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29/07/2005

Vendredi 29 juillet

À l’école primaire, quand j’avais sept ans, il m’est arrivé un incident étrange. À la suite d’une insolation, j’ai perdu la mémoire. Je suis resté pendant six mois en état de choc, ne me souvenant plus que d’une grande lumière, puis je suis brusquement redevenu normal. Pendant toute cette période, on m’avait mis dans une section spéciale de mon école, réservée aux élèves déficients mentaux. Nous étions huit, et devions porter un uniforme noir, alors que les élèves normaux étaient habillés en blanc. Quand je me suis comme réveillé, on m’a redonné l’uniforme blanc, et les élèves considérés comme débiles m’ont demandé : “ Mais qu’est-ce que tu fais là, habillé en blanc comme tous ces cons ? ”.

Hugo Pratt (extrait de son autobiographie “ Le désir d’être inutile ”)

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26/07/2005

Mardi 26 juillet

Trouvé dans la dernière lettre de Persona, ce remarquable extrait :

 

 « Dario Fo ne fait pas œuvre d’historien, mais il se sert de l’histoire pour montrer concrètement par le théâtre la nécessité de la réinterpréter sans relâche : édifiée le plus souvent par les érudits de la bourgeoisie, l’histoire a besoin d’être réinventée et retournée afin de servir les luttes présentes. Mais cette ré-appropriation, pour restituer au peuple la mémoire de ses luttes, doit se garder de concurrencer l’histoire officielle par une « contre-histoire » tout aussi dogmatique qui se présenterait sous la forme d’une leçon édifiante, illustrant et célébrant la marche continue et assurée vers le succès des « organisations responsables ». Dario Fo ne se réfère à l’histoire que pour retrouver des formes concrètes de protestation, de subversion, de révolte ou pour montrer les conditions particulières dans lesquelles furent inventées des luttes et transmis le savoir qui transforme l’oppression en insurrection. Ce que la culture populaire peut enseigner, ce n’est pas seulement une « contre-histoire », mais surtout le moyen d’inventer aujourd’hui encore des pratiques de résistance et de révolte. Retrouver cette culture c’est attiser le goût de la ruse et de la fantaisie, et par là continuer à divulguer ces pratiques et à en prolonger la portée »

in le métier d’acteur, paradoxe du théâtre politique de José Guinot et François Ribes

25/07/2005

Lundi 25 juillet

Je m’estiv’aille jusqu’à Toulon où un sacré bonhomme vient de mourir. Je devrais fêter mon 36ème anniversaire sur une aire d’autoroute.

Autrement, avant de partir en vacances, un site à visiter.

Et les propos d’un sinologue, François Julien :   

« En Europe, nous avons politiquement conquis le droit aux vacances, mais en avons-nous jamais conçu la notion ? (…) Partir en vacances, c’est cela : laisser à nouveau jouer, par-delà le clivage entre corps et esprit, une vitalité débarrassée de toute excitation fébrile. L’expérience est commune – je la partage avec les Chinois – mais voyez comme la pensée européenne reste un peu gourde pour s’en saisir. Descartes ou Kant ont bien approché l’idée, le premier lorsqu’il recommande de savoir " ne s’occuper qu’à imiter ceux qui, en regardant la verdeur d’un bois, les couleurs d’une fleur, le vol d’un oiseau, et telles choses qui ne requièrent aucune attention, se persuadent qu’ils ne pensent à rien. " " Ce qui ", martèle-t-il, " n’est pas perdre son temps. " Mais sur ce " penser à rien " vient mourir sa pensée. »

22/07/2005

Où écrire

« J’écris sur les tables de cafés, parce que je ne saurais me passer longtemps du visage et de la voix humaine (…) j’écris dans les salles de cafés ainsi que j’écrivais jadis dans les wagons de chemins de fer, pour ne pas être dupe de créatures imaginaires, pour retrouver d’un regard jeté sur l’inconnu qui passe, la juste mesure de la joie et de la douleur. »

Bernanos, préface aux Grands cimetières sous la lune

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21/07/2005

Jeudi 21 juillet

Pour les Rhône-Alpins : chez votre marchand de journaux, le dernier numéro de LYON-DECOUVERTE spécial polar. 15 grands faits divers lyonnais racontés par des écrivains. Un texte de Charles Juliet consacré au Juge Fayard ! Pouy évoque l’assassinat du Président Carnot à Lyon, au XIXe siècle. Quant à moi, je m’attaque à l’Affaire du Courrier de Lyon.

