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04/09/2011

Trois ans de travail en un lien...

... ICI.

“ Paradoxalement, écrire c’est faire que le monde vienne s’engouffrer en soi-même, alors que l’aventure de l’édition représente fatalement un mouvement inverse, mais non contraire, par lequel on va soi-même au monde. Je considère écrire et éditer ou faire éditer comme une seule et même action. ”

 

“ Il n’y a pas d’école d’édition, pas plus qu’il n’y a d’école de profondeur. ”

 

Dominique de Roux

 

 

citations extraites de cette merveille de livre (que je ne recommanderais pas à n'importe qui) :

 

de roux,il faut partir

 

25/05/2011

Hélène Dassavray signera "LE DIMANCHE, JE M'APPELLE OLIVIER"...

... son deuxième livre paru dans la collection "A charge", aux éditions A PLUS D'UN TITRE, le jeudi 26 mai dès 17h00 à la librairie Au bonheur des Ogres  (4, Quai Pêcherie 69001 LYON).

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Plus d'infos sur mon Facebook. 

 

16/08/2010

Notule non exhaustive (ça fait envie, un titre pareil)

Plusieurs choses me concernant :

Je n’ai jamais offert de diamants bruts à Naomi Campbell, ni même de brique de soupe du même nom.

J’ai quelques chantiers d’écriture conséquents en cours, dont un qui est mon projet littéraire le plus excitant depuis… la publication de mon premier livre, il y a dix ans.

J’ai une nouvelle voiture.

Je me suis inscrit au Marathon de Lyon prévu le 3 octobre (trois courses proposées : un 10 km, un 21 km, un 42 km... devinez laquelle j'ai choisie).

Toujours au mois d’octobre, le dimanche 17 octobre plus précisément (à 17h), je rouvre mon Cabaret Poétique au Périscope. Et ma programmation, je la soigne aux petits oignons.

J’ai eu la joie de découvrir une nouvelle critique (signée Clément Bulle, s’il vous plaît) de « Shopping Bang Bang », le dernier ouvrage publié (et non écrit) par mes soins aux éditions A plus d’un titre.

Je me suis beaucoup inquiété pour l'avenir des éditions A plus d'un titre, ces trois derniers mois. J'ai bien fait de ne pas en parler sur ce blog, puisque le ciel semble se dégager.

J’ai raté Daniel Labedan à Marseille (où le ciel était dégagé).

J’ai rajouté un lien à mon blog (voir liste « Passerelles », en bas à gauche de votre écran) qui vous fera découvrir Pauline Catherinot. Ça en vaut la peine (quelle peine, d’ailleurs ?).

Je ne sais pas si j’ai oublié quelque chose dans cette notule.

Ah si, une p'tite vidéo pour la route :

 

01/07/2010

HELIOTROPISME

Alors que les retombées de mon Cabaret poétique se font encore ressentir (la seule bonne raison de dire "vivement la rentrée de septembre" pour retrouver ce rendez-vous mensuel ?), je résiste à l'envie d'envoyer quelques piques (plus que cela même) à x ou à y... Et bien non, je ne le ferai pas, la lumière qui vient surchauffer mon lino ne me pousse pas dans cette direction.

 

Intéressons-nous plutôt à quelques personnes-valeurs sûres.

Ô joie, ô fierté, je trouve deux textes inédits de moi (extraits d'un recueil à paraître début 2011) sur le blog de Thierry Marignac.

Je signale aussi la parution du nouveau numéro de "L'indic", modèle de revue basée sur... l'intelligence et le désir.

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A signaler, une bonne critique de "Shopping Bang Bang !" dans ce numéro ! Pour le commander, c'est ICI.

Pour finir ? Pour commencer plutôt... je souhaite la "Welcome" à ALBAN BULLE, né il y a quelques jours à Hokinawa.

25/05/2010

WHAT'S UP, DOC ?

Et ? On signale la sortie d'un nouveau livre dans la collection dont je m'occupe. .

Et ? Après "ANGIOMES" et "ENGELURES", un extrait de "ENGEANCES" (mon prochain recueil, plus politique que les précédents) à lire ici.

Et ? S'arrêter là. Ne pas laisser sortir l'oiseau bleu. 

19/04/2010

SHOPPING ! BANG BANG !

Le cinquième roman paru dans la collection "A charge", aux éditions "A PLUS D'UN TITRE". Les auteurs : Jean-Marc Flahaut et Daniel Labedan.

