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26/10/2007

Prochaines signatures

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Le week-end du 13-14 octobre, à Saillans (dans la Drôme), au festival "Anguille sous Roche".

Le week-end du 10-11 novembre, au salon du polar d'Aniche (dans le Nord-Pas-de-Calais).

Le week-end du 17-18 novembre, au festival Sang d'Encre, à Vienne.

 
merci à Emeric

12/10/2007

ROUGE, NOIR, BLEU

“ Si on écrit de la fiction, autant que ce soit vrai. ”

Ortiz

 

         - Eki, tu ne vas pas toucher nos livres… pas avec tes mains. 

         - S’il te plaît, Eki…

Sont-ils de vrais libraires ? De vrais amis ? En tout cas, Pascal et Pascale forment un vrai couple. Quand ils me voient penché sur leur tête de gondole, ils froncent leurs sourcils en un mouvement parfaitement synchrone. 

         - On est toujours heureux de te recevoir dans notre boutique, c’est pas la question. La question, c’est sur quelle manucure folledingue tu es tombé ? 

La couleur de mes doigts ne leur revient pas. Ces dix mêmes doigts qui ont écrit l’un des deux cents romans noirs mis en vente dans leur librairie.

         - À force d’écrire sur le crime, tu te retrouves avec les mains rouges…

Je tends mes doigts en direction du couple éploré. À fin de vérification. « Aussi secs que rouges ». J’exhibe la couverture immaculée d’un livre que j’ai manipulé pas plus tard que tout à l’heure. Les Pascaux finissent par se détendre.

         - D’accord, on a peut-être eu tort de s’angoisser quand on t’a vu feuilleter notre fond. Tes doigts étaient tellement...

         - Vous voulez le nom de la responsable ? L’éosine.

Je leur parle de ma fille âgée de quelques jours, du morceau de cordon qui lui pend sous le nombril et que je traite à l’aide du produit écarlate.

         - On est ravi que tu viennes remuer nos livres, Eki. Le tien est un best-seller. Depuis le début de l’année, on en a vendu une cinquantaine d’exemplaires.

Un dixième des ventes au niveau national, si j’en crois les chiffres avancés par mon éditrice. Un centième du tirage initial. Adrienne a essayé de me consoler au téléphone. Elle a comparé mon score à celui des débuts de Lucas Santi, aujourd’hui auteur phare de sa maison d’éditions. Adrienne a oublié un détail : Lucas Santi écrit des livres exigeants et inclassables, fuit la fiction. Moi, je fais dans un genre prétendument populaire : le roman noir. Suis censé trouver, sinon mon public, à tout le moins un public. 

J’ouvre une bande dessinée d’humour. Un taulard y creuse un tunnel à l’aide d’une petite cuillère. Je saute quelques cases, découvre le résultat de tous ses efforts. Plutôt que de gagner la liberté, l’homme émerge dans un autre recoin de la prison, une autre cellule en tout point semblable à la précédente (à un détail près : la pin-up punaisée au mur, de brune est passée blonde)…

Pascale finit de vérifier l’état d’un livre que j’ai feuilleté, rajoute :

        - La sortie de ton premier roman n’a peut-être pas… provoqué les changements que t’espérais. Mais celle de ta fille, ça bouleverse bien des choses, non ? C’est pas de la fiction.

         - Et cette petite fille s’appelle comment ?

         - Rosa. Rosa-les-yeux-bleus.

         - Comme tous les bébés.

         - Comme tous les bébés.

         - Tu verras, Eki, les yeux bleus chez un bébé, ça dure rarement. Ta vocation dans le noir, ça par contre c’est solide, ça risque pas de varier. T'écris du noir, et t'es pas près de changer, ça marche trop bien pour toi.

 

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         Je suis assigné à résidence. Je suis l'homme le plus heureux de la Terre. J'ai la petite à garder, mon ordinateur pour me garder, une cafetière en parfait état de marche. Et toute une documentation à éplucher. 

         Très vite, cette paperasse collectée avant la naissance de Rosa me pose problème. La pile est consacrée à des faits divers, mais si c'est pour en sortir des drames dont les enfants sont les victimes... je préfère battre en retraite. Choisis d’allumer la télévision, plutôt que de relire les conditions dans lesquelles le fils de Clapton s'est défenestré, ou celles qui ont permis à un notable pédophile de sévir pendant un quart de siècle. 

         Je presse un bouton de la télécommande aussi rouge que mes doigts. Tombe sur un reportage consacré au recrutement d'un célèbre cascadeur par la police. L'objectif : la reconstitution (filmée) d'un meurtre ferroviaire, une opération nécessitant l'aide technique d'un spécialiste.

         Commentaire de la vedette : « Ça me change de mes vols planés en bagnole, sur les plateaux des James Bond ! ».

