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14/11/2007

Claudel et Char à Lyon (de toute urgence !)

Encore du théâtre. Du très bon. Du comme-ça-devrait-toujours-être. Dépoussiéré et physique. Entièrement sur le bout de la Langue.

D’abord, la reprise de « L’annonce faite à Marie » à l’abbaye d’Ainay. Et les quelques lignes qui suivent s’adressent tout particulièrement aux plus cathophobes de mes amis lyonnais. Rarement entendu un texte aussi dur à l’égard de la famille. Aussi fort. La distribution est ad hoc. Et le public en état de choc à la fin de chaque représentation (même ceux qui ont récemment vu « L’annonce… » montée au T.N.P par Schiaretti). 

« Michel Béatrix amène ses comédiens à une interprétation splendide et épurée. Dieu soit loué ! Le grand mérite de cette mise en scène et de ses comédiens est d’avoir réussi par un jeu sobre, dépouillé de génuflexions verbales (si l’on peut passer l’expression) à accéder à la chair du récit, à sa sensualité… Un beau moment. »

Vincent Raymond, « Tribune de Lyon »

 

« … Talent d’un metteur en scène et de comédiens qui, dans le cas présent, est éminent. Michel Béatrix – avec une humilité résolue face au texte, qui nous rapproche comme rarement de la parole de Claudel –sait réinventer, et d’une certaine manière ré-initier (avec l’idée d’initiation du spectateur, voire avec celle très classique de catharsis) l’émotion originelle. »

Christian-Yves Pratoussy

« L’annonce faite à Marie » jusqu’au 25 novembre, à Saint-Martin d’Ainay (M°Ampère), à 20h30

Dim 18 & 25 : 16h

Merc : 19h

Relâches ts les lundis et 24 novembre, rens/réserv : 06 15 58 06 72

Char. Retour à lui. Grâce aux « Transparents », proposé au Théâtre de l’Iris jusqu’au 17 novembre. Mise en scène : Guillaume Méra (cie Pas d’Ici). Pour brûler sur les planches, trans-par-être dans la langue de Char : Jennifer Testard, Maud Chapoutier, Caroline Garnier, Etienne Leplongeon, Julien Reneaut.

Les transparents, les matinaux, sont des vagabonds, des marginaux qui vivaient libres, au début du siècle, mimant des poèmes sur les places de villages. Dans un univers décalé, des voyageurs sans destination vont faire revivre la parole du poète, nous délivrer des messages d’amour et de révolte, réveiller nos imaginations engourdies par la médiocrité ambiante. « Comment dans ce monde si muselé, peut-on encore faire entendre ceux que l’on n’écoute plus, ceux qu’on a mis de côté, les sans droits, les exclus, les transparents des temps modernes ? En désacralisant la poésie, en la rendant accessible, en nous en emparant avec joie et entrain… »

Théâtre de l’Iris (Villeurbanne, M° Cusset), rens : 04 78 68 86 49

16/06/2007

Retour sur la soirée Char

Deux moments à détacher de cette soirée. Mes échanges avec Claude Lapeyre, ami de Char pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. De vive voix, il m'a donné certains éléments qui confortent... l'image que je me faisais du poète. Le hasard veut qu'aujourd'hui, je retrouve Claude Lapeyre, mais sur la toile cette fois-ci.

Puis, il y a eu la (re)lecture slam des Feuillets d'Hypnos, véritable geste Peckinpienne. Une précision: ces dernières années, sur la scène slam, j'ai vu de tout. J'ai vu/entendu le meilleur et le pire. Quant à Cocteau Molotov (la Tribut du verbe) et Xtatic (Section lyonnaise des amasseurs de mots), si je ne les avais jamais vus ensemble, j'avais déjà pu les applaudir (séparément) dans diverses... circonstances.
f2fcadb40229c75667d53666eea3fe79.jpgLe travail qu'ils ont fait sur Char est tout simplement remarquable, sans une once de démagogie. J'espère qu'ils auront l'occasion de le faire tourner.
Je ne regrette pas de leur avoir rebattu les oreilles avec Villon, Agrippa d'Aubigné, Rutebeuf... Ce répertoire là (la wild bunch de nos Lagarde & Michard), il faut qu'ils s'en emparent.
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« Avec les hommes de l’équipe, soyez rigoureux  et attentionné. Amitié ouate discipline. Dans le travail, faites toujours quelques kilos de plus que chacun, sans en tirer orgueil. Mangez et fumez visiblement moins qu’eux. N’en préférez aucun à un autre. N’admettez qu’un mensonge improvisé et gratuit. Qu’ils ne s’appellent pas de loin. Qu’ils tiennent leur corps et leur literie propres. Qu’ils apprennent à chanter bas et à ne pas siffler d’air obsédant, à dire telle qu’elle s’offre la vérité. La nuit, qu’ils marchent en bordure des sentiers. Suggérez les précautions ; laissez-leur le mérite de les découvrir. Emulation excellente. Contrariez les habitudes monotones. Inspirez celles que vous ne voulez pas trop tôt voir mourir. »

(note de Char à l’intention de son premier adjoint dans les Basses-Alpes, Pierre Zyngerman)

à lire: "Qui a peur de René Char?" par C.Cottet-Emard

14/06/2007

René Char, ce soir

J'y serai...
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14 juin 1907
René Char naît à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse)
14 juin 2007
L'Espace Pandora célèbre le poète, disparu en 1988


"René Char - Je suis vivant..."

jeudi 14 juin 2007 - 19h30

à l'Espace Pandora (7 place de la Paix - Vénissieux)

Entrée libre

Au programme de la soirée : 

Conversation
René Char "lou Lilen", par Claude Lapeyre (ami de René Char) et Marc Rousselet (écrivain)

Slam
(Re)lecture slam des Feuillets d'Hypnos de René Char, par Cocteau Molotov (la Tribut du verbe) et Xtatic (Section lyonnaise des amasseurs de mots)

Lectures
Lancement de l'ouvrage collectif Dans le privilège du soleil et du vent - Pour saluer René Char * (coll. Haute Mémoire, éditions La passe du vent) et lectures d'extraits par leurs auteurs.

