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03/05/2013

"le pouvoir fait quelque chose de très différent que de simplement interdire..."

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« Il me semble que le pouvoir fait quelque chose de très différent que de simplement interdire. C’est même cela qui le rend si terrible, et qui fait qu’il est si difficile de s’en défendre et de le vaincre. Tout serait très beau, même l’activité politique serait très facile, si le rôle et la fonction essentiels du pouvoir se réduisaient au simple fait de dire non, si le seul rôle et la seule fonction du pouvoir étaient de prévenir et d’exclure. Ce qui donne au pouvoir sa force, ce qui le rend si difficile à contourner et de prendre le dessus sur lui, c’est que le pouvoir est positif dans ses effets. Le pouvoir invente, il crée, il produit. Il produit quelque chose de plus qu’une loi qui interdit le désir – il produit le désir lui-même (…). Il ne faut pas considérer le pouvoir simplement comme étant la loi et l’interdiction. Les rapports de pouvoir indiquent les lignes du désir, les positions du sujet, les lieux d’énonciation, les champs d’objectivation. »

Foucault

11:02 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foucault, pouvoir, désir

02/05/2013

Remise à niveau (anglais) # 1

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29/04/2013

"... il en écouta très peu jusqu'au bout."

 

 

castaneda,don juan,le don de l'aigle

« Nous arrivâmes à Oaxaca en début de soirée. Je garai la voiture dans une rue latérale, puis j’entraînai la Gorda vers la place, au centre de la ville. Nous cherchâmes le banc ou don Juan et don genaro s’asseyaient toujours. Il était vide. Nous nous y assîmes, dans un silence respectueux. Enfin, la Gorda me dit qu’elle était venue très souvent en cet endroit avec don juan, et aussi avec une autre personne dont elle ne parvenait pas à se souvenir.

- Avec don Juan, qu’avez-vous fait sur ce banc ?

- Rien. Nous attendions l’autocar, ou le camion de bois qui nous ramènerait dans les montagnes.

Je lui dis que sur ce banc, don juan et moi avions parlé pendant des heures.

Je lui racontai la grande passion de don Juan pour la poésie. Souvent, quand nous n’avions rien d’autre à faire, je lui lisais des poèmes. Il les écoutait selon le principe que seule la première strophe (et parfois la deuxième) mérite d’être lue ; il trouvait que le reste était de la complaisance de la part du poète. Sur les centaines de poèmes que je lui lus, il en écouta très peu jusqu’au bout. »

 

Castaneda, « Le don de l’aigle » (trad. Guy Casaril)