         Ce qu’il ne faut pas dire pour cacher une reconversion forcée, en ce début de XXIème siècle où les effets numériques explosent au cinéma. Encore un cascadeur mis sur la touche !

         Trop sensible à la tristesse du reportage, j'éteins le poste. Me coupe les ongles. Ne veux plus risquer de griffer ma fille lors des prochains changes. J’en profite pour réfléchir à une scène de meurtre qui doit conclure mon nouveau roman. Ou l’ouvrir, je ne sais plus.

 

         Rosa commence à faire des siennes, à ne plus se satisfaire de mon nez que je lui donne à téter. Mathilde rentre au bon moment. Découvre son sein droit.  Questionne : 

         - Ça s’est bien passé avec la petite ? 

         - Je crois qu'elle a les yeux... moins bleus qu'avant. Un petit soleil sombre est en train de naître au centre de...

         - T'es astronome, maintenant ?

 

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         “ J’ai tué le serial-killer. J’ai fait avec les moyens du bord, je l’ai poussé sous les roues d’un avion en train d’atterrir. Une fin dégoûtante, à la hauteur du personnage. Les flics ne m’ont pas remercié, trop occupés à vomir… ”

         Cela fait deux mois que j’ai renoncé aux petits boulots pour me consacrer à l’écriture et à ma fille. Histoire de me rafraîchir la mémoire, je passe régulièrement la cassette enregistrée lors de ma dernière journée de chantier. Ces bruits incessants de machines, comme montés en boucle, produisent leur effet tandis que je m’échine sur mon feuillet quotidien. Ils ont aussi le pouvoir d’endormir Rosa. Pourtant, à un moment de l’enregistrement, on entend mon ancien contremaître gueuler “ MAIS QU’EST-CE QUE TU FOUS AVEC CE MAGNÉTO ? ”. Ma réponse est inaudible. 

 

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         Séance de dédicace dans un salon du livre. Bon élève, je reste le cul collé derrière ma table. Bien m’en prend. Je signe trois bouquins à trois Claudine qui se succèdent sans se ressembler physiquement. Elles partagent la même interrogation (en plus de leur prénom): “ Quelle différence faites-vous entre roman policier et roman noir ? ”. Je fais trois réponses différentes, parviens à chaque fois à décevoir. 

         Je saisis l’un de mes livres. Finis de me démoraliser. Relis les approximations et les inexactitudes qui remplissent la quatrième de couverture.

         Pour chasser les fourmis qui ont gagné mes jambes, je me lève, gagne une table ronde, perds mon temps en participant à un débat foireux. Je croise le fer avec des zombies que même Romero hésiterait à filmer pour l’une de ses Apocalypses gores. Ces joutes m’opposent à une clique d’anciens maos reconvertis dans l’écriture sans avoir jamais cru au Verbe. Je parviens à :

a) exhiber mes doigts dont l’extrémité reste rougie par l’éosine.

b) rappeler à ces quinquagénaires donneurs de leçons que je n’étais pas né en mai 68, et

c) plaindre "parmi les gens présents dans la salle, ceux qui ne lisent que du noir".

         Cette dernière remarque déplait au “ James Crumley français ” (l’homme a adopté la moustache et le bide de son modèle, à défaut de son style). Il me donne du “ jeune homme ”, histoire de rappeler que je m’exprime du haut de mon unique livre sorti jusqu'à présent.

         - La question que nous aimerions vous poser, jeune homme… Plaignez-vous également Ellroy qui n'aime que les films noirs, qui affirme ne pas s’intéresser aux autres genres ?

         - Je l'aime et je le plains.

         Il n’en a pas eu assez avec ma réponse. Me tend une perche magnifique. Veut savoir ce sur quoi je planche en ce moment. Titre inventée dans la seconde, grenade dégoupillée et lancée vers celui qui le mérite :

         - Ça s'appellera "ÉLOGE CATHOLIQUE DE L'ADULTÈRE".

         Je ne saurai jamais si j’ai lâché un pétard mouillé. Déjà, trois intermittents du spectacle ont fait leur apparition avec force bruit. Le but de leur manœuvre ? Improviser une scène de crime devant l’estrade où nous, gens de lettres aimant à développer nos conceptions d’une vraie littérature populaire, nous sommes crêpés le chignon et échauffés les egos une heure durant. Un coup à blanc s’échappe d’un vrai pistolet qui ressemble à un jouet. Le signal que l’animateur du débat attendait pour remercier et inviter ses auteurs à rejoindre les “ lecteurs impatients ”. Récréation terminée. Des piles de livres à dédicacer nous attendent.