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Martin Osplakh eut son bac à onze ans
élabora un moteur à hydrogène à treize
et sortit diplômé de Berkeley six ans plus tard

malgré les conditions avantageuses
il refusa toutes les propositions de poste
et créa une structure de conseil personnalisé
dans la galerie commerciale du ShamSupercenter
juste à côté de son domicile

le siège social de l'entreprise était un banc
dans le hall central
les prestations étaient gratuites
mais les dons acceptés

son premier client se présenta
avec un masque de Woody Woodpecker
et dit
je préfère ne pas révéler mon identité
appelez-moi Mosley

d'accord Mosley répondit Martin Osplakh
détendez-vous
je vous sens sous pression

08/02/2010

Une nouvelle critique de "ROCOCO TOKYOÏTE"

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FANTAISIE NIPPONE

Mieux vaut ne pas chercher dans Rococo Tokyoïte une narration bien ordonnée et une description du Japon façon carte postale. Rien de cela dans ce court roman de Clément Bulle. C'est plutôt une sorte de conte cruel, où se croisent des personnages improbables animant une histoire à dormir debout, menée à 200 à l'heure. On y rencontre un ex-amateur français de concrétions métalliques enlevé dès son arrivée au Japon pour être transformé en espion modèle ; une courtisane friande de membres humains qu'elle s'autogreffe après avoir mis à mort ses victimes ; ou encore quelques Yakusas experts en torture. Tout ce petit monde évolue dans un Japon inhospitalier et gris. Un univers surprenant qui mérite d'être découvert. D'autant qu'il porté, emporté même, par l'écriture de Clément Bulle. Avec sa phrase soigneusement chamboulée, multipliant les jeux de mots, elle se met au diapason de cette ambiance étrange, comique et poétique.

Nicolas Blondeau

Article paru dans le numéro de février de "LIVRE & LIRE"

18/12/2009

Une critique de "ROCOCO TOKYOÏTE"

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« L’auteur n’a jamais, en aucun sens, photographié le Japon. Ce serait plutôt le contraire : le Japon l’a étoilé d’éclairs multiples, ou mieux encore : le Japon l’a mis en situation d’écriture. »

 

Cette mise en garde de Roland Barthes (L’Empire des Signes), Clément Bulle pourrait la reprendre à son compte pour son Rococo Tokyoïte – mais on arrêtera là la recherche de points communs. En effet, ce Rococo n’a rien du bovarysme sophistiqué, fantasmatique et projectif de l’essai de Barthes. Nous sommes plutôt de l’autre côté du miroir : la satire, la parodie, le rire désacralisateur propres au romancier sont omniprésents et quel appel d’air ! « Quand ça va mal, ça vous arrive de pisser dans le ciboire ? » Si non, il serait bon d’y songer.

 

Rococo Tokyoïte : tout est dans le titre, démarqué de Huysmans et de son Rococo japonais. On peut anticiper qu’il ne s’agira pas d’une fiction minimaliste, d’une écriture blanche constipée… Rococo ? Irrégularité, goût de la gratuité, de l’illusion, de la démesure, de l’exubérance… « Se désenclaver l’homoncule », écrit Clément Bulle. Bien. Et peut-être aussi, pour être complet, un petit tableau des vanités ? Vous exagérez, M. Bulle !

 

22 chapitres, très courts, aux titres tantôt descriptifs, tantôt allusifs, recourant régulièrement au calembour (on pense à Jarry) viennent découper l’intrigue de ce roman qui, après un démarrage dans un cadre réaliste, le fait rapidement éclater pour parodier les codes du roman d’espionnage, flirtant parfois avec le fantastique (une femme robotisée anthropophage fera une apparition remarquable), dans un crescendo ininterrompu. Au programme : « de l’action, du sang, des yens et de la lutte des classes » ! Maoïstes (dont une jeune fille avide d’action qui semble sortie de Pierrot le Fou), continuateurs de Mishima, professeur libidineux, militaire mélancolique, ambassadeur roublard, otaku, émule auvergnat d’Arman, pseudo-marxiste cocaïnomane, épouse aux pieds qui puent, neuro-chirugien aristo au look de professeur Choron : voilà, en gros, les beaux spécimens que vous pourrez trouver dans Rococo, saisis sur le vif et pas forcément dans ce qu’ils ont de plus reluisant. Le roman d’espionnage a toujours évolué dans le monde du secret ; ici, fidèle à sa façon au genre parodié, Bulle sonde les ridicules, les bassesses, les vices cachés, les pédanteries, les présomptions de tout ce joli microcosme tokyoïte, dans un anti-réalisme qui fait penser à la démarche du Dostoïevski de Bobok (sortir du réalisme frontal pour mieux tourner en dérision). La satire, donc. En l’occurrence, celle de certains expatriés fiers des petits portraits de l’aube de leur « Tokyo secret », des otakus rêvant de Japon (une tendresse secrète de l’auteur n’est pas à exclure), des nostalgiques de « la propagande par les faits », des oligarques louches : vitesse, précision des portraits qui évoquent un cardinal de Retz qui aurait lu Verheggen. Salutaire décapage, « pas bon pour l’office de tourisme », là où les écrits sur Tokyo nous ont plutôt habitué à la longue période lyrique idéalisante et inoffensive. Nous sommes en présence d’un feu de joie, réservant au lecteur de nombreuses réjouissances. Tout le monde y passe : aucune positivité ne surplombe le récit et c’est tant mieux. Le narrateur en profite pour déployer un style proliférant, télescopant les registres (il y a quelque chose du « populo-lacanien » TXTien dans cette façon d’allier, souvent dans une même phrase, références érudites ou triviales – de Baudelaire à Jean Ferrat, obscénités, archaïsmes, argot, calembours idiots, vocabulaire scientifique, notations psychologiques). Rococo Tokyoïte fait le vide par excès de moyens ; un excès garant d’un plaisir de lecture dont les romanciers auraient tort de se priver. Un vrai bukkake textuel que ce Rococo, une pinte de foutre romanesque – faisant écho à celle que Raâl-Gilles Bran balance en pleine face du malsain comte Kobayashi !

