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29/10/2012

Le Syndicat des Poètes qui vont mourir un jour

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La photo quasi officielle, l'acte de naissance, c'était lors d'un Cabaret Poétique, ICI.

Le blog, LA.

Commentaires

Syndicat des poètes qui vont mourir un jour
Saluons la capacité des poètes à faire tribu, à œuvrer ensemble en si grand nombre même sous l’étrange intitulé de « syndicat ».
O.S, délégué du personnel dans une autre vie, j’ai toujours été amusé de voir le Parti dit des ouvriers soutenir le syndicalisme alors qu’ailleurs où ses idées étaient au pouvoir, les syndicats étaient interdits ou sous contrôle d’état.
Dans l’un de ces pays, en 1980, les ouvriers se mirent en grève. Leur première victoire sur le pouvoir officiel fut d’obtenir l’édification sur les chantiers navals, d’une stèle à la mémoire des victimes de sanglantes répressions dix ans plus tôt
Les ouvriers firent graver au pied du monument les vers d’un poète alors interdit de publication en Pologne et exilé aux Etats-Unis.
Ce poème disait :
Toi qui a lésé l’homme simple
Eclatant de rire devant sa détresse
T’entourant d’une cour de bouffons
Pour la confusion du bien et du mal
(…) Ne te crois pas en sécurité
Le poète se souvient
Tu peux le tuer – un autre naîtra
Seront inscrits les actes et les paroles.

S’il a fui le communisme, Czeslaw Milosz, (1911-2004) n’avait aucune sympathie pour le libéralisme qui régnait en Occident.
Seront inscrits les actes et les paroles.
Sa sentence est valable pour les poètes également.
On jugera l’arbre à ses fruits.
Syndicalistes poètes, autant que vous êtes, les causes à défendre, hélas, ne manquent pas, avant de mourir un jour. J’ai aujourd’hui même reçu un courriel des Etats-Unis de la poétesse de C.de Palma, animatrice de la revue Imprévue.
Voici notre échange. A bon entendeur :

Le 18/11/2012 02:54, Catherine De Palma a écrit :
Chers amis poètes et artistes,
Toujours dans ce combat, utopiste si vous le souhaitez, pour une paix juste en Palestine et au regard des derniers événements et de la date importante du 29 novembre 2012, j'ai choisi d'agir en suivant le credo de Mahmoud Darwich et en lançant un mouvement qui sera suivi ou ne le sera pas : il s'agit pour chacun de nous d'envoyer à l'ONU un poème, une lettre, une photo d'une pièce d'art, une chanson... qui incarnent à nos yeux ces valeurs qu'il est nécessaire de sauvegarder au Proche-Orient. Il s'agit de nous manifester, artistiquement, mais aussi individuellement. C'est pourquoi j'ai choisi d'envoyer un recueil accompagné de cette lettre à l'ONU, qui sera traduite, mais aussi à la Maison Blanche. J'espère que quelques-uns d'entre vous- j'aimerais tous mais je ne décide de rien - suivront ce mouvement apolitique, purement humaniste, artistique et pacifiste.
“POUR UNE PAIX JUSTE”
En l’honneur de Mahmoud Darwich, poète palestinien, 1941-2008.
Monsieur Ban Ki-moon,
Le mouvement « Pour une paix juste » naît à la veille de la demande d’élévation de la Palestine au statut d’Etat non membre de l’ONU, prévue le 29 novembre 2012, et au lendemain des attaques israéliennes sur la bande de Gaza.
Ce mouvement rend hommage à Mahmoud Darwich et à tous les Palestiniens qui aspirent à retrouver identité et dignité par la voie de la sagesse humaine ; à tous ceux qui défendent leurs droits au bonheur et à l’existence dans le respect des traditions et des cultures.
Une paix juste ne nie pas l’holocauste. La haine du juif est inscrite dans l’Histoire, pas uniquement la Grande, avec sa grande hache comme l’écrivait Georges Pérec, mais celle qui se construit dans un présent perpétuel. L’Europe a si bien su témoigner de sa haine du juif. Le monde arabe également. Israël était nécessaire pour mettre le peuple juif à l’abri de la haine du juif.
Mais voilà plus de 60 ans que la Palestine tremble de ce battement d’ailes de papillon qui débuta avec la création d’Israël. Le Proche-Orient est devenu l’épicentre de nos séismes. Pire, il est devenu le lieu de tous les terrorismes, en dépit des nombreux civils qui ne se reconnaissent ni dans le Fatah ni dans le Hamas.
C’est en leur nom qu’artistes et intellectuels du monde entier devraient prendre la parole et en appeler à votre clairvoyante raison, afin que ces civils ne soient pas oubliés. Il est devenu nécessaire de dépasser les clivages politiques et de rendre justice aux civils palestiniens qui souhaitent la paix, mais une paix qui ne se conjugue pas avec désespoir. Gaza c’est 37 % de chômage, 80% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, un territoire de 45 kms sur 10 peuplé de plus d’un million et demi d’habitants. Et pourtant, Gaza reste le « trésor » d’une population généreuse et serviable, résiliente malgré des conditions de vie qui attisent le désir d’une lutte armée. De fait, de la même manière que les nations furent responsables de l’holocauste par leur silence, leur aveuglement volontaire lié à un ethnocentrisme rassurant, elles sont aujourd’hui encore responsables de cette autre montée des périls dans le Proche-Orient, par cette attitude frileuse qui aboutit à la négation de la Palestine.
« Pour une paix juste » ne doit pas être un mouvement vain porté par de vaines paroles. J’espère que cette démarche n’est que le début d’une suite de longues manifestations artistiques et intellectuelles en faveur d’une humanité palestinienne.
En espérant que la Palestine accèdera à sa demande du 29 janvier 2012 auprès de l’ONU, je vous prie d’agréer, Monsieur le secrétaire général, l’expression de mes sincères et respectueuses salutations.
Catherine Ribes-de Palma
Poète
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Bonjour Catherine
Pour l'heure, hélas Résurgences semble davantage à nouveau celles de la haine ordinaire entre 2 antagonisme.
Ne désespérons pas pour autant. Belle initiative.
L'idée serait pour chaque pays une vaste " pétition poétique " condensée dans un même et seul
envoi ; un livre ? Avec des poètes qui font référence. Évidement sous la figure tutélaire de Mahmoud Darwich.
Poète sauvage (au sens réel : dans la forêt) je n'ai aucun contact avec l'establishment culturel français parisianiste.
Je sais qu'à Lyon Thierry Renard aurait l'envergure pour un tel projet puisqu'il a ses entrées chez les institutionnels et les politiques; mais voilà... c'est lui la locomotive ; à mon niveau je ne peux qu'accrocher mon wagon.
Les événements à venir obligeront peut-être les poètes contemporains français à plus d'engagement ; pour l'heure ici règne une certaine frivolité; si ce n'est un affairisme culturel.

Tous mes encouragements pleins d'humus.
Albert

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Voilà, j’ai relayé une information militante pleine de sens.
Au plaisir de venir vous entendre de vive voix ce dimanche 18 novembre de l’année de disgrâce 2012.
Albert Guignard (de la Mouvance des poètes sauvages)

Écrit par : Albert Guignard | 18/11/2012

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