28.06.2009
Vollard and co...
Deux extraits du livre d'Ambroise Vollard : « En écoutant Cézanne, Degas, Renoir »
Vollard, dans une conversation avec Cézanne :
« Il me semble que cela devait être d’un intérêt passionnant, les rencontres que l’on faisait chez Zola : Edmond de Goncourt, les Daudet, Flaubert, Guy de Maupassant, et tant d’autres.
Cézanne : Il venait beaucoup de monde, en effet, mais c’était bien emmerdant, ce qu’on y entendait dire. J’ai voulu un jour parler de Baudelaire : ce nom n’a intéressé personne.
Vollard : Mais de quoi s’entretenait-on ?
Cézanne : Chacun parlait du nombre d’exemplaires, auquel on avait tiré son dernier livre, en mentant un peu bien entendu. Il fallait surtout entendre les dames. Mme X disait avec fierté et en défiant du regard Mme Z « Nous avons calculé, mon mari et moi, qu’avec les éditions illustrées, le dernier roman avait été tiré à 35000 exemplaires » - « Et nous, disait Mme Z en relevant le gant, nous sommes assurés pour notre prochain livre d’un tirage à 50000 exemplaires, sans compter l’édition de grand luxe… » Voyez-vous, Mr Vollard, Zola n’était pas un méchant homme, mais il vivait sous l’influence des évènements ! »
Vollard à Zola :
« - Vous avez des tableaux de M.Cézanne ?
Zola : Je les avait cachés à la campagne. Sur les instances de Mirbeau, qui voulait les voir, je les ai fait rapporter ici. Mais je ne les mettrai jamais au mur. Ma maison, vous ne l’ignorez pas, est la maison des artistes. Vous savez combien ils sont justes, mais sévères entre eux. Je ne veux pas abandonner au jugement de ses pairs le plus cher compagnon de ma jeunesse. Les tableaux de Cézanne sont enfermés là, dans cette armoire, à l’abri des regards malveillants. Ne me demandez pas de les sortir, cela me fait trop de peine, quand je pense à ce que mon ami aurait pu être, s’il avait voulu diriger son imagination et aussi travailler sa forme, car, si on naît poète, on devient ouvrier… c’est à son intention que j’ai produit « L’œuvre ». Le public s’est passionné pour ce livre, mais Cézanne lui est resté fermé. Rien ne pourra plus le sortir de ses rêveries : de plus en plus, il s’éloignera du monde réel…
Vollard : Mais s’il n’a pu réaliser son œuvre, M.Cézanne, du moins dans ses lettres, disait-il des choses intéressantes sur la peinture ?
Zola (baisant tendrement son petit chien) : Tout ce qu’écrivait Cézanne était imprévu et original : mais je n’ai pas conservé ses lettres… Je n’aurais voulu pour rien au monde qu’elles soient lues par d’autres, à cause de leur forme un peu lâchée. »
21:40 Publié dans carottages littéraires, où je lis, où je trouve à rire, où mon taux d'adrénaline augmente, pigments & pixels | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vollard, cézanne, degas, renoir, goncourt, daudet, flaubert, baudelaire, maupassant, mirbeau, zola, l'oeuvre
26.06.2009
Dimanche...
21:46 Publié dans LyonnÈseries, planches, TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guignol, théâtre, zonzons, chantiers de la marionnette, lyon
23.06.2009
« AUX VENTS ! » (suite…)
Deux articles récemment parus sur « AUX VENTS !» de Marc Pellacoeur, le troisième livre que j’ai fait publier aux éditions « A plus d’un titre » : un papier formi-formidable, signé Bertrand Du Chambon, dans le « Magazine des livres ». Un autre (que je recopie) dans le numéro de juin de « Livre & Lire » :
« BLACK BERRY
Bienvenue en Berry saint-amandois ! « Pays au cœur d’or », au cœur de la France – odeur de beurre rance garantie… Son clocher ding dong et ses querelles de doux dingues, ses fiers blancs-becs couperosés et ses deux ou trois « bronzés », son ancien maire Maurice Crapon et ses deux clubs de foot ennemis, son dernier authentique anar et ses vieux cocos cuits au comptoir, son cinéma déserté et sa discothèque « blindée », sa salle de poker clandestine et ses concours de danse, sans oublier la nymphomane et les condés à l’affût… Entre petits commerces et gros potins, poujadisme et racisme ordinaires, AUX VENTS ! de Marc Pellacoeur est un roman noir bien affûté sur la misère semi-rurale à la française. Car au-delà du tableau d’un pays tiraillé par son milieu et par son Histoire, au-delà des personnages hauts en couleurs qui peuplent cette fresque berrichonne, il y a bel et bien eu meurtre. Et l’on accompagne Max Hellacoeur, une brave petite frappe qui, jusque là, faisait tranquillement dans l’arnaque aux voitures d’occasion, avant de se retrouver, vieille amitié aidant, mêlé à l’homicide de son Kabyle de mécano. Héros ventre mou d’un polar prolo-rural, Max réussit un moment, de petits boulots en petite amie, à éteindre les soupçons et à faire son trou à Montrond… jusqu’à ce que le cadavre de Mustapha refasse surface. Tour à tour chroniqueur et poète d’un monde évoquant celui de Céline et de Calaferte, Marc Pellacoeur qui sait allègrement changer de registre de langue comme de vitesse de narration, signe ici un premier roman étonnant par l’étendue de ses contrastes. »
Marc-Henri Jéru, « LIVRE & LIRE » juin 2009
Pour commander ce livre par Internet, cliquez sur ce lien. Mais vous pouvez AUSSI le trouver (ou le commander) chez votre libraire préféré!
19:43 Publié dans DIRECTEUR DE COLLECTION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aux vents, pellacoeur, a plus d'un titre, a charge, livre & lire, jéru
13.06.2009
François Bon, Led Zeppelin et Lyon !
“Le premier concert, à Lyon, le 26 mars 1973, c’est dans un stade de onze mille places où on a laissé entrer quinze mille jeunes, mais les portes sont forcées par quelques centaines d’autres qui prétendent à la gratuité des concerts (ce sera un vrai mouvement, quoique mineur, à l’époque). Grant explique au groupe que c’est une suite de ce que la France a connu en 1968, enfin pour la connaissance vague qu’il en a, et dont ils se contentent. Finalement, c’est les roadies de Led Zeppelin que Grant charge de bloquer les portes : on est quarante-quatre pour la tournée, si on retranche le groupe et les techniciens, l’avocat et le chargé de presse, ça en laisse deux bonnes douzaines qui, selon Gee, weren’t afraid to fight – si lui ne va pas au contact des gate crashers, c’est qu’il a peur d’en tuer un, dit-il. Mais quand des bouteilles vides viendront éclater sur la scène, Cole et lui repèreront le type qui les lance, et, dans la coulisse (tiré dans les escaliers par les cheveux en toute simplicité), on lui fera la fête.
Le lendemain, on joue à Nancy. La bonne ville de Lyon, sous la pluie, les a déçus : trop province, ça roupille, et on a encore la baston en tête. Ça pue les complications, dépôts de négociations, mieux vaut mettre un peu d’espace entre eux et Lyon (…). »
21:22 Publié dans carottages littéraires, LyonnÈseries, oreillettes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bon, led zeppelin, lyon, concert, bagarre
09.06.2009
Cette semaine...
05:49 Publié dans LyonnÈseries, polar, SIGNATURES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mercure liquide, lans-en-vercors, mjc monplaisir, (h)auteurs