 

Mais n’oublions pas que Rococo commence par la citation d’un extrait de Demain je meurs de Christian Prigent, c’est-à-dire le Prigent qui écrit : « j’aime de plus en plus ce que le roman (au moins la narration) permet de brasser du temps complexe de nos vies intimes et des foudres de l’Histoire ». Et sans que cela soit contradictoire un seul instant avec la sophistication formaliste, ce Rococo se montre attentif au réel; pensons à cet émouvant « avant-goût de Kaori » (deuxième chapitre) qui évoque les conséquences du vieillissement de la population, de la désespérance de vie, du système de retraite lamentable (« un boulot pour vieux au Japon, tenir un bâton fluo genre Dark Vador à la sortie des parkings  »)… En passant, Rococo diagnostique également les intentions véritables de la « civilisation du cul » (Godard) : « Faire de Derlorieux un grand dépendant, d’abord qu’Ayano l’émoustille, vernis et toilette (Jean lui apprendrait la danse du ventre en rudiments, reste des samedis soirs chez la fille Gomez) ; puis que le militaire en bave, du satin aperçu par l’échancrure : « Cette peau, cette peau ». Tout serait dans l’art du port du kimono, ménager entre plis ouvertures. […] Quelques jours de ce traitement, Jean le mènerait à la baguette. A fendre en trois morceaux ». Aussi : nous sommes ici au Japon, pays qui a selon Kojève réalisé « la fin de l’Histoire », ou qui, sans aller jusque là, voudrait nous en persuader. Ce que Bulle radiographie, en romancier, c’est non pas cette collision entre l’intime et l’accélération historique dont parle Prigent, mais plutôt son enlisement dans l’absence d’événements, leur « grève » comme dirait Baudrillard, cet ennui profond né d’un temps qui voudrait passer pour cyclique, fermant les possibles, particulièrement sensible au Japon. Voilà donc les personnages de ce Rococo Tokyoïte oeuvrant pour ressuciter la négativité historique, les affrontements idéologiques, l’événement et tout ça par dégoût de l’ennui : on se doute que leurs efforts seront grotesques. Rococo Tokyoïte énonce une aporie : nous n’avons le choix qu’entre la contradiction (risible, motivée par des secrets pitoyables) et l’ennui. Dans cette débâcle comique (qui convoque le burlesque, la farce, l’humour noir, l’ironie, la potacherie) se dessine en creux le Japon d’aujourd’hui, se rêvant uniforme, univoque, ancré dans une harmonie bien protégée des soubresauts de l’Histoire. Il faut insister : avec le rire (et non pas « derrière le rire », « au-delà du rire »), avec ce recours à la fiction parodique, Rococo Tokyoïte arrive à transmettre au lecteur un effet de vérité qui n’appartient qu’au roman.

 

Tout cela dans un récit qui se lit d’une traite (le marque-page offert avec le livre ne sert pas à grand chose), d’un humour irrésistible, où l’effort au style ne nuit jamais une seule fois au plaisir immédiat… Tout le monde ne peut pas en dire autant ! Et où malgré le ridicule profond des personnages, on arrive à se sentir concernés par leurs péripéties, à vouloir en connaître la suite, à suspendre temporairement l’incrédulité (pourtant fortement sollicitée par un récit qui empêche toute adhésion naïve) : manière de rappeler que dans les meilleurs cas, la parodie se confond avec la quintessence.

        

« Dis-moi qui tu es. »

-On m’appelle Yuko. Je viens de Zappotero. Mon père était berger. Ma mère handicapée. Sous le charme d’un français, je me suis fiancée. J’ai pris masque et tuba quand il s’est fait assassiner ; retour en sous-marin finalement décidé.

-Tu bosses pour les services japonais ?

-Chargée de vous suivre. On n’aime pas les étrangers à forte moustache.

« Priorité : l’étrangler. » Ce qu’on m’a demandé.

-Charmant. Alors dorée navré tu vas m’aider maintenant ; finie bronzette et perspective strangul’. Nettoie ton crâne et fais place nette. J’vais rien moins qu’te reprogrammer.

-Mes veines sont en peau de truie. Et mon vrai nom Sachiko.

-Je l’avais deviné.

Il la renverse et lui fout sa langue.

 

Julien Bielka

17/12/2009

"ROCOCO TOKYOÏTE" de Clément Bulle

Le quatrième titre de la collection "A charge" (dont je m'occupe) aux éditions A plus d'un titre.

 

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A suivre...