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14/08/2013

Pour préparer certain(e)s à la rentrée...

 

camus,albert camus

 

« 30 septembre 37.

Je finis toujours par avoir fait le tour d’un être. Il suffit d’y mettre le temps. Il vient toujours un moment où je sens la cassure. Ce qui est intéressant c’est que c’est toujours au moment où, devant une chose, je le sens non-curieux. »

Albert Camus , « Carnets, mai 1935 – février 1942 »

 

29/03/2013

« satané » langage noble

 

Villon, Gérard de Nerval, Gongora me paraissent avec le grand Baffo, des sujets de réflexion actuelle quant à la technique poétique. Unir le langage populaire, le populaire, à une atmosphère inexprimable, à une imagerie aiguë : annexer des domaines, qui même de nos jours, paraissent incompatibles avec le « satané » langage noble qui renait sans cesse des langues nobles arrachées du cerbère galeux qui défend l’entrée du domaine poétique, voilà qui me paraît besogne souhaitable sans oublier, je le répète, certains motifs impérieux d’inspiration actuelle…


Robert Desnos

 

12/12/2012

NIETZSCHE, À CHARGE OU À DÉCHARGE ?

nietzsche.jpg

Il est étonnant qu’un auteur lu quotidiennement pendant une quinzaine d’années (ne serait-ce que cinq minutes par jour, selon l’ordonnance du bon docteur Haldas) n’apparaisse pas plus sur mon blog (sinon ici ou ).

Et voici que dans un ouvrage assez remarquable, je trouve ce document à copier-coller de toute urgence :

 

 

EXTRAIT DU JOURNAL DU MALADE tenu par les Médecins de la Maison de santé pour les aliénés du Grand-Duché de Saxe-Weimar, à Iéna

 

 

18 janvier 1889 – HEREDITE : père, mort, ramollissement du cerveau. Parmi les frères et sœurs du père, plusieurs rachitiques, tous très doués. La mère vit, peu intelligente.

ONT EU TROIS ENFANTS : 1. Friedrich ; 2. Elisabeth, mariée avec Bernhard Förster, bonne santé ; 3. Joseph, mort à deux ans, attaque d’apoplexie.

BIOGRAPHIE : a toujours été un peu bizarre. Très doué.

1866 : syphilis par contagion.

1869 : obtient la chaire de philologie classique à l’Université de Bâle.

HISTORIQUE DE LA MALADIE : 1878, a abandonné le professorat à cause de sa nervosité et de maux d’yeux.

 

19 janvier – Le malade se dirige vers sa section en faisant beaucoup de salutations. D’un pas majestueux, et le regard tourné vers le plafond, il entre dans sa chambre et remercie pour cet accueil magnifique. Il ignore où il se trouve. Tantôt il croit être à Naumburg, tantôt à Turin. Il gesticule et parle continuellement d’une voix affectée et faisant usage de mots grandiloquents, parfois en italien, parfois en français. De temps à autre il parle de ses grandes compositions musicales et il en chante des fragments. Il parle de ses secrétaires d’ambassade et de ses laquais. Dans la nuit, également, son bavardage incohérent continue presque sans interruption. Le malade a un gros appétit.

 

21 janvier – Malgré une dose de 2,0 de chloral, n’a cessé de faire du bruit, a dû finalement être isolé. A mentionné occasionnellement que son père avait été atteint lui aussi d’un ramollissement du cerveau.

 

22 janvier – Désirerait que ses compositions musicales fussent jouées. Se plaint de douleurs à la tête du côté droit et dans le front.

 

24 janvier – Très bruyant. Parfois, l’isolement devient nécessaire.

 

10 février – Fréquents accès de colère, accompagnés de cris inarticulés, sans motif extérieur.

 

23 février – En dernier lieu, j’étais Frédéric-Guillaume IV.

 

28 février – Demande en souriant au médecin : Donnez-moi un peu de santé.

