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02/03/2006

ATELIÉ D’ÈKRITUR (2)

dans le blockhaus

les profs se teignent

les cheveux

en rouge

elles en éclaboussent

les copies

qu’elles corrigent

les élèves se rongent

les ongles

mordent

leurs stylos

lèvent

un doigt

jusqu’à leur nez

lisent

le journal

gratuit

ne lisent pas

les manuels

scolaires

ne lisent pas

tout court

01/03/2006

Mercredi 1ier mars

« Expliquons-nous.

La poésie régulière, en effet, est finie. Elle s’est accomplie avec Victor Hugo, à qui nous sommes en droit de joindre un aileron sulfureux, Baudelaire, et un bouton de diamant, Mallarmé. Nous avons là un épilogue historique daté. La forme fixe s’est consommée à sa cote la plus élevée. Il est désormais impossible de rejoindre cette altitude évanouie. Pour toute perspective, la forme fixe n’a, depuis cent ans, que sa décroissance. Occupe-toi de ton minimum. Sans aucune intention moqueuse ou paradoxale je constate qu’elle ne vit que dans la chanson et qu’elle a Charles Trénet, Léo Ferré, Claude Nougaro pour ses plus solides amants. »

Audiberti, Dimanche m’attend

28/02/2006

CERTITUDES ? (atelier d'écriture 1)

je suis debout

ils sont assis

c’est moi l’écrivain

mais c’est eux qui écrivent

c’est eux qui se perdent

au pays de Neverland

m’entendent-ils citer

Rimbaud

Flaubert

Bruce Lee ?

m’entendent-ils trop parler ?

est-ce que je les gêne

à marcher de long en large

à les inviter à ceci

à les mettre en garde contre cela 

à prétendre sentir la pente de leur écriture

malgré ma sinusite chronique ?

est-ce que ma voix

mon corps

les gênent pour écrire ?

est-ce l’inverse qui se produit ?

est-ce le fait qu’ils écrivent

qui m’anime ?

je ne verrai pas la fin de tout cela

personne ne la verra

le guidon nous sort de la tête

et nous chargeons sur une route

avec laquelle nous finissons

par nous confondre