UA-136760349-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/01/2021

B. POUR B.

bukowski,gazzara,ferreri,mutti

le jeu de Ben Gazzara

dans le rôle de Charles Bukowski

a suscité beaucoup de critiques

quelque soit la sympathie que l’on peut avoir pour

l’acteur et sa filmographie

et Buk himself n’a pas été des plus tendres

à l’égard du film de Ferreri

au-delà des jeux d’égos

de la mauvaise foi des uns et des autres

de savoir qui-se-servait-le-plus-de-qui

et de tout ce qui a bien vieilli dans ces

« Contes de la folie ordinaire » (1981)

de tout ce côté théâtral digne d’un Fassbinder

je me demande sincèrement

ce qu’un acteur

aussi talentueux soit-il

peut bien comprendre à la solitude

d’un auteur

quand bien même celui-ci a fait son cabot à ses heures

pas de malentendu entre nous

j’ai plus de considération pour les bons acteurs

que pour les mauvais écrivains

mais Bukowski avait certainement pigé deux-trois trucs

que Gazzara n’a fait qu’effleurer

dans sa vie

j’ai eu l’occasion d’échanger avec un ami parisien

de Ben Gazzara

je me base sur le portrait qu’il m’en a fait

portrait qui n’avait rien d’antipathique au demeurant

mais le mec n’avait renoncé à aucun hochet

et pourquoi l’aurait-il fait d’ailleurs ?

Bukowski n’était obligé à rien

Gazzara également

tout comme Ferreri

et toi cher lecteur

toi qui attends que je te parle d’Ornella Mutti en train de

se percer les joues

tu peux

toi aussi

t’autoriser bien plus

que tu ne l’imagines

 

F.H.

(extrait d'un recueil à paraître)

 

Commentaires

Jim Harrison par exemple n'a jamais jamais considéré que le boulot de son ami Jack Nicholson était inférieur au sien. Lire ou relire son poème qui lui est dédié dans "Théorie etc"...
Ferreri a plus de génie que Bukowski, du coup le Buk a ouvert sa grande gueule une fois de plus comme le fox-terrier aboie après le dogue qui passe dans sa rue. C'est pas le meilleur film de l'Italien, c'est clair, mais quand on arrête de le regarder avec le filtre bukowskien il est plus qu'honorable. Il y a quand même deux trois bricoles qui valent le détour, et la scène du poème conclusif est sublime. Ornella, oui, bah là, c'est bof bof... Quelle idée... Elle jure un peu.
"Barfly", qui avait les faveurs du Buk, n'est pas si génial non plus, sauf si on kiffe son autocongratulation pathétique du pilier de comptoir qui lève des demi-traînées et finit une fois par semaine au fond d'une cours dans une baston minable. Mais là encore quelques belles choses.
Non, pour moi, il n'y a qu'un excellent film le concernant et c'est "Factotum". Là on est dans le meilleur de Bukowski. L'intime, le type qui se parle à lui-même, plus proche de cette sensibilité que l'on retrouve dans sa correspondance que de la fresque provocatrice ou des bons mots faciles jugeant à l'emporte-pièces et qui ont été fait cent fois mieux et plus finement, et même plus sauvagement, par d'autres. Ce Buk-là me fatigue aujourd'hui, bien que je l'ai beaucoup aimé il y a longtemps. Je trouve de toute façon la poésie de Carver plus juste, plus honnête en ce domaine (même si...). Et puis Matt Dillon a parfaitement capté l'autre Buk. Celui "hors public", celui seul avec lui-même, celui qui a l'œil et à qui rien n'échappe.

Écrit par : Stéphane Bernard | 11/01/2021

Oh et puis merde... Moi aussi je devrais éviter d'ouvrir ma gueule, je me fatigue moi-même ^^

Écrit par : Stéphane Bernard | 11/01/2021

Totalement d'accord pour "Factotum", et... ce n'est peut-être pas clair dans ce poème, mais j'ai aimé le film de Ferreri (un nouveau livre lui est consacré chez Capricci, voir notule précédente), Stéphane.

Écrit par : Frédérick Houdaer | 11/01/2021

Ah mais j'avais remarqué. Pour les deux. Que tu aimais le film et pour le livre sur le Marco. En tout cas ça m'a donné envie de revoir "Factotum" !

Écrit par : Stéphane Bernard | 11/01/2021

Écrire un commentaire