         Un gros malin à la calvitie méditerranéenne, impeccablement bronzée, me tombe dessus. Le bonhomme remporte le pactole avec chacun de ses romans en jouant la carte de l'exotisme marseillais, en joignant un glossaire en guise de postface. Je lui parle de Suares. Il me traite d’intello. C’est lui l’ancien khâgneux. Moi l’autodidacte avec mon "BEP de lettres" pour unique diplôme. Dégoûté, je quitte la tente aux monstres. 

   

 

         Dans ma chambre d’hôtel, je songe que demain je remets ça. Me mélanger à ceux qui revendiquent leur appartenance à une “ littérature populaire ” avec une démagogie inouïe, qui prétendent savoir ce qu’est “ le réel ”, qui se vantent d’avoir “ déboulonné toute une mythologie ” sans se rendre compte qu’ils en installent une nouvelle, ô combien plus pauvre. 

         Le désert. Un peu partout dans la pièce. Sous verre. Se fondant dans le papier peint. Qu’est-ce qui pousse un couple d’hôteliers parfaitement raciste à décorer ses chambres de pareils clichés ? Je redescends voir Monsieur et Madame, joue le client agoraphobe, rendu nerveux par ces photos “ d’immensités à faire peur ”...

         - C’est notre fils qui a pris ces images. On en a mis dans tout l’hôtel.

         - J’ai vu. Enfin... rien que dans ma chambre, j’ai vu ! Votre fils prend de sacrées photos, j’espère qu’elles ne sont pas phosphorescentes dans le noir !

         - Notre fils, il est enseignant dans les Émirats. Les arabes de là-bas, c’est pas comme ceux d’ici. Notre fils nous l’a dit, les arabes des Émirats, ils méprisent les arabes de chez nous.

         Je suis bien attrapé.

         - Au fait, demain matin, qu’est-ce qui vous ferait plaisir en plus du café et des tartines ? La même chose que vos collègues ?

         - Vous leur avez posé la question ? Ils vous ont répondu la vérité ? Ils vous ont dit qu’au petit-déjeuner, ils découpent des articles dans le journal et qu’ils les mangent pour de bon ?

         - Vous faites bien de nous prévenir. On leur prêtera le canard du jour s’ils le réclament, mais on gardera un œil dessus.

         Je regagne ma chambre, les jambes lourdes. J’emprunte un escalier forcément glauque, un couloir forcément interminable. Derrière chaque porte, un auteur de roman noir, qui regardant le porno du samedi soir, qui baisant l’attachée de presse d’une fameuse maison d’édition ou plus simplement l’échotière du canard local, qui appelant jusqu’à point d’heure les poteaux de service pour causer football ou petite reine…

         Les murs de ma chambre toujours « jaune désert ». Je leur dois mon cauchemar de la nuit : l’autopsie du Petit Prince, les pieds dans le sable.

 

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“ Quand il vit la tête du Président de la République s'élever dans les airs, comme propulsée par ce jet de sang qui jaillissait au niveau du cou, le responsable de la sécurité se dit que quelque chose avait merdé, et qu'il n'allait pas conserver son poste plus de quelques heures... ”

         Retour à la maison. Mon éditrice m’appelle pour s’excuser. Pour avouer. Elle s’est trompée dans les chiffres qu'elle m'a donnés. Les ventes de mon livre ne sont pas si catastrophiques.

         - Vous voilà rassuré, Eki ? La petite Rosa va compter sur un papa de bonne humeur ?

         - De bonne humeur, je ne sais pas. Occupé, sûrement.

         - Bien sûr, vous planchez sur le deuxième...

         - Tout le monde m'a tellement répété qu'écrire un second roman, c'était comme négocier un virage très dangereux...

         - Vous me parlez de "second roman"... J'espère bien que c'est votre "deuxième roman" que vous écrivez, et non votre “second”, j’espère bien qu'il y en aura un troisième, un quatrième...

         Je l’écoute. Tripote une peluche qui laisse échapper par le cul une étiquette remplie de conseils de lavage en japonais.

         - Vous ne publiez toujours que du noir, Adrienne ?

         - Ça marche, pourquoi m'arrêterais-je ? Et vous, vous en écrivez toujours, du noir ?

         - Pas tout de suite. Je vais d'abord changer ma fille, je l'entends qui réclame...

         - Moi aussi, je l'entends au bout du fil... Faites-lui des bises de la part de votre éditrice. À Lyon, on fait combien de bises quand on embrasse ? C’est comme ici, à Paris ?

         J’adresse un long regard de compassion à un clown. Pour avoir volé ses gants à Mickey Mouse, il a été condamné à porter toutes sortes de rayures infamantes, à servir de punching-ball à ma fille.

         - Vous êtes encore là, Eki ? Je voulais savoir, en un mot, qu'est-ce qui s'est passé au Festival de Bayole ? Le week-end dernier ? Vous avez participé à un débat public ?