 

1er mars – Ne comprend guère et se souvient peu des pensées et des passages de ses œuvres.

 

10 mars – Faim de loup. Nomme les médecins sans jamais se tromper, se désigne lui-même soit comme duc de Cumberland, soit comme empereur, etc.

 

23 mars – La parésie de la commissure droite s’accentue petit à petit.

 

24 mars – Le malade n’a de poils blancs dans la moustache que du côté droit.

 

26 mars – Se promène beaucoup en chantant et marche d’un pas lourd et martelé.

 

27 mars – C’est ma femme, Cosima Wagner, qui m’a conduit ici.

 

28 mars – Se plaint souvent d’une violente névralgie sus-orbitaire à droite.

 

1er avril – Je demande une robe de chambre pour une rédemption complète.

 

17 avril – Cette nuit, on m’a couvert d’injures, on a employé les plus terribles machines contre moi.

 

19 avril – Ecrit des choses illisibles sur les murs : Je veux un révolver, s’il est prouvé que la grande-duchesse commette ces cochonneries et ces attentats contre moi.

On me rend malade dans le côté droit du front.

 

5 mai – Remet au médecin un billet sale et illisible qu’il dit être son testament.

 

10 juin – A volontairement brisé une vitre.

 

14 juin – Prend le gardien-chef pour Bismarck.

 

16 juin – Réclame souvent du secours contre des tortures nocturnes.

 

17 juin – Se tient souvent le nez pendant des heures. Se plaît aux jeux de mots.

4 juillet – Brise un verre afin de défendre l’entrée de sa chambre avec les débris de verre.

 

9 juillet – Saute comme une chèvre, fait des grimaces et remonte l’épaule gauche.

 

23 juillet – Je suis stupide de la hanche.

 

16 août – Brise tout à coup quelques vitres. Prétend avoir vu derrière la fenêtre le canon d’un fusil.

 

27 août – Après avoir perdu son carnet de notes, il a dit : Ce carnet s’est mis en pension de sa propre autorité.

 

7 septembre – Se couche presque toujours par terre à côté de son lit.

 

9 septembre – Prétend aujourd’hui être à Turin. D’habitude ignore où il est.

 

10 novembre – Incessante et violente hémicrânie du côté droit.

 

21 novembre – J’ai mal à la tête à ne pouvoir ni marcher ni voir.

 

2 décembre – Prétend avoir vu cette nuit des petites femmes tout à fait folles.

19/11/2012

Les trous d’homme

« Je me souviens des trous d’homme (tranchée individuelle creusée par un fantassin afin de s’y protéger) qu’on trouvait après guerre – je parle d’après 1945–, nombreux encore dans divers coins de campagne et le long des rivages où ils ont peu à peu été comblés devenant rares, invisibles ou illisibles pour les générations plus récentes à qui ces vestiges paraissent aussi lointains que les pistes ou camps romains ou gaulois. »

 

Daniel Biga, « Arrêts facultatifs », éd. Gros Textes (2001)

 

06/11/2012

M.P.

" Il n'est pas nécessaire de s'expliquer, de clamer haut et fort où l'on va. Tous les faits sont là, il ne reste plus qu'à les utiliser en les combinant correctement.

John Ashbery, "Trois poèmes", éd. Al Dante

13/09/2012

Le grand Marcel

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« Ketty fut pendant près d’un an la maîtresse d’un officier allemand. A la Libération, elle fut tondue et arrêtée. Passant devant une commission d’enquête et comme on lui demandait pourquoi elle avait été la maîtresse d’un Allemand : « Parce qu’il avait, répondit-elle, une belle gueule et qu’il me faisait jouir. Vous, avec vos gueules de cons, vous ne me feriez pas jouir. »

"Le chemin des écoliers", Marcel Aymé (cliquez sur ce nom magique pour dénicher d'autres notules à son sujet)

