Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/11/2007

Semaine chargée

Le mardi 4 décembre, dans le cadre du colloque « Hommes et femmes : la révolution inachevée » (Théâtre de l’E.N.S) : mise en lecture d’un travail de coécriture transatlantique : Fanny Britt, dramaturge québécoise et Frédérick Houdaer écrivain français.

 

Voilà. C’est l’énoncé officiel. Trois lectures différentes, d’une demi-heure chacune, pour ponctuer la journée. Fanny n’ayant pu être présente ce mardi, ses textes seront lus par la comédienne Christine Bellier.

Ceux qui me suivent en Rhône-Alpes savent que, pour la scène, j’écris exclusivement sur ce thème (« elle & lui » pour résumer, du « Strinberg soft » comme je l’ai affirmé parfois en riant tout seul). Pour ce colloque, je ne suis pas allé puiser dans mes fonds de tiroir, j’ai écrit de l’inédit… je le dois pour une large part à Fanny Britt. Écrire à quatre mains, l’expérience me tentait… elle ne m’a déçu.

Bientôt, sur ce blog, les textes écrits pour l’occasion.

 

 

Le lundi 3 décembre, dans le cadre du même colloque, reprise de mon spectacle "Empty" mis en scène par Carine Pauchon (Compagnie In Time).

897c33e536c497456d100a56dc9ba537.jpg

 

Le dimanche 9 décembre, au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne, première mooondiale du spectacle "Exhibition(s)" écrit par mes soins et mis en scène par Carine Pauchon. Plusieurs représentations sont prévues jusqu'en mai de l'année prochaine.

33efeb4e0b7bb665d22af1c91ab7c452.jpg

27/11/2007

En attendant...

En attendant de découvrir les premiers bouquins à paraître dans la collection de romans noirs dont on m'a confié la charge...

7f1f1ac1ab039de7f8b3d43c0c95e139.jpg

... vous pouvez lire un texte en langue maya, ou une histoire signée Conan Doyle en Interlingua.

Ou bien encore visionner cette fameuse vidéo (pas bidonnée) dans laquelle on voit Norman Mailer se faire attaquer à coup de marteau par l'un de ses acteurs (Rip Torn, en plein pétage de plomb). Quelques années plus tôt, c'était lui qui attaquait. Avec un couteau.

Désolé, mais personne n'a filmé Verlaine flinguant Rimbaud pour mettre les images sur Youtube.

 

26/11/2007

DÉFERMETURE DE CE BLOG & NOUVELLE IMPORTANTE

Donc, ça rouvre. La pause aura duré le temps… non pas d’achever mon manuscrit en cours, mais de lui faire passer une étape déterminante dans sa rédaction.

Et puis… SURTOUT…

a)     J’ai trouvé une nouvelle façon de me dépenser sans compter… et sans gagner un kopeck.

b)    Par la même occasion, j’ai également trouvé un moyen inédit pour me fâcher avec des amis… en refusant leurs manuscrits !

Bref, je suis devenu directeur de collection (c’est écrit en relief, sur la plaque dorée). Directeur d’une collection de romans noirs qui n’auront comme unique point commun que la qualité de leur écriture.

C’est Alain Léger, tenancier-libraire d’A Plus d’un Titre, qui m’a tendu la perche. Les éditions « À plus d’un titre » publiaient jusqu’alors (petit tirage, super lectorat) du très littéraire, de la poésie, des rééditions d’introuvables…

La collection de romans noirs dont je m’occupe à présent touchera un public plus large mais conservera la même exigence. Le prix des bouquins restera très raisonnable. Les bouquins n’auront que leur prix de raisonnable.

J'ai cinq manuscrits à faire publier en priorité (signés de garçons & filles d'âges et de profils divers). Cinq merveilles que j'avais poussées à "La Fosse aux ours", qui ont intéressé des éditeurs aussi divers que Viviane Hamy ou Actes Sud... sans être retenues au final.

Les faiblesses de la maison « À plus d’un titre » sont nos points forts. Nous n’avons de compte à rendre à personne. Et compte tenu des cinq premiers titres que j’ai sous le coude… À notre échelle, cela va faire mal.

