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18/03/2026

Remise à niveau (english) #200

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16/03/2026

"Je voulais..."

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Je voulais intituler ce recueil de nouvelles “Liebestod”, mais on me rappela avec gentillesse que peu d’Américains aiment l’opéra, que tout le monde ne peut pas comprendre instantanément ce mot allemand, que peu de gens savent qu’il est tiré de l’acte II de “Tristan et Isolde” de Richard Wagner, et que même si toutes ces conditions étaient réunies… ce ne serait pas une bonne idée d’associer mon livre à l’image d’une grosse dame portant un soutien-gorge en laiton et qui chante à pleins poumons un hymne funèbre indéchiffrable sur le cadavre de son amant. C’est ce que m’ont dit mes conseillers littéraires. Bien sûr, je pense que ce sont des philistins. Mais, à vrai dire, je ne suis pas, moi-même, un si fervent admirateur de Wagner.
Il paraît que Mark Twain a dit : “La musique de Wagner n’est pas si mauvaise qu’on pourrait le croire à l’entendre”, mais je n’ai jamais trouvé d’où venait cette expression. Par contre, je suis tombé récemment sur une lettre que Mark Twain a écrite pendant un voyage en Europe où il assista pour la première fois de sa vie à un opéra wagnérien, et cet extrait montre l’enthousiasme qu’une telle expérience a éveillé en lui :
“Chaque chanteur, accompagné par un orchestre de soixante instruments, y allait de son récit accusateur, et, après un bon bout de temps, juste au moment où on espérait qu’ils finiraient peut-être par s’entendre et feraient moins de bruit, un grand choeur composé uniquement de fous se déchaînait soudain, et pendant deux minutes, parfois trois, je revivais tout ce que j’avais souffert la fois où l’orphelinat avait été réduit en cendres.”
J’ai alors envisagé d’intituler ce recueil “L’incendie de l’orphelinat”, mais en dépit de la ravissante sonorité de cette phrase, mes conseillers littéraires l’ont de nouveau emporté sur moi.
Alors, ce sera : “L’Amour, la Mort”.
 
Dan Simmons, extrait de l'avant-propos de L'Amour, la Mort
 

15/03/2026

"Sans..."

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Sans l'anarchie des lectures, il n'est pas d'écrivain.

Elias Canetti
(photo : Harry Gruyaert)
 

13/03/2026

"non conforme"

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Une nouvelle inédite (et gratuite et courte et atroce) signée par Judith Wiart et moi-même, à lire ICI dans le cinquième numéro de la revue en ligne non conforme.
Un grand merci à Christophe Siébert, le grand organi-conspirateur !

 

12/03/2026

"L'histoire..."

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L'histoire, dit Stephen, est un cauchemar dont j'essaie de me réveiller. 

James Joyce, Ulysse

 

06/03/2026

"La foire des ténèbres"

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Jim regardait toujours le monde et ne savait pas détourner les yeux. Et quand on ne détourne jamais les yeux, à treize ans on a accumulé vingt ans de visions du monde.
Will Halloway, depuis sa plus tendre enfance, il regardait au-delà, au-dessus, par-dessus ou de côté. A treize ans, il n'avait donc que six ans d'observations.

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Dans la prairie, les tentes et la fête foraine attendaient. Elles attendaient quelqu'un, n'importe qui, pourvu qu'il se risque dans le ressac herbeux pour aller vers elles. Les grandes tentes se gonflaient comme des soufflets de forge. Doucement, elles exhalaient un air chargé du remugle de fauves jaunes appartenant à des espèces disparues...

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On n'a jamais vu de garçons qui montent les marches du perron, pour sonner à la porte et venir chercher un ami. Ils préfèrent lancer une poignée de boue contre les murs en bois, ou des pommes de pin sur les toits, ou laisser des notes rédigées en termes mystérieux, accrochés à des cerfs-volants abandonnés sur le rebord d'une fenêtre de grenier.
Jim et Will ne faisaient pas exception à la règle.
Tard dans la nuit, quand il y avait à franchir des pierres tombales à saute-mouton, ou des chats crevés à faire glisser dans la cheminée de voisins grincheux, l'un ou l'autre sortait dans le clair de lune et dansait comme sur un xylophone sur le vieux caillebotis aux planches sonores.
Au long des années, ils avaient fini par accorder les planches, abaissant et clouant une planche jusqu'à ce qu'elle donne le la, en relevant une autre jusqu'au fa , pour obtenir un résultat aussi harmonieux que le permettaient les conditions atmosphériques et l'habileté des deux artisans.
L'air esquissé par les pieds indiquait ce que serait l'expédition envisagée pour la nuit.

 

27/02/2026

"C'est pas drôle..."

"- C'est pas drôle de travailler, disait Annette. Quand on est espionne on boit du champagne et on tire des coups de revolver, c'est la vraie vie ça.
- Ah la la, dit Polo, jte vois en train de tirer des coups de revolver, tu casserais la bouteille de champagne, mais tu descendrais pas ton homme, peuh.
- Oui, mais j'aurais appris, dit Annette."

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Eclairé au gaz, la boutique de Mme Dutertre clignotait dans la longue obscure rue Casimir-Périer, clignotait faiblement comme un oeil myope. De loin on pouvait prendre cela pour une mercerie miteuse avec un rayon de bonbons sales et un rayon de cahiers. De près, y avait pas d'erreur, c'était un asile de l'intelligence et de la culture et de la civilisation. Eclairée au gaz, Mme Dutertre proposait aux quelques rares amateurs de cette province le sel de toute bibliothèque qu'est un vieux bouquin.

un rude hiver,queneau,raymond queneau,le havre

Lorsqu'il arriva chez son frère, les invités se trouvaient déjà là, Nantout, Sacqueville, Duplanchet et leurs dames, et une fille, Mlle Duplanchet. Les fils étaient à la guerre. Les hommes menaient grand train autour d'absinthes. On parlait de l 'avenir du port du Havre, du chemin de fer de la Seine-Maritime et de la perfidie des Rouennais qui faisaient tout pour empêcher le dit chemin de fer d'être construit. Après les saluts d'usage, Bernard se joignit à la discussion avec fougue. Ce n'était d'ailleurs pas une discussion, car tout le monde s'accordait sur le bien fondé des revendications havraises, mais plutôt une série d'invectives contre l'oppression du chef-lieu de département.
L'élément mâle et l'élément femelle ne se conjuguèrent que pour se rendre à table, autour de laquelle ils se rangèrent en ordre alterné. Bernard était assis entre Mlle Duplanchet et Mme Sacqueville. Tandis que la conversation générale se portait sur les empoisonnements provoqués par l'absorption d'huîtres, lui, silencieux, noyait ces malheureux lamellibranches sous un flot de vinaigre parfumé d'échalotes.

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25/02/2026

Atelier d'écriture

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Préparation de l'atelier d'écriture "CONSTRUIRE UN PERSONNAGE" (d'une durée de six heures, pour adultes) prévu aux Artisans de la Fiction (Lyon) le samedi 28 mars (aussi bien en présentiel qu'en distanciel).

Tous les détails sont ICI.
 

16/02/2026

"S'il est vrai..."

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S'il est vrai que le caractère d'un homme penche dans le sens du bien en fonction du plaisir, du degré de bonheur et de la qualité de tendre amour dont il a joui durant l'enfance, alors je devrais avoir le caractère le plus noble et le plus magnifique du monde. Personnellement, je pense être la preuve vivante de cette affirmation. Toutefois, un nombre surprenant de personnes sont d'un avis contraire.

George Sanders

 

 

16:48 Publié dans où je lis | Lien permanent | Commentaires (0)