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22/10/2014

"Le paysan" (NatYot)

Le paysan s’assoit. Il a la fatigue. Grande. Bien. Il est tatoué sous les ongles. On ne voit que ça. Et les yeux, comme quand je me lève trop tôt.

 

C’est qu’on n’est pas si bête, dit-il.

Ça tourne aussi dedans. Ça fait des cabrioles et des entorses avec. On a de la pensée. On n’en fait pas des tonnes. On s’en sert autrement, nous.

 

silence

 

C’est qu’on n’est pas si bête.

Nous c’est plutôt le sang. Le sang. Bien. Le sang qui réfléchit dans sa course, en coulant, en faisant ces allers venus. Il fait son beau parcours le sang, son parcours quotidien, son parcours idéal. Un parcours qui a d’ la gueule,

qu’oublie pas les genoux

qu’oublie pas les orteils

qu’oublie pas les mâchoires

qu’oublie pas les paupières

qui fait tout fonctionner

sinon on est foutu, nous.

Tu vois.

 

silence

 

C’est qu’on n’est pas si bête.

On vous laisse les grues, et l’acier dans le ciel. C’est beau quand même, dit-il. Nous, on aime la pluie. On aime l’humidité. L’humilité. Quand la pluie elle irrigue, ça me donne la trique. Toutes ces gouttes qui pénètrent le sol, ça me donne la trique. Et je peux chanter fort des rengaines que j’invente, et je peux crier fort là-bas au fond du champ. Personne me dit « la ferme ! »

Personne ne m’entend.

Je peux être fou si je veux.

 

silence

 

Le paysan se lève. Il a une petite mine. Il boit un petit coup dans un tout petit verre. Je voudrais boire aussi. Mais il n’y a qu’un verre et je ne fais pas ça. Boire dans le verre des autres.

 

NatYot (bientôt, au Cabaret Poétique)

 

natyot

 

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