Exposition-dossier "René Char - Je suis vivant..."

Présentation du XIIe Festival Parole Ambulante "La vie future" (Lyon, Vénissieux / 11-21 octobre 2007)


Avec la participation de la librairie Terre des Livres (Lyon)


Contact : Céline Didier, Espace Pandora : 04 72 50 14 78 / celine.pandora@free.fr


* 14 juin : date également retenue pour la parution de l'ouvrage collectif Dans le privilège du soleil et du vent - Pour saluer René Char * (La passe du vent) réunissant les textes de douze écrivains contemporains (Malika Bey Durif, Patrice Béghain, Roger Dextre, Sylvie Fabre G., Albane Gellé, Patrick Laupin, Françoise de Luca, Samira Negrouche, Didier Pobel, Marc Rousselet, André Velter, Abdallah Zrika) et la contribution du photographe Eric Dessert.

30/03/2007

Vendredi 30 mars

Ces derniers jours, j’ai repris contact avec Leonard Cohen, René Char, Cormac Mac Carthy, etc.

Ces derniers jours, j’ai animé un atelier d’écriture en prison qui, des trois heures initialement prévues pour son bon déroulement, a été raccourci à moins d’une heure grâce à la mauvaise volonté de certains surveillants. Le temps de trajet aller-retour jusqu’à cette prison, quant à lui, a été maintenu à presque quatre heures.

Ces derniers jours, j’ai animé la rencontre Pascal Garnier-Nan Aurousseau qui a failli tourner au pugilat. Au milieu du ring, je me suis souvenu que mon job-d’une-après-midi était celui de modérateur. Même le vent jouait contre moi, secouant le chapiteau sous lequel avait lieu la rencontre, pilonnant l’hippodrome de Bron où se déroulait la Fête du Livre.

Ces derniers jours, j’ai lu un livre par jour. La routine. Le contraire de la routine.

Ces derniers jours, j’ai payé pour voir un film rempli de spartiates et d’hémoglobine. Les éléphants (numérisés) y réussissaient de jolis sauts dans le vide.

Ces derniers jours, je suis retourné à Brest (plusieurs chapitres de mon nouveau roman s’y déroulent) grâce à la lecture d’une B.D (« Un homme est mort », Kris/Davodeau chez Futuropolis, l’histoire vraie du film invisible de René Vautier).

Ces derniers jours… toujours, et de plus en plus, la politique. J’ai emprunté à la bibliothèque « Le poisson dans l’eau », où Vargas Llosa raconte sa participation à la présidentielle (un engagement politique qui aura duré trois ans). En exergue, cette citation de Max Weber : « Les premiers chrétiens aussi savaient très exactement que le monde est gouverné par les démons et que celui qui se mêle de politique, c’est-à-dire consent à utiliser comme moyens le pouvoir et la violence, a scellé un pacte avec le diable, si bien qu’il n’est plus assuré de produire le bien avec ce qui est bon et le mal avec ce qui est mauvais, car fréquemment il en va tout le contraire. Celui qui ne le voit pas est, politiquement parlant, un enfant. »  

Ces derniers jours, j’ai repassé les judogis de mes enfants, supprimé le fromage de mon alimentation, aperçu UN de mes livres en vente au festival Quais du Polar (« L’idiot n°2 », sur le stand de la librairie Passages)…

Ces derniers jours, je me suis laissé conduire par une photographe aux yeux verts jusqu’à Saint-Symphorien-de-Lay, préparé à un futur marathon d’écriture avec les (h)auteurs

02/02/2007

Barrès et Char

Signaler les deux livres qui m’ont le plus marqué l’année dernière : deux biographies.

La première consacrée à Barrès, sans complaisance et écrite dans une langue inouïe. J’invite ceux de mes amis qui honnissent « le rossignol du carnage » (anti-dreyfusard de surcroît) à la lire.

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La seconde consacrée à René Char (quand je l’ai attaquée, terme qui convient, Char n’était pas mon poète de chevet). De la bagarre à chaque chapitre.

Char est un poète utile à celui qui a une porte à défoncer, un éditeur ou un critique à mettre en mille morceaux, une injustice à corriger.

Char est pied de biche, dynamite, poing américain capable de frapper au fond de la gueule de l’autre.

Char a senti quand il était « juste d’être injuste ».

Char casse la gueule à qui le mérite. Et Char est contagieux. Char et toute sa « Wild Bunch » connaissent le rythme le plus profond…

Char résistera au rouleau compresseur de la commémoration qui le menace cette année.

Je n’ose imaginer ce qui se serait produit si Barrès et Char s’étaient retrouvés dans la même pièce.

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Signaler que Sarah Vajda, l’auteur du premier ouvrage (également responsable d’une biographie assassine consacrée à Edern-Hallier) est actuellement frappée par une censure… pleine de sens.

 

21:25 Publié dans où je lis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barrès, vajda, char