Pour la séance photo liée à la parution dans cette revue, voir la note du lundi 11 juillet.  

 

18/07/2005

Lundi 18 juillet

C’est ma fête… et pourtant, je quitte Avignon (trois courtes journées passées au festival). Par miracle, j’ai trouvé une place pour le (trop ?) fameux « Je suis sang » de Jan Fabre.

14/07/2005

Jeudi 14 juillet

SHOKING !

11/07/2005

Double visite

Tout commence par une séance photo normale. Éric Soudan, photographe pour Lyon-Découverte, souhaite me tirer le portrait dans un cadre intéressant. Il passe me prendre en scooter et m’emmène au Musée automobile de la Rochetaillée. Là, je prends la pose au fond de deux voitures dont un taxi de la Marne. Le musée étant officiellement fermé, nous l’avons pour nous tout seul. Nous nous attardons. Nous examinons la monstrueuse voiture de Hitler, ou celle qui a servi à Jean-Paul II pour faire deux fois le tour du stade de Gerland lors de son passage à Lyon, dans les années 80. Cette dernière affiche 250 kilomètres au compteur !

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Nous remontons sur le scooter… Éric, au lieu de me ramener directement à la Croix-Rousse, me dit qu’il a « un truc » à me montrer. Et le voilà qui me conduit jusqu’à LA DEMEURE DU CHAOS (je ne l’avais vu qu’au travers de quelques reportages dans la presse, jusqu’à présent). Voilà qu’Éric pousse son scooter jusque devant les grilles de la propriété, voilà que ces grilles s’ouvrent car mon photographe-chauffeur vient de saluer de loin une connaissance… Thierry Ehrmann, le Maître des lieux, qui nous accueille avec la plus grande gentillesse… et nous fait visiter son chantier, son lieu de travail et son lieu de vie (les bureaux du groupe Serveur sont cachés sous le sol). Le site bénéficie d’une autonomie totale en matière d’électricité, d’eau, etc. L’un des toits, en cuivre, est farci de capteurs. Un autre est décoré/flanqué d’une énorme météorite. Tout est taggué de rouge et de noir.

L’homme fait montre d’un bel enthousiasme en nous montrant l’ancien temple protestant qu’il est en train de mettre à jour dans ce qui reste d’un potager, ou les nouveaux portraits géants peints sur la façade. De quoi ravir les voisins (Ben laden, Ratzinger du temps des jeunesses hitlériennes, « d’après une photo repêchée dans la mémoire de la banque de données du Vatican ! » nous explique notre guide).

Nous voyons l’ancien maire du village, qui fut l’un des farouches opposants au projet, venir saluer Thierry Ehrmann et lui dire « bravo ». Éric n’en croit pas ses oreilles, ni ses yeux.

Deux molosses dignes des Baskerville viennent réclamer leur lot de caresses (non, je ne charge pas le tableau, je n’ai pas parlé de l’hélicoptère fracassé, racheté en l’état, et posé au milieu de la cour, ni de l’épée de maçon de Thierry Ehrmann plantée dans l’un des murs extérieurs, ni de la salamandre…).

Quelques heures plus tard, je lirai cette phrase de Nimier dans un texte consacré à la thébaïde de Kléber Haedens : « Deux chiens d’une philosophie profonde hument et gardent cette maison. »

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07/07/2005

Jeudi 7 juillet

Soldes ! – 30 % sur les baskets ! Va pour cette paire d’Adidas.

À la caisse, je découvre que les godasses que j’ai choisies ne sont rien moins que des « Adidas Esoteric » (sic !).