nuit » est presque achevée (le livre sortira en juillet, et des lectures-performances sont prévues sous une yourte les 24, 25 & 26 juillet prochains, voir ICI). Merci à la Compagnie Chiloé et à Isabellle Paquet (qui mérite bien les trois "l" que je viens de donner à son prénom) pour leur accueil.

Et mon autre livre, à paraître en septembre ? Mystère-mystère… En tout cas, je suis ravi que ce soit Jean-Jacques Nuel qui le publie.

Avec ma casquette d’éditeur, je sors d’ici quelques jours au Pédalo  Ivre le premier recueil de Grégoire Damon. Son titre : « Mon vrai boulot ». Et attention, ça envoie…

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16/06/2013

Faites des pères...

13/06/2013

UN MARCHÉ (DE LA POÉSIE) À PARIS

 

œil-qui-pleure

s’assoit dans le siège 108

de la voiture 15

du TGV qui le conduit Place Saint-Sulpice

quand œil-qui-pleure arrive à Paris

c’est pour s’enterrer tout de suite

prendre le métro à même la gare

grimper dans la première rame

et là bingo

il s’assoit

re

dans un bain de langues

à côté d’une fameuse auteure à scandale

qui lit religieusement le Libé du jour

œil-qui-pleure la dévisage

sans envie

et partage avec elle

les mêmes hoquets ennuyeux

jusqu’à ce que la rame

se remplisse brutalement

d’une classe entière de lycéens

complètement bourrés

une lolita demande à œil-qui-pleure

si elle peut caresser son crâne parfaitement chauve

œil-qui-pleure refuse

elle le fait quand même

tandis qu’un jeune sosie de Joe Dassin se met à hurler

aux Champs Élyséééées

œil-qui-pleure se dit que ce n’est pas à Lyon

que l’on verrait un puceau beugler du Joe Dassin

dans le métro

 

pieds-qui-brûlent

se déchausse

lors de sa visite au Musée des Arts Premiers

maison des hommes

bâton de danse

ancestor figure

pieds-qui-brûlent finit par revenir

Place Saint-Sulpice

pour apprendre de la bouche d’une femme

engraved stone

skull-mask

que l’un de ses amis

n’est qu’un satyre

pieds-qui-brûlent est sommé de répondre

à la question

est-ce que ce connard PEUT ÊTRE un bon poète ?

pieds-qui-brûlent répond prudemment

ce ne serait pas le premier

et reprend un café à trois euros

il souhaite que la femme

achète l’un de ses recueils

male figure

poteaux funéraires

Sèvres-Babylone

 

dos-qui-fait-mal arpente les allées

serpente au milieu des stands

renvoie aux éditeurs leur absence de sourire

beaucoup de belles femmes ici

heureusement qu’il y a beaucoup de belles femmes ici

se dit dos-qui-fait-mal

la poésie n’attire pas que des enseignantes ménopausées

elle attire aussi des enseignantes non ménopausées

voilà ce que pense

dos-qui-fait-mal

en devenant vessie-qui-presse

 

en visitant l’algeco-pissotière

du Marché de la Poésie

vessie-qui-presse se soulage

au dessus de chiottes qui ont déjà vu passer

les queues de centaines de poètes

vessie-qui-presse en établit mentalement

une première liste

 

vessie-soulagée

tourne le dos aux stands pour quelques minutes

le temps de rentrer dans l’église Saint-Sulpice

d’y mater une scène de catch

entre Jacob et un ange

peinte par Delacroix

vessie-soulagée ne s’attarde pas

sous ses dents

une miette de biscuit

lui rappelle que le seul vrai dieu

qu’il ait l’habitude de prier

se nomme Speculoos

vessie-soulagée retourne aux stands

l'y attend 

une nouvelle catégorie de ses lecteurs

il y avait ceux qui aiment ce qu’il écrit

ceux qui n’aiment pas ses poèmes

depuis peu

vessie-soulagée sait qu’il existe une catégorie de gens

qui éprouvent un plaisir coupable

à dévorer ses livres

c’est l’expression qu’ils emploient le plus souvent

plaisir coupable

et vessie-soulagée ne sait comment la recevoir

il espère progresser

aujourd’hui