17/11/2007

Samedi 17 novembre

En vrac:

Signature tout le week-end au festival Sang d'Encre à Vienne. J'y ai reçu une superbe proposition professionnelle à laquelle je n'ai su dire que "oui, amen". A suivre... (les points de suspension, ce n'est pas pour entretenir le suspense, c'est juste par superstition).

Quelques nouvelles bobines & citations dans mon album "Sherpas" (sur la droite de l'écran), quelques oublis impardonnables comblés avec beaucoup de retard.

Un nouveau lien dans la colonne des "Passerelles": Hank Blême

Pour finir, cerise sur le gâteau, cette interview de Jean-Louis Murat dans Le Monde. Deux pages à lire absolument.

 

16/11/2007

ANKOU, LEVE-TOI

eb29907329825207d2b6d9e865eaaac6.jpg
ANKOU, LEVE-TOI  
Roman   Editions A.K, collection « Polar Grimoire »  
9,50 €, ISBN 978 2 916 184 09 8

 

 

" En Bretagne, la "bataille des ports" est engagée. Le VIIIe Corps d’armée américain marche sur Brest, détruite par quatre années de bombardements. Tout le pays de Léon est sillonné par les GI. Sur les routes défoncées, les accidents se multiplient… Une nuit, une jeep US percute la charrette d’un paysan. Drôle de paysan… Voulant secourir leur victime, les soldats découvrent un être squelettique portant chapeau, agrippé à sa faux… Confiée à la hiérarchie militaire, la « dépouille » est mise à l’isolement, sous bonne garde. Deux cameramen sont bientôt détachés à son chevet… 2007. Éric Jaillet, journaliste lyonnais, essaye de retrouver d’étranges images : celles de l’Ankou – « l’ouvrier de la mort » – filmé par les Américains ! L’enquête commence en Bretagne et se poursuit aux États-Unis. Mais la traversée de l’Atlantique n’est rien à côté de celle qui attend Jaillet… Du personnage le plus emblématique du légendaire breton aux Sorcières de Salem américaines, c’est à un grand télescopage des mythes que nous invite ce malicieux polar féerique. "

Le commander? C'est ici.

 

Ce qu'en dit la presse et la toile :

« ANKOU, ES-TU LÀ ?

Quel curieux roman que ce livre de Frédérick Houdaer ? « Ankou, lève-toi » est une variation fantastico-policière sur le thème de l’Ankou, personnage mythique des contes bretons. L’histoire de cette quête oscille entre deux époques, la nôtre et la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le roman débute dans un bistrot lyonnais, où un dialogue se noue entre une vieille alcoolique et un journaliste. « Où il est question d’une mystérieuse collision entre un chariot et une jeep », « Où il est question de Roswell et des sorcières de Salem »… L’écrivain s’amuse à tisser une trame effilochée de toutes parts – un bel imbroglio-, émaillant son écriture très imagée de clins d’œil en tous genres. Ce style fait naître une ambiance brumeuse propice à cette histoire de faucheuse, de brouillards bretons et de désert blanc, avec des phrases qui oscillent entre une poésie légère et des descriptions dramatiques, une pointe d’humour en sus. Bref, cet « Ankou, lève-toi » est fort réjouissant, mi-roman noir mi récit fantastique, et, toutes proportions gardées, fait penser à certaines nouvelles du grand Edgar Allan Poe. »

Gallia Valette-Pilenko

« LIVRE & LIRE », juin 2007

« (…) Frédérick Houdaer est un petit lutin facétieux qui a concocté une intrigue au ficelage éhontément provocateur. Le voyage en montgolfière rappelle évidemment Jules Verne. Les cinq semaines ne dépassent pas cinq heures. Le crash est retentissant et aussitôt on est plongé sous terre dans un voyage vers son centre, au milieu d’une gigantesque coulée de lave pour un ultime affrontement avec « l’ouvrier de la mort »

Julien Vedrenne sur "lelitteraire.com"

"Ombre familière, symbole de la fatalité plutôt que de la mort pure et simple, “l’homme à la faux” porte un nom en Bretagne : l’Ankou. Sinistre, mais pas si terrifiant, sa légende n’admet que des aventures d’exception. C’est dans cet esprit que l’auteur relate le voyage en Amérique de l’Ankou. Sur ses traces, le journaliste navigue entre mystères, dangers et hypothèses véridiques. L’imagination poétique de Frédérick Houdaer mêle avec astuce “le cavalier sans tête de Sleepy Hollow”, les sorcières de Salem, les secrets de l’armée états-unienne, et les mythes celtiques. Morbide ? Sûrement pas ! Le récit est plein d’inventivité, évoquant l’éternelle dualité entre vie et mort, tel un jeu complice. Un captivant roman insolite."

