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07/11/2014

Nouvelle critique pour...

 

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" Le rôle de la poésie ? C'est de rouvrir la question de l'être dans une société qui ne sait plus que de l'objet, achetable ou vendable, possédable: le néant même. "
Yves Bonnefoy, L'Inachevable


On pressent l’expert dans le titre: « Passe ton chemin, consommateur, il n’y a rien ici susceptible de t’intéresser… Circule, y a rien à voir. »
La stratégie de détournement éprouvée - version contemporaine de l’ouverture des Essais de Montaigne - marche à tous les coups et capte d’emblée la curiosité piquée au vif du lecteur.
Cette ostensible désinvolture du titre avisant que l’on quitte les autoroutes du conformisme est illustrée en couverture par la photo d’un valeureux grimpeur, pionnier des années 40 s’attaquant avec sa corde de chanvre en travers du corps à l’ascension d’une voie d’escalade – au moins cotée dans le 3 - et tournant le dos au plancher des vaches.
On le suit avec une indulgence amusée sur la voie de l’inconfort non conceptuel, inconclusif et corrosif. Sa paroi, c’est l'étrangeté foncière de sa situation de poète au monde, dont le destin est d’être constamment interloqué, de se poser une foultitude de questions plus saugrenues les unes que les autres.
Mais « que répond le poète ? » Est-ce qu’il consent à l’absurdité de son environnement quand il en révèle quelques facettes tragi-comiques ?
" L’absurde n’a de sens que si l’on n’y consent pas. » (A. Camus)
« Poésieland » est son rêve auto-dérisoire qui fait glisser ses sarcasmes et sa malice torve sur fond d’amertume désabusée.
F. Houdaer est celui qui est non candidat à son anniversaire estival à la laverie.
« Mes origines flamandes me trahissent, engrotesquent chaque épisode de ma vie. »
On n’est pas tout à fait dupe. Il réussit à se dissimuler en décalcomanie sous ses postures et facéties clownesques. Ses poèmes souvent hilarants et grinçants où peut pointer aussi l’indignation, le mettent en scène tel un hérisson cynique.
Celui que j’ai préféré, c’est « Le prologue d’Antigone de Jean Anouilh », métaphore de la scène de la vie qui relève l’effet sans effet des mots sur autrui. Le public reste de toute façon impavide et l’incommunicabilité tisse le fond des échanges. Les contradictions flagrantes énoncées n’étonnent personne. Le sentiment de ridicule qui ne tue pas est assumé.
F. Houdaer épingle également ses contemporains dans le métro, dans les salons de poésie ou les soirées culturelles en y posant de l’intérieur son regard caustique, oblique, latéral, de biais – et c’est cocasse à souhait.
Il sait même, en subtil provocateur, susciter l’irritation féminine avec des phrases incisives et définitives, du genre : « […] Elle est de ces femmes que l’angoisse rend irrésistibles, capables de transformer toute tension qui la traverse en tension érotique. » (sic)
Bref un poète frondeur tout sauf « décevant » qui voue un culte à Léonard Cohen, vit à Lyon où il a crée un Cabaret Poétique que l'on accueillera sans doute bientôt dans nos parages.
Marion (Gazette "Rions de Soleil")

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