08/09/2012

Italia # 3

" J'entre en Italie. Terre faite à mon âme, je reconnais un à un les signes de son approche. Ce sont les premières maisons aux tuiles écailleuses, les premières vignes plaquées contre un mur que le sulfatage a bleui. Ce sont les premiers linges tendus dans les cours, le désordre des choses, le débraillé des hommes. Et le premier cyprès (si grêle et pourtant si droit), le premier olivier, le figuier poussiéreux. Places pleines d'ombres de petites villes italiennes, heures de midi où les pigeons cherchent un abri, lenteur et paresse, l'âme y use ses révoltes. La passion chemine par degrés vers les larmes. Et puis, voici Vicence. Ici, les journées tournent sur elles-mêmes, depuis l'éveil du jour gonflé du cri des poules jusqu'à ce soir sans égal, doucereux et tendre, soyeux derrière les cyprès et mesuré longuement par le chant des cigales. Ce silence intérieur qui m'accompagne, il naît de la course lente qui mène la journée à cette autre journée. Qu'ai-je à souhaiter d'autre que cette chambre ouverte sur la plaine, avec ses meubles antiques et ses dentelles au crochet. J'ai tout le ciel sur la face et ce tournoiement des journées, il me semble que je pourrais le suivre sans cesse, immobile, tournoyant avec elles. Je respire le seul bonheur dont je sois capable – une conscience attentive et amicale. Je me promène le jour : de la colline, je descends vers Vicence ou bien je vais plus avant dans la campagne. Chaque être rencontré, chaque odeur de cette rue, tout m'est prétexte pour aimer sans mesure. Des jeunes femmes qui surveillent une colonie de vacances, la trompette des marchands de glaces (leur voiture, c'est une gondole montée sur roues et munie de brancards), les étalages de fruits, pastèques rouges aux graines noires, raisins translucides et gluants – autant d'appuis pour qui ne sait plus être seul. Mais la flûte aigre et tendre des cigales, le parfum d'eaux et d'étoiles qu'on rencontre dans les nuits de septembre, les chemins odorants parmi les lentisques et les roseaux, autant de signes d'amour pour qui est forcé d'être seul. Ainsi, les journées passent. Après l'éblouissement des heures pleines de soleil, le soir vient, dans le décor splendide que lui fait l'or du couchant et le noir des cyprès. Je marche alors sur la route, vers les cigales qui s'entendent de si loin. À mesure que j'avance, une à une, elles mettent leur chant en veilleuse, puis se taisent. J'avance d'un pas lent, oppressé par tant d'ardente beauté. Une à une, derrière moi, les cigales enflent leur voix puis chantent : un mystère dans ce ciel d'où tombent l'indifférence et la beauté. Et, dans la dernière lumière, je lus au fronton d'une villa : « In magnificentia naturae, resurgit spiritus. » C'est là qu'il faut s'arrêter. La première étoile déjà, puis trois lumières sur la colline d'en face, la nuit soudain tombée sans rien qui l'ait annoncée, un murmure et une brise dans les buissons derrière moi, la journée s'est enfuie, me laissant sa douceur. "
 
Albert Camus, "L'envers et l'endroit"
 



07/08/2012

VAR # 3

" 2 juillet 1934

Une date : achat d’un pétard à Toulon, un 8 mm à barillet. Comme un jouet je le retourne, je le fais tourner à vide ; je le charge. Voilà un grand pas de fait. Le jour où je serai vraiment décidé, j’ai l’arme. "

Luc Dietrich (journal)

 

D'autres notules sur Toulon, ici.

29/06/2012

Pépite trouvée dans "Anthologie de la Poésie Amérindienne", revue Bacchanale n°42

"Parce que vous nous avez donné le cheval,

nous pourrions presque vous pardonner

de nous avoir donné le whisky."

Lame Deer

 

A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse, comme me le soufflait Michel Thion ?

Maison de la poésie rhône-alpes

Autrement ? Après l'article de Ludovic Maubreuil, une nouvelle critique intéressante de mon dernier livre.