Claude Le Nocher sur "Rayon Polar"

 

Ce qu'en dit Nicolas Montard sur "Sortir Grand Lyon" :

« Croiser la légende de l’Ankou, l’extraterrestre de Roswell et l’immigration brestoise à Lyon, voilà le pari difficile dans lequel s’est lancé le Lyonnais Frédérick Houdaer. Dans "Ankou, lève-toi", la recette fonctionne à merveille.  

Les souvenirs d’enfance peuvent être tenaces. Pour Frédérick Houdaer, auteur lyonnais, les albums de Spirou en sont un. Notamment celui qui s’intéressait à l’Ankou, cette drôle de créature fantastique bretonne dont on dit qu’elle était le serviteur de la Mort.
C’est en partant de cette légende qu’est né le dernier roman de l’habitant de la Croix-Rousse. Mais Ankou, lève-toi, 173 pages publiées dans la nouvelle collection Polar Grimoire, ne se contente pas d’explorer le folklore breton. C’est aussi le point de départ d’une trame bien menée entre Lyon, Brest et le Nouveau-Mexique.
Une trame qui débute par la rencontre d’un journaliste avec Maryvonne, une Brestoise devenue Lyonnaise pendant la Seconde guerre mondiale. Celle-ci lui dévoile la légende de l’Ankou qui aurait été capturé par l’armée américaine. La créature aurait ensuite été ramenée au Nouveau-Mexique pour y pratiquer des expériences, donnant ainsi naissance à l’extraterrestre de Roswell. Débute ainsi une enquête et une errance du narrateur entre ces différents lieux, les pièces du puzzle s’emboîtant peu à peu.
 
 
CHAPITRES COURTS ET ÉCRITURE ALERTE
Compliqué et un peu trop tiré par les cheveux ? A la lecture du roman de Frédérick Houdaer, on ne le ressent pas. L’auteur, par des chapitres courts et une écriture alerte, nous tient constamment en éveil et tisse des liens qui au final n’apparaissent pas si incongrus que cela. En ajoutant une nouvelle version à l’extraterrestre de Roswell. « Mais je me sers d’archives, de ce qui existe ou a été dit, précise-t-il. J’y rajoute juste l’Ankou. » De belle manière.


N.M.
TROIS QUESTIONS À FRÉDÉRICK HOUDAER
Sortir Grand Lyon : Frédérick Houdaer, comment vous est venue l'idée d'écrire Ankou, lève-toi ?

Frédérick Houdaer : Enfant, j'étais passionné par Spirou. Lorsque j'avais 7 ou 8 ans, j'ai lu un des albums où était évoquée la figure de l'Ankou. Puis, il y a quelque temps, au fil des rencontres, je me suis lié à Renaud Marhic. Il voulait créer une nouvelle collection, Polar Grimoire, un croisement de plusieurs « mauvais » genres littéraires. C'est comme cela que je me suis lancé dans l'écriture d'Ankou, lève-toi. C'est d'ailleurs l'un des deux premiers livres de la collection avec Terminus Brocéliande de Renaud Marhic, justement.

Sortir Grand Lyon : L'écriture du roman a dû être plaisante...

F. H. : Oui, j'y ai pris énormément de plaisir. ça m'a notamment permis de tirer mon chapeau à Jules Verne et Hugo Pratt ! En plus de croiser le thème de l'Ankou et de Roswell, j'ai également ajouté les origines de toute ma famille à ce roman.  Et malgré les recherches, je n'ai jamais eu l'impression de devenir un rat de bibliothèque. J'ai découvert les liens entre Lyon et Brest (beaucoup de Brestois sont venus à Lyon pendant la guerre), ainsi que l'histoire du Nouveau-Mexique au milieu du siècle dernier avec Roswell.