         - Et contradictoire. Vous voulez ma version ? 

         - Ce n'est pas urgent, occupez-vous de votre fille. Je vous rappellerai. Juste… le titre, Eki ? Quel titre pour votre deuxième roman ? Mettez-moi l'eau à la bouche...

         - On vous a soufflé quelque chose ? Besoin d'être rassurée ?

         - Mon téléphone arabe a fonctionné. 

         - J'ai trouvé autre chose… Un titre bien meilleur, notez-le sur vos tablettes : "LA TENTATION DE... LA MONOGAMIE". Ou mieux encore : “ AUTEUR DE NOIR ET BON PERE ! ” ou “ MA FACON À MOI DE BIEN COMMENCER LE MILLENAIRE ”.

         Je lâche le téléphone pour prendre Rosa. Frappe du coude la télécommande. L'épiderme d'un rocker apparaît à l’écran. Sueur live. Sur le front luisant de ce pseudo rebelle, je crois voir le reflet du monde qui l'environne. Voilà ce que moi et les autres auteurs de noir avons décrit jusqu'à présent : ce reflet là. Rien d'autre. 

         Nouveau coup de coude pour tout arrêter : les flammes des briquets qui illuminent le concert, les gyrophares des voitures de flics qui circulent de chaîne en chaîne, se poursuivent de téléfilm allemand en dessin animé japonais, les brasiers qui dévorent des coins de paradis… Extinction de tous les feux.

         Rosa éclate de rire dans son transat. L’objet de son hilarité ? La photo anthropométrique de Bertillon scotchée au dessus de mon ordinateur. Rosa trouve rigolote ma façon d’humaniser mon “ coin informatique ”. Aperçoit-elle l’icône réduite au format d’une carte postale dans laquelle le Christ serre contre lui un gros livre, écarquille les yeux comme un type ayant bu trop de café ?

         D’autres yeux écarquillés, ceux de Rosa presque révulsés de bonheur. Je la plonge dans le bain. Un pingouin flotte à sa surface, affiche une température idéale. Les pupilles bleues de ma petite chérie ne sont plus qu'un lointain souvenir, c'est un regard sombre qu'elle darde sur moi à présent. Couleur métal. 

                                                                                     Frédérick HOUDAER

 

 

Ce texte a été publié dans le #  4 de la revue « La sœur de l’ange ».

Il est extrait de mon roman « PROVINCE »… en quête d’éditeur.

 

 

 

 

06:30 Publié dans a.2) MES TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ortiz, polar

07/10/2007

"PARENTHESES" de Pascal Garnier

Au commencement, il y a la fin de la guerre. « Été 44. (…) On pourrait croire qu’il ne s’est rien passé ». Les drapeaux « ne sont plus bleu, blanc, rouge mais plutôt mauve, beige et rose fané ». Tout l’art de Pascal Garnier est déjà là, qui dépasse de loin le sens du détail. Des hommes « avec leur fusil de chasse encore plein de paille et leur brassard FFI de la dernière heure » tondent un trio d’amies. Des femmes que Garnier fait se perdre de vue puis se retrouver quarante ans plus tard grâce ou à cause de quelques contretemps. Pas n’importe où : sur l’épicentre de leur humiliation, une bourgade du bord de Cher.

Pour Garnier, aujourd’hui se conjugue au passé simple, et les souvenirs de guerre qui ponctuent le récit au présent. Ce choix n’a rien de gratuit. Une fois ouverte sa « Parenthèse », il sait qu’il lui faudra bien la refermer, et il n’ignore pas que le réalisme de son récit se renforce à chaque coïncidence troublante (par exemple, tous les allemands croisés dans le roman, même à 40 ans de distance, s’appellent Manfred). Héritier de Maupassant et de Simenon, Garnier sait aussi bien croquer certains ruraux dans toute leur cruauté, que camper des personnages féminins riches d’une force proportionnelle à leurs meurtrissures.
« Trois vieilles chouettes sur une branche pourrie. (…) Au fond, toutes ces années passées n’avaient fait qu’une grande boucle pour les ramener à ces trois gamines qui formaient une espèce de bande dans la cour de la récréation. Sûr qu’on devient ce qu’on a été. »
Et quand les animaux se mettent à parler à un personnage qui s’enlise (au sens propre du terme), comment ne pas songer à l’univers sombre et bucolique de « La nuit du chasseur », où la faune la plus glauque offre une sorte de réconfort après que l’humanité ait démontré toute sa saloperie.

Une dernière précision, et d’importance. Le roman se conclut sur la phrase : « Je suis heureux ». Est-ce bon signe ? se demanderont les afficionados de Garnier.

F.H.

Parenthèse
De Pascal Garnier
Editions Plon
184p., 16 euros
ISBN 2 259 19978 X