Sortir Grand Lyon : Être dans les premiers auteurs d'une nouvelle collection est gratifiant ?

F.H. : Bien sûr. Mais vraiment, je tiens à souligner le travail avec Renaud Marhic. J'ai plusieurs années d'expérience dans le monde de l'édition (Frédérick Houdaer a déjà publié sept romans, Ndlr).  Pour Ankou, lève-toi, il y a vraiment eu une collaboration avec l'éditeur. Il a été très pertinent, très juste, il a vraiment participé à la création du livre.

Nicolas Montard » 

Ce qu'on en dit sur la "13ème Rue":

 «  (...) Sur une histoire très originale qui se déroule en Bretagne et qui retrace le parcours des légendes bretonnes, un journaliste lyonnais du nom de Eric Jaillet va enquêter sur une affaire étrange.
Cela se passe en 1944. Des GI auraient percuté avec leur jeep un paysan étrange et squelettique portant une faux et un chapeau noir. Il semblerait qu'il s'agisse de l'Ankou, le personnage emblématique des légendes bretonnes. Confiée à la hiérarchie militaire, la "dépouille" est mise à l’isolement, sous bonne garde. Deux cameramen sont bientôt détachés à son chevet...

L’histoire se poursuit aux Etats-Unis lorsque Eric Jaillet, essaye de retrouver d’étranges images : celles de l’Ankou, filmé par les américains...

Un bon suspense, de l’action et de la féerie.
 »


Si votre libraire ne dispose pas du livre, n'hésitez pas à le lui commander.

A Lyon, vous êtes certains de le trouver à "A plus d'un titre" (quai de la pêcherie) et "Au bonheur des ogres" (Grande Rue de Vaise).

14/11/2007

Claudel et Char à Lyon (de toute urgence !)

Encore du théâtre. Du très bon. Du comme-ça-devrait-toujours-être. Dépoussiéré et physique. Entièrement sur le bout de la Langue.

D’abord, la reprise de « L’annonce faite à Marie » à l’abbaye d’Ainay. Et les quelques lignes qui suivent s’adressent tout particulièrement aux plus cathophobes de mes amis lyonnais. Rarement entendu un texte aussi dur à l’égard de la famille. Aussi fort. La distribution est ad hoc. Et le public en état de choc à la fin de chaque représentation (même ceux qui ont récemment vu « L’annonce… » montée au T.N.P par Schiaretti). 

« Michel Béatrix amène ses comédiens à une interprétation splendide et épurée. Dieu soit loué ! Le grand mérite de cette mise en scène et de ses comédiens est d’avoir réussi par un jeu sobre, dépouillé de génuflexions verbales (si l’on peut passer l’expression) à accéder à la chair du récit, à sa sensualité… Un beau moment. »

Vincent Raymond, « Tribune de Lyon »

 

« … Talent d’un metteur en scène et de comédiens qui, dans le cas présent, est éminent. Michel Béatrix – avec une humilité résolue face au texte, qui nous rapproche comme rarement de la parole de Claudel –sait réinventer, et d’une certaine manière ré-initier (avec l’idée d’initiation du spectateur, voire avec celle très classique de catharsis) l’émotion originelle. »

Christian-Yves Pratoussy

« L’annonce faite à Marie » jusqu’au 25 novembre, à Saint-Martin d’Ainay (M°Ampère), à 20h30

Dim 18 & 25 : 16h

Merc : 19h

Relâches ts les lundis et 24 novembre, rens/réserv : 06 15 58 06 72

Char. Retour à lui. Grâce aux « Transparents », proposé au Théâtre de l’Iris jusqu’au 17 novembre. Mise en scène : Guillaume Méra (cie Pas d’Ici). Pour brûler sur les planches, trans-par-être dans la langue de Char : Jennifer Testard, Maud Chapoutier, Caroline Garnier, Etienne Leplongeon, Julien Reneaut.

Les transparents, les matinaux, sont des vagabonds, des marginaux qui vivaient libres, au début du siècle, mimant des poèmes sur les places de villages. Dans un univers décalé, des voyageurs sans destination vont faire revivre la parole du poète, nous délivrer des messages d’amour et de révolte, réveiller nos imaginations engourdies par la médiocrité ambiante. « Comment dans ce monde si muselé, peut-on encore faire entendre ceux que l’on n’écoute plus, ceux qu’on a mis de côté, les sans droits, les exclus, les transparents des temps modernes ? En désacralisant la poésie, en la rendant accessible, en nous en emparant avec joie et entrain… »

Théâtre de l’Iris (Villeurbanne, M° Cusset), rens : 04 78 68 86 49

03/11/2007

Les folles d'enfer

 

 

0b86b966bcf981d365ae06893cf620f9.jpg

  Elles. Et nous. Elles, « les folles d’enfer ». On s’en occupe à la Salpêtrière, sous Louis XIV, sous Louis XV, sous Louis XVI, sous Napoléon… jusqu’à Charcot, fin XIXe. On s’en occupe des folles, on les classe, on les parque, on les dresse, on les punit. Pour leur bien, toujours pour leur bien. On ne fait pas n’importe quoi avec elles. On les répertorie. On leur applique les remèdes appropriés… pour l’époque (des saignées aux mutilations pures et simples). Le temps passe, le Progrès avance partout. Jusqu’à la Salpêtrière. Jusqu’aux folles. Elles aussi voient leur sort progresser, leurs chaînes être remplacées par… des camisoles. Elles continuent de battre la campagne, enfermées. Mises en lieu sûr (mais sûr pour qui ?).

 

Elles. Mâkhi Xenakis leur a consacré un texte, à « elles ». Aux « folles d’enfer ». « Pas un texte de théâtre, mais (…) un texte pour le théâtre », et c’est bien ce dont s’est persuadé Christian Nadin, le metteur en scène. Reste que l’entreprise s’annonçait délicate. Pour ne pas dire casse-gueule. Au terme d’un long travail avec ses deux comédiens (Bernard Gerland et Hélène Saïd, LE médecin et sa patiente au travers des âges), Nadin est parvenu à éviter les écueils qui menaçaient sa création. 

 

On peut parler des « Folles d’enfer » comme de « la mise en théâtre d’une mémoire oubliée », on n’y trouvera aucune trace de surenchère mémorielle. Nadin ne joue ni la carte de l’émotion facile, ni celle d’un quelconque intellectualisme. Nadin signe un travail intelligent au sens de « précis ». Cette exactitude, il y était tenu sous peine de voir « Les folles d’enfer » foncer dans ce mur qu’embrassent trop facilement les spectacles engagés. Nadin ne dénonce pas, il donne à voir et à entendre des témoignages qui relèvent de l’inouï. Et au final, il fait confiance à ses comédiens. Il peut. Il sait les faiblesses qui font leur force. Bernard Gerland. Comédien. Terrien. La gravité et sa loi, sans la lourdeur. Capable d’incarner l’homme dans toute sa richesse et ses contradictions, même quand il se fait le porte-voix d’une médecine inhumaine. Surtout quand il tient le mauvais rôle. « Tenir », un verbe qui sied à merveille à Bernard Gerland. Si « Les folles d’enfer » est une mise en théâtre bel et bien hantée, elle n’a rien de morbide. La métamorphose incessante d’Hélène Saïd frappe d’autant plus que jamais, à aucun moment, elle ne fait la folle. Elle ne joue pas pour Zulawski ou pour Ken Russel. Elle joue pour Christian Nadin. Elle joue pour nous. Elle déménage… sans bouger, ou presque. Elle n’est pas seule dans sa folie. À tout moment, des consœurs peuvent apparaître… au bout de ses mains, marionnettes plus-que-marionnettes. Aux yeux du spectateur, rien de plus lassant que la folie jouée. Rien de plus fascinant que l’extrême-autre incarné avec sobriété par Hélène Saïd.

 

"Les folles d'enfer",

du 8 au 25 novembre Théâtre des Marroniers, 7 rue des Marroniers Lyon 2e

(04 78 37 98 17)

merc, jeud, vend, samedi à 20h30

dim à 17h

4,5,6 décembre Théâtre Nouvelle Génération, à 20h30

23 rue de Bourgogne Lyon 9e

(04 72 53 15 15)

13 et 14 décembre Espace Culturel St-Marc, à 20h30

10 rue Ste-Hélène Lyon 2e

(04 